Edito : Que vient faire Dieu dans le Dialogue national ?

lundi 27 mars 2017 Speciales


Même si l’on croit en Dieu, encore qu’ici, il est beaucoup plus facile de l’affirmer que d’avancer la thèse contraire, doit-on, surtout lorsque l’on sait les mentalités pas certainement au point pour permettre à tout un chacun de s’asseoir sur la certitude selon laquelle ce que l’on va désormais poser comme acte va réellement dans le sens voulu par la Bible, parole divine par excellence, nécessairement s’arcbouter sur l’Église pour justifier ses opinions ou ses actions ? D’accord pour que les participants au dialogue national initié par le pouvoir invitent la communauté à une messe d’intention particulière pour le bon déroulement dudit dialogue, mais n’était-il pas opportun de réconcilier en amont les Hommes avec les Hommes ?

« Les hommes font l’histoire, mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils font ». Cette phrase que l’on doit à un historien des siècles passés demande à réfléchir sur les causes et les effets. En effet, les spécialistes de la communication évoqueraient au lendemain d’une action posée sciemment ou non par un être humain, s’appuyant sur des théories telle la fameuse question programme de Lasswell, en substance : « qui fait quoi ? Contre qui ? Avec quels moyens ? Avec quels effets ? », un postulat, celui consistant à dire que tout acte entraine une réaction parfois disproportionnée. Ceci nous conduit à nous interroger sur les raisons du malaise, si malaise il y a, qui guette la société ou qui s’y est installé. D’où nous devons avoir l’humilité, non pas une de façade, de reconnaître nos fautes avant que de solliciter la clémence divine.

Car, Dieu, après avoir créé le monde, a tenu un discours, on ne peut plus clair, à l’homme lui apprenant qu’il mettait gracieusement à sa disposition, toutes les autres créatures sur lesquelles il lui donnait de l’ascendance, cours d’eau, forêts, animaux, etc., pourvu qu’il ne mange pas du « fruit de la connaissance ». Et pourtant, l’histoire biblique nous révèle bien que les premiers Hommes, Adam et Ève, ont trahi l’engagement qu’ils avaient pris devant l’Eternel. Et c’est ce qui semble se produire aujourd’hui plus qu’hier lorsque nous constatons que la loi ordonnant à l’homme d’aimer son prochain comme lui-même est sans cesse violée pour des intérêts égoïstes et sans lendemains. Parce qu’il n’y a qu’à voir autour de nous qu’est-ce qu’il est advenu des personnes qui se sont volontairement ou non mises au travers de la « Loi ».

Une messe pour quoi faire ?

Tout petits, nos parents nous amenaient à l’Église pour plusieurs raisons allant des intentions qu’ils avaient de nous soumettre à leurs « injonctions » au désir qu’ils avaient de nous amener connaître Dieu pour le servir en âme et conscience. C’était l’occasion pour nous de nous purifier en passant devant le curé et lui livrant naïvement tous les secrets de notre vie pour nous entendre dire qu’il ne fallait plus que nous répétions ce pourquoi le Seigneur avait déjà été informé et qu’il pardonnait systématiquement. Le prêtre nous apprenait également qu’il y avait entre les péchés ceux que l’on qualifiait de véniels et qui pouvaient être pardonnés et ceux auxquels l’on prêtait le qualificatif de mortels, c’est à dire dont la marque était indélébile aux yeux du Tout Puissant. Ces enseignements, croyons-nous savoir, ont été dispensés à tous les Hommes de notre génération qui devraient, logique existentielle oblige, les inculquer aux générations montantes.

Or, le plus souvent, le constat est que des comportements déviationnistes viennent ternir notre longue marche vers l’avenir. A cause, le décrie-t-on, de la « volonté de puissance » de bon nombre d’entre nous, qui sont obnubilés par une et une seule chose, régner sur les autres sans partage et empêcher la société de connaître les valeurs cachées de tous ses enfants. Ce dont le Gabon a le plus besoin aujourd’hui pour son développement, c’est moins des messes, mais surtout la conjugaison des efforts de tous ses fils sans exclusive, mus par l’idée d’agir de façon complémentaire, pour chacun apporter sa touche à l’édification d’un pays qui n’a que trop souffert des dérives de ses gouvernants où qu’ils soient. En d’autres termes, l’on nous demande de nous mettre au service du pays et de ses populations pour que les actes que nous posons soient interprétés comme le gage d’un avenir prometteur, celui dont nous voulons que rêve notre progéniture.

Gabon, pays de nos ancêtres !

Il ne s’agit pas seulement de l’avancer pour confirmer que l’on croit en ce legs et au- delà en l’idée que cet héritage est d’abord celui de Dieu. Le Gabon est l’affaire de tous et non celle d’un groupuscule de personnes intéressées prêtes à faire table rase du passé et s’asseoir sur des certitudes sans fondements. Notre pays n’est pas à reconstruire, mais à parfaire. Pourquoi hésitons-nous à le comprendre et à le manifester ? Attendons-nous que le ciel nous tombe sur la tête pour enfin daigner agir dans le sens qu’impose la raison, le bon sens qui est pourtant défini par René Descartes comme « la chose du monde la mieux partagée » ? Il y a des choses proscrites par le Seigneur et qui ne demandent qu’à être observées pour que l’équilibre soit de mise dans la société.

Comme pour légitimer la thèse selon laquelle les crises sont le plus souvent le fait de nous-mêmes les hommes et non celui de Dieu que l’on doit laisser tranquille là où il est. Ce qu’il nous demande plutôt étant simplement, même si cela parait astreignant, de le louer en vérité. Ce que nous faisons aujourd’hui, nous le faisons pour ou contre nous-mêmes, nos enfants, nos ancêtres et bien entendu contre Dieu. Nous nous devons donc de ne pas le pousser à la conclusion que nous nous moquons de lui et que nous ne reconnaissons pas ses bienfaits. Les Gabonais ont hérité d’un pays enviable à plus d’un titre. Qui ne demande qu’à être valorisé tant par ses habitants qui méritent respect aux yeux de la communauté internationale par ces temps de mondialisation que par ses ressources qui ne servent que très peu le développement du pays. Profitant, comme le révèle l’opération « Mamba », à quelques personnalités de mauvaise foi. Au vu des actes posés par ces dernières, il n’y a pas nécessairement besoin d’aller s’agenouiller pour croire que l’on est pardonné de ses péchés.

Quelle solution alors ?

D’aucuns pensent que le dialogue national suffit à éclaircir l’horizon désormais chargé de cumulus-nimbus. La crise multisectorielle que traverse notre pays, crise, dirons-nous, sans précédent, demande de chacun d’entre nous qu’il fasse son introspection et évite de s’enorgueillir. Tout autant qu’elle exige, qu’on le veuille ou pas, un dépassement de chacun et de tous. C’est à ce prix, pensons-nous, que Dieu auprès de qui nous sollicitons l’arbitrage intervienne soigneusement dans le règlement des problèmes qui nous assaillent. Ne dit-on pas « Aide- toi, le ciel t’aidera » ? Tant qu’il n’y aura pas une véritable prise en compte des complaintes et des souffrances des populations, il n’y aura pas à espérer que les lendemains seront enchanteurs, car se perpétueront des actes de domination des uns par les autres, de la majorité par une minorité intéressée.

A moins que l’on nous prouve le contraire ! Croit-on de ce point de vue que cautionner, même devant le prêtre, un événement qui occulte les vrais problèmes arrangera le Seigneur qui est Dieu de justice ? Nous soutenons après l’autre que «  la guerre naissant dans le cœur des hommes, c’est dans le cœur des hommes qu’elle doit prendre fin ». Ceci nous demandant de « naître de nouveau », il nous faut nous débarrasser de nos oripeaux et oser nous soumettre à la critique, c’est vrai que cela est une épreuve difficile et risquée c’est selon, pour poser les problèmes, les vrais, qui entravent notre bonne marche vers des jours meilleurs. Et, c’est, croyons-nous, à cet instant là que le Créateur viendra voler à notre secours et nous faire éviter la pire désillusion de notre histoire. Penser le contraire serait, à notre humble avis, un vœu pieu. Depuis quand, nous prenons à témoin certains anciens, le Gabon a-t-il encore cultivé les valeurs d’unité, de travail et de justice ? Alors que ce sont celles-là qui devraient servir de ferment à notre « vivre ensemble ». On n’a donc pas besoin d’aller à l’église pour régler un problème qui nous incombe au premier-chef. Soyons courageux de le reconnaître.


Dounguenzolou

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