Edito : Pour ne pas que l’on dise « Œuvre de tant de jours », …

lundi 5 décembre 2016 Speciales


« Gouverner, c’est prévoir » entend-on dire ci et là. Sans aller dans les détails, l’on comprend que cette formule s’adresse au premier chef aux gouvernants qui ont la lourde et délicate tâche de tenter de traduire dans les faits toutes les promesses qu’ils ont faites aux populations avant que d’être au sommet de l’Etat. Ceci pour que des jours, des mois, voire des années après, ils ne reprennent l’homme de lettres français du XVIIème Pierre Corneille, qui se plaignait que des œuvres bâties en plusieurs jours ne s’effondrent en un seul par la faute des Hommes. Mais cela suppose qu’ils aient déjà posé des actes concrets, susceptibles de susciter pourquoi pas l’envie. Or, ce n’est pas souvent le cas sous nos cieux ou « l’enfer, c’est les autres ».

A chaque fois qu’un régime est pourfendu par une certaine frange de la population, il appelle bien entendu au calme, mais surtout à la préservation de l’unité nationale et de la paix, oubliant que si plus d’une personne se mettent à dénoncer les agissements des politiques, c’est très certainement parce qu’elles y voient des abus ou des maladresses qui devraient, dans leur entendement, être corrigées, pour qui veut éviter le pire à son pays. Ne pas le faire serait, à leurs yeux, suicidaire. Si, comme Pierre Corneille, ils veulent avoir des raisons de se plaindre que les populations ne s’attaquent aux biens publics et autres acquis sociaux, faudrait-il déjà que ceux-ci existent. Les abonnés des réseaux sociaux n’ont plus besoin aujourd’hui de se mouvoir pour savoir qu’en Guinée-Equatoriale, il existe bel et bien des échangeurs et que le président Obiang Nguema Mbasogo fait du social une de ses priorités.

Il ne faut pas être économiste pour se convaincre que la croissance à deux chiffres est aux portes d’Abidjan en Côte-d’Ivoire, grâce à la politique gouvernementale insufflée par le Premier Ministre Daniel Kablan Duncan, et que bientôt, la majeure partie des Ivoiriens partageront les fruits de la croissance. Il ne faut pas non plus être devin pour être informé des réalisations de l’ancien Président sénégalais Abdoulaye Wade qui avait par exemple contribué efficacement à la viabilisation des terrains, y conduisant de l’eau et de l’électricité. On se souviendra ad vitam-aeternam de Mouammar Kadhafi, qu’on l’ait aimé ou pas, pour sa volonté de transformer son pays, la Libye, en y apportant la confiance dans le cœur des populations qui ne se plaignaient pas, comme presque partout ailleurs, de manquer de logement, de travail, de soins de santé, de bouteille de gaz, d’électricité ou d’eau, ces trois derniers produits leur étant offert gratuitement par le guide de la Jamahiriya qui les considéraient comme un don de Dieu dont chacun devait donc bénéficier gracieusement.

Et pourtant…

Cela n’a pas fait que le pays souffre d’un quelconque malaise, malgré le fait qu’il n’ait eu à compter que sur le seul pétrole comme produit d’exportation. Même les générations futures y trouvaient leur compte avec ce fameux fonds ouvert en dollars dans des banques pour préparer leur avenir. Que d’exemples qui suffisent pour avancer que si l’un ou l’autre des dirigeants cités venaient à recommander l’observation du calme à ses compatriotes, il aurait bien des raisons de le faire, car, plutôt que de se lancer dans l’anarchie dont on ne connait pas et ne mesure pas les conséquences, ils auraient intérêt à s’entendre sur l’essentiel, la préservation des acquis, afin de faire la place à des débats futuristes qui épargnent le commun des mortels du déjà-entendu et le conforte dans son idée de poursuivre le combat à partir de là où les prédécesseurs l’ont si valablement laissé. Tout Etre humain doit avoir présent à l’esprit que son passage sur terre doit être marqué par de hauts faits d’armes qui le rendent immortel pour que le monde se souvienne de lui, de ses bienfaits, et qu’il s’en inspire comme l’Afrique du Sud le fait en hommage à Nelson Mandela, le Mali ne cesse de louer les Modibo Keita et autres Alpha Oumar Konare, le Sénégal de saluer l’action d’Abdoulaye Wade en dépit des tracasseries judiciaires dont est aujourd’hui victime son fils Karim, que sais-je ?

Comme une invite aux gouvernants à s’imprégner de ceux que l’on affuble du titre de grands hommes, ceux-là qui ont laissé à la postérité de quoi s’interroger sur ce qu’une violence surtout gratuite peut produire comme effets négatifs. Eux, mais seulement eux, ont le droit de pousser l’interpellation cornélienne « Œuvres de tant de jours en un jour effacées » si jamais il arrivait que leur terroir plonge dans la crise sociale et sécuritaire, parce qu’eux ont des raisons de se demander que vont faire les citoyens des acquis puisqu’ils sont dans ce cas bien présents, les acquis.


Dounguenzolou

Vos commentaires

  • Le 6 décembre 2016 à 16:16, par axelle En réponse à : Edito : Pour ne pas que l’on dise « Œuvre de tant de jours », …

    un gouvernement malade comme leur président. out Etre humain doit avoir présent à l’esprit que son passage sur terre doit être marqué par de hauts faits d’armes qui le rendent immortel pour que le monde se souvienne de lui, de ses bienfaits, et qu’il s’en inspire comme l’Afrique du Sud le fait en hommage à Nelson Mandela, le Mali ne cesse de louer les Modibo Keita et autres Alpha Oumar Konare, le Sénégal de saluer l’action d’Abdoulaye Wade

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