Edito : Pourquoi un Gouvernement de large ouverture ?

lundi 3 octobre 2016 Speciales


La question de nombreux Gabonais, à commencer par ceux faisant partie de la classe politique, d’opposition s’entend, se la posent depuis que le président Ali Bongo Ondimba a manifesté son désir, après sa réélection contestée, de rassembler autour d’une même table les acteurs afin d’avec eux et en communion arriver à déterminer quel Gabon est le meilleur pour tous et pour les populations cela s’entend. Seulement voici, l’opposition, surtout celle favorable à Jean Ping y voit en dehors du fait qu’elle ne reconnait pas la victoire de l’homme à la dernière présidentielle, une entourloupe de plus. D’où la question de savoir pourquoi l’appel à un gouvernement de large ouverture ?

Il est certes vrai que chez nous les bantu, peuple ayant de tout temps réglé ses querelles autour de l’arbre à palabres, le dialogue a toujours prévalu lorsque la situation devient presqu’insupportable sur le plan social et que des solutions peuvent être trouvées pour régler les problèmes patents et latents. Mais, en politique, lorsqu’un camp qui déclare sa victoire fait appel au vaincu, c’est qu’il semble se reprocher quelque chose ou qu’il veut qu’avec l’autre, il porte ensemble le passif de la gestion du pays, surtout quand celle-ci est plus que jamais décrié du fait d’éléments exogènes, mais aussi endogènes, car en ce qui concerne rien que la dette, il est loisible de différencier la dette d’Etat d’avec la dette de régime.

La tradition veut qu’au Gabon, les hommes politiques se retrouvent, peu importe la dénomination du forum, pour se partager le pouvoir ou encore le gâteau comme si le pays en était un. Poussant de nombreux observateurs à se poser la question de savoir qu’est-il advenu du Peuple après les accords de Paris et un peu plus loin la Conférence nationale quoiqu’elle n’ait pas été souveraine ? Sous d’autres cieux, arriver à la formation d’un Gouvernement d’ouverture, de large union ou tout ce que vous voulez s’impose parce que l’intérêt national a une valeur transcendantale qui dépasse les hommes et les époques et qui de surcroît s’impose à tous. Cela s’est souvent produit en France, l’exemple le plus proche de nous en matière d’organisation, lorsque le parti majoritaire a échoué aux législatives et a vu le Gouvernement issu du vote lui être opposé au point d’être conduit par une personnalité ne partageant forcément les mêmes opinions. Ce qui a l’avantage puisqu’il s’agit ici de mettre en avant des politiques nationales visant la satisfaction du bien du grand nombre, la satisfaction de tous se présentant dans les faits souvent comme un idéal, d’aller à la communion et la diversification des efforts nonobstant les guéguerres politiciennes qui ne s’estomperont jamais. Nous sommes là face à un constat d’échec qui nous oblige à nous raviser devant l’application de nouvelles politiques ou de politiques complémentaires par les autres.

Ce qui du reste est bien vécu chez eux, or c’est loin d’être le cas ici parce qu’il faut dans un premier temps que les élections soient justes, libres et transparentes, ce qui suppose que les institutions en charge de les gérer soient fortes, non pas de leurs hommes, mais par le fait de l’application rigoureuse des textes envers et contre tous. Ne pas accéder à ce pan du développement n’encourage pas les uns et les autres à se fréquenter et à donc se considérer non pas comme des ennemis, mais comme des adversaires. Il faut pour cela faire preuve de sincérité vis-à-vis d’autrui pour espérer en retour mériter son attention et au- delà son respect. C’est seulement à ces conditions que l’on peut accepter de partager des points de vue et quelques fois faire contre mauvaise fortune bon cœur. De nombreux opposants gabonais interprètent à tort ou à raison l’initiative du président Ali Bongo Ondimba comme une ruse de plus qui ne permettra pas d’apaiser la tension politique perceptible depuis la proclamation des résultats de la présidentielle du 27 août dernier.

Et même qu’ils ne comprennent pas pourquoi le gagnant revient subitement à ce qui lui avait été en amont proposé, à savoir un dialogue national sans exclusive qui aurait, de leur avis, permis d’élaguer un certain nombre de problèmes parmi lesquels ceux liés à l’organisation des élections chaque fois querellées. Et même qu’ils restent dubitatifs devant la sincérité de la main tendue, préférant demander au camp au pouvoir de faire comme partout ailleurs cavalier seul et de dérouler aux yeux des compatriotes son projet de société, étant donné que c’est sur la base de ce dernier qu’il a été reconduit aux affaires, dixit la majorité. Une invite lancée en sa direction pour qu’elle s’emploie à convaincre de nombreux partisans du changement, de l’alternance, de la faisabilité dudit projet quand on sait que « l’Avenir en confiance » n’a pas donné les résultats escomptés et qu’aux dires de plus d’un, « l’Egalité des chances » pourrait n’être qu’un slogan que l’on aura de la peine à traduire en actes. Pierre- Claver Maganga Moussavou pourtant porteur d’un projet de société alléchant à plus d’un titres « la Provincialisation » avertissait que le camp au pouvoir n’aura que foutre de celui-ci, cependant s’il était appliqué, il contribuerait visiblement à équilibrer le développement national et à réduire les inégalités entre les neuf provinces que compte le Gabon.

Ceux pour qui le dialogue s’impose ont-ils l’assurance d’être pris en compte ou veulent-ils juste aller prêcher pour leur propre chapelle et s’enrichir sur le dos de l’Etat sans rien lui proposer ? A ce titre que représenteraient-ils aux yeux du citoyen lambda ? Autant de sujets sur lesquels on entend ci et là des gens s’exprimer et qui méritaient bien que les jette sur la place publique aux fins d’éveiller les esprits.


Dounguenzolou

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