Edito : Pourquoi désinformer ?

lundi 30 janvier 2017 Speciales


L’on sait pour être Gabonais, que le « Kongossa », revêt des allures d’information, tant il s’avère qu’il peut à certains moments conduire sur la bonne piste. Mais de là à en faire une source d’information véritable ! Ces temps derniers, une rumeur a couru, y compris sur les fameux réseaux sociaux, annonçant l’expulsion « manu militari » du Gabon de Robert Brazza, journaliste de Canal+, présent dans ce pays pour couvrir la Coupe d’Afrique des Nations, Can Total Gabon 2017. Des nouvelles récentes provenant aussi de l’intéressé nous apprennent le contraire. Question : Où est la vérité ?

Et pourtant, il y a quelque chose de vrai dans cette affaire. Mais, est-ce la version apportée par notre confrère ou celle issue de la rumeur publique et fortement relayée par des médias de tous genres tel le célèbre « Antsia ». Un moment, on peut croire tant on a l’habitude de mauvaises farces aux colorations politiques, que l’information parue dans ledit journal, n’a rien de sérieux, vu qu’aucune autorité n’a communiqué là-dessus. Un autre, on se demande si ce n’est pas le fait de la puissance du groupe Bolloré auquel appartient le groupe Canal+, au compte duquel travaille Robert Brazza qui est à l’origine de la nouvelle version dont le journaliste n’est que le traducteur.

En vérité, tout ceci pose le problème sensible de la communication dans nos pays où l’on a souvent tendance à garder pour soi par le phénomène de rétention des informations qui peuvent parfois même servir la communauté, soigner l’image de marque, avertir sur ce qui est susceptible d’arriver, bref, mettre tout un chacun au même niveau d’information pour éviter justement l’amplification de la rumeur par moments déstabilisatrice. Ceci nous renvoie au débat entre la théorie et la réalité pour nous convaincre que la théorie est ce qui est conçu par l’Homme et est par son imperfection muable, alors que la réalité est ce qui s’impose à nous et ne souffre pour cela d’aucune retouche ou falsification.

La Constitution, nous le voyons aisément pour ne plus en faire de commentaires, est ci et là retouchée à la guise des gouvernants, pendant que des phénomènes naturels tels la pluie et le soleil n’ont que foutre de nos humeurs pour régner sur nos espaces terriens sans que nous n’ayons rien à dire, sauf en termes de lamentations.

« Il n’est de vérités que l’on dissimule éternellement »

C’est pourquoi, il n’est pas nécessaire de cacher la vérité qui, par essence, finit toujours par éclore. Le cas Robert Brazza n’est qu’un cas parmi tant d’autres. Certes, dans un Etat civilisé, il y a ceux que l’on range au niveau des secrets d’Etat et qui sont pour cette bonne raison d’une sensibilité qui n’autorise pas leur divulgation, fût-elle, par la rumeur, car par elle est assurée l’équilibre de la nation, mais il est des périodes où l’information, plutôt que d’être étouffée, doit transpirer et être donc portée à la connaissance du grand public en temps réel, si l’on veut éviter des situations parfois désagréables.

Si le Gabon a consenti à organiser la Can dans les conditions que l’on connait tous, c’est qu’il a accepté la critique, notamment sur l’état des stades et de leur pelouse, à quoi lui servirait-il alors de s’élever contre celui qui dénonce leur mauvais état pourtant visible à Oyem et Port-Gentil ? Dans un tel contexte, il ne reste aux autorités que d’accepter et laisser dire puisque plus rien ne viendra corriger l’existant. A moins d’un miracle ! Venir communiquer en utilisant des arguments contraires revient, vous vous en doutez, à friser le ridicule, ce d’autant plus que la planète tout entière est, parce que câblée, au fait de la réalité qui saute aux yeux.

Il y a plutôt lieu de se demander comment réparer cette insuffisance, ce qui nous parait être un comportement raisonnable quand on est réellement mû par l’idée de sauver la face devant une communauté africaine qui nous en a voulu depuis que l’Algérie qui la voulait à tout prix, s’est vue retirer l’organisation de la 31ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations. Au-delà, cette attitude ne serait pas compromettante par ricochet à la Confédération africaine de football qui a essuyé plus d’un quolibet à cause de sa décision d’octroyer au Gabon l’organisation de la compétition cette année.


Dounguenzolou

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