Edito : Retour à la paix des braves !

mardi 16 août 2016 Speciales


Longtemps critiqués pour leur incapacité à taire leurs divergences et à solutionner les problèmes minant leur unité, à cause de guerres d’ego surdimensionnées selon certaines langues, les poids lourds de l’opposition comme on les appelle, au vu de leur capacité à drainer derrière eux de nombreux compatriotes et leur expérience professionnelle « séculaire » dans la politique, ont fini par s’entendre sur l’essentiel, les enjeux de l’heure le recommandaient.

Devant une foule en délire, parce qu’elle avait longtemps attendu cette décision, Guy Nzouba Ndama, Casimir Oyé Mba et bien d’autres dissimulés, viennent de donner à la campagne électorale une toute autre dimension. D’aucuns avancent que nous sommes là à un tournant décisif qui marque l’engagement des anciens Pédégistes à revenir aux affaires par la voie des urnes et démocratiquement. Par le truchement de Jean Ping, officiellement adoubé par ses pairs de l’opposition qui jusqu’ici émettaient encore des réserves, croyant leur heure arrivée de diriger le Gabon depuis les sommets.

Il s’agit pour eux de mettre cette fois-ci les œufs dans le même panier contrairement à ce qu’ils ont eu coutume de faire depuis l’avènement de la démocratie au Gabon en 1990. Stratégie qui pour eux se révèle être la meilleure face à un adversaire en vérité commun qu’ils comptent destituer pour, disent-ils, rendre le Gabon aux Gabonais. Qu’est-ce à dire ? Redonner la dignité à un peuple qui voit sa crédibilité souffrir davantage d’un manque de confiance en ses dirigeants accusés de rouler pour eux-mêmes, plutôt que pour ledit peuple.

Du coup, trois idéologies « le Gabon à l’abri de la peur et du besoin » soutenue par Jean Ping, « Gabon d’Abord » de Guy Nzouba Ndama et « le Gabon des Réformes constitutionnelles » de Casimir Oyé Mba vont devoir faire chemin ensemble pour croiser sur la voie empruntée, le « Changeons ensemble » d’Ali Bongo Ondimba, le Président sortant, qui entend faire feu de tout bois à en croire la détermination qu’il affiche ces temps derniers sur le terrain où il assène comme on le ferait sur une arène, des coups à ses adversaires, surtout les plus redoutables que sont les trois personnalités suscitées. C’est peut-être conscientes de la gravité que prend le débat que lesdites personnalités ont opté pour faire contre mauvaise fortune bon cœur, acceptant de coaliser leurs énergies et ne pas les disperser dans un combat qui promet d’être âpre eu égard à la stature des uns et des autres. Ont-ils les trois et d’autres masqués choisi d’écouter une bonne frange de compatriotes dont c’était le vœu le plus ardent et qui n’avaient de cesse de répéter qu’il vaut mieux tard que jamais ?

Quoiqu’il en soit, l’on reconnait que pour une surprise, c’en est une qui va obliger le camp d’en face, celui de la majorité républicaine pour l’émergence à revoir sa stratégie car, si au départ le combat s’annonçait sous de bons auspices pour le camp au pouvoir du fait de l’émiettement prévu de l’électorat dans une élection à un tour, il devient cette fois-ci ardu de prévoir un seul stratagème pour oser penser à la victoire sans coup férir. La parole reste désormais à la rue, que dis-je, au peuple gabonais sollicité comme jamais avant pendant cette période exceptionnelle par les différents candidats qui ont compris que leur avenir se joue avec lui et que leur combat est celui qui consiste à chasser le spleen chez les compatriotes, si spleen il y a, afin de le remplacer pour être un peu baudelairien par l’idéal qui est celui de bâtir une nation dans laquelle chacun peut trouver son compte et où il fait bon vivre. Ce qu’attendent ces populations souvent grugées, considérées à tort comme des marchepieds que l’on oublie une fois passer dessus. Oubliant d’épouser la thèse de Pierre- Claver Akendengué, le musicologue gabonais, pour qui « tout peuple est considérable ! »


Dounguenzolou

Vos commentaires

  • Le 17 août à 16:07, par Oyane En réponse à : Edito : Retour à la paix des braves !

    Quoiqu’il en soit, l’on reconnait que pour une surprise, c’en est une qui va obliger le camp d’en face, celui de la majorité républicaine pour l’émergence à revoir sa stratégie car, si au départ le combat s’annonçait sous de bons auspices pour le camp au pouvoir du fait de l’émiettement prévu de l’électorat dans une élection à un tour, il devient cette fois-ci ardu de prévoir un seul stratagème pour oser penser à la victoire sans coup férir.

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