Edito : Pourquoi être à la tête d’un Etat ?

lundi 27 juin 2016 Speciales


La période électorale en Afrique en général, au Gabon en particulier, donne souvent lieu à des scènes dignes d’un rodéo. Sur l’arène s’affrontent évidemment les acteurs politiques qui disent tous vouloir du bien du peuple, ce pourquoi, affirment-ils comme un seul homme, ils sollicitent les suffrages des populations. Est-ce vraiment pour transformer en bien le sort de ces dernières que tous se battent comme de véritables fauves ? Il y a de quoi se poser la question, tant l’on constate le fossé toujours grand entre la théorie et la réalité, entre les promesses et les réalisations.

Deux concepts suffisent à nous servir d’aiguillons quand il s’agit de rechercher les motivations de plusieurs politiques sous nos cieux. Le premier se résume en une question « qui t’a fait roi ? », alors que le second, lui, est un retour à la définition de la Démocratie par le politique américain Abraham Lincoln, à savoir « le Gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ». Sommes-nous ici près du vécu quotidien, le seul qui puisse nous amener confirmer que les deux concepts sont réellement ceux qui guident l’action de nos leaders ? Ces interrogations sont motivées par un constat simple, celui qui nous conduit à déduire que l’engouement des hommes en quête de voix lors d’une élection, trouve sa motivation dans le désir de chacun de se retrouver à la tête de l’Etat sans plus.

Car ils ont tout ou presque dans leur gibecière avant, pendant et après le scrutin, mais curieusement plus rien lorsqu’ils sont portés aux affaires par des mandants qui ne demandent souvent qu’à être compris. Qu’est-ce à dire ? Eh bien, que les élus s’occupent beaucoup moins de l’assainissement de leurs conditions de vie que de leur ventre propre. L’on observe en effet que sitôt élus, les hommes politiques adoptent des comportements qui suscitent l’espoir dans la plupart des cas avant de sombrer dans la désinvolture, l’arrogance, voire l’antipatriotisme. Obligeant les populations à se replier sur elles-mêmes et a marqué une rupture d’avec ces derniers qui tombent très vite en disgrâce.

Et pourtant, il est simple sous certains cieux de satisfaire les populations qui ne demandent que le minimum vital, à savoir un habitat décent avec les commodités qui l’accompagnent, eau et électricité, un emploi qui puisse leur permettre de joindre les deux bouts, des soins de santé de proximité pour ne recourir aux grandes structures hospitalières que lors de cas extrêmes, des routes pour désenclaver les régions et rendre leur accès facile en toutes saisons, ce qui constituerait un avantage non négligeable pour les ruraux qui ne rêvent que d’écouler les produits de leurs champs vers les grands centres urbains et se faire un peu d’argent quand ils n’achètent pas des objets manufacturés ouvrant à la modernité par ces temps d’urbanisation accélérée, des écoles pour faire que les tout petits ne soient pas vite coupés du lien familial, ce qui parfois compromet leur évolution…

Nous ne savons pas de qui nous détenons ces coutumes qui veulent que tous ceux qui aspirent à diriger un pays, ne soient obnubilés que par l’idée de mâter leurs concitoyens, de les rendre un peu plus malheureux pour accroître leur dépendance vis- à- vis d’eux, de les terroriser à la limite pour qu’ils aient l’impression d’avoir face à eux de véritables gourous auxquels il faut obéir coûte que coûte si l’on veut éviter de passer rapidement de vie à trépas. La majorité de la population se plaint régulièrement de ce qu’elle n’est que très rarement satisfaite par les élus qui, malheureusement, n’ont qu’une seule ambition, se maintenir aux affaires quelque soit la décision des compatriotes qui, parce menacés ou apeurés, boudent en silence ou choisissent purement ou simplement de boycotter les scrutins, ce qui n’est pas la solution, la meilleure, pour signifier à un ou des dirigeants qu’ils ne sont pas à la hauteur de leurs attentes.

Il faut une révolution dans les esprits des uns et des autres pour oser se présenter désormais comme ceux par qui le bonheur est possible. C’est dire qu’il faut être à l’écoute des populations et éviter d’adopter une posture manichéenne qui veut que tout ce qui est bon est de votre côté et tout ce qui est mauvais du côté des populations que l’on accuse souvent de trop demander comme si la revendication ne représente rien aux yeux des gouvernants. En tant qu’être humain, tout ce que l’on pose comme actes n’est pas toujours satisfaisant, d’où le retour d’informations utile que nous devons régulièrement recherché afin de rectifier, comme cela se dit souvent, le tir. Les exemples des uns doivent servir aux autres en toute modestie, car c’est seulement en tirant les leçons d’un échec ou d’une réussite que l’on peut forger les armes du succès.


Dounguenzolou

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