Edito : Populisme ou populaire ?

lundi 14 août 2017 Speciales


A voir la plupart des Hommes politiques africains s’agiter, on se demanderait, concernant surtout ceux qui sont aux affaires, pourquoi les populations qu’ils gouvernent leur sont curieusement hostiles dans leur grande majorité. Presque partout, la question revient sur le bout des lèvres de savoir s’ils sont réellement portés par lesdites populations ou s’ils s’installent au-devant de la scène politique par la force ou encore la ruse.

L’expression populaire, en d’autres termes appelés en langage juridique le suffrage universel, existe-t-elle dans la plupart des Etats africains où à la sortie de chaque vote, la rue s’embrase, les citoyens qui la prennent d’assaut réclament leurs suffrages, comme pour contester les résultats pourtant livrés en toute sérénité par les instances chargées de veiller au déroulement des scrutins. Que cela ait lieu une fois ou dans un seul pays se comprendrait, mais que des scènes de violence contestataires se déroulent régulièrement ci et là remet logiquement en cause les décisions des organes de supervision des votes et ceux qui délibèrent ou encore livrent les résultats définitifs à monsieur tout le monde. Comment dans un tel contexte ne pas se gêner et tenter de revoir sa copie eu égard au fait que la planète est, comme la décrivait déjà le canadien Marshall Mac Luhan, un seul et même village, « le village planétaire ».

Plutôt que d’agir de la sorte, de nombreux Hommes politiques se cachent derrière les institutions organisatrices des scrutins et la soldatesque qui semble souvent les accompagner dans la légitimation de leur forfait. Est-ce cela qu’être populaire ? Non, car l’être reviendrait à être reconnu par la majorité de ses concitoyens comme le vainqueur de l’élection ou comme celui vers qui ont penché la plupart d’entre les votants. Au décompte final, on a comme l’impression que même les morts ont été déterrés pour accorder leurs précieux suffrages à celui qui est déclaré élu, soulevant du coup l’ire des populations qui ont du mal à décolérer devant l’abîme dans laquelle elles sont, disent-elles, plongées par les gouvernants à qui elles ne cessent de réclamer la mise en place de politiques plus humanistes profitables pour des raisons évidentes au grand nombre pour ne pas dire à tous. A cet instant, l’on passerait certainement du populisme vu que celui-ci peut être défini comme une volonté affichée de tronquer la réalité en violant parfois les consciences ou les achetant, pour combien de temps ?

Qu’est-ce à dire ?

La popularité est celle qui confère respectabilité et crédibilité à un élu. Et les spécialistes des sciences politiques d’avancer qu’elle représente le premier atout du politique qui qu’il soit, des éléments comme l’offre n’arrivant que loin derrière. L’homme politique populaire ne sera contesté que pour être simplement remis sur les rails, ses concitoyens attendant patiemment que son mandat s’achève pour lui signifier oui ou non leur adhésion ou l’adhésion, au mieux à son projet de société. Dire que nombre d’entre eux n’en n’ont pas en vérité, même s’il faut reconnaître qu’ils ont par les bons soins de quelques scribes réussi l’exploit de noircir des pages blanches qu’ils présentent fièrement aux populations pour les dissuader de ne pas voter autrui qu’eux, car seuls eux se disent porteurs du projet qui viendrait délivrer de la pauvreté, « de la peur et du besoin » ou voir « l’avenir en confiance » pour reprendre des expressions qui accrochent. Comme on le voit, populisme et popularité sont donc diamétralement opposés au point qu’il est même risqué de vouloir s’essayer sur les deux terrains. Autant réfléchir sur celui à emprunter.


Dounguenzolou

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