Edito : « Maladite » ?

mardi 18 décembre 2018 Speciales


Lorsque l’on demande aux autorités gabonaises comment va leur pays, elles répondent presque toutes en cœur : « ça va bien ! ». Et pourtant bien de signes témoignent des difficultés rencontrées par ce naguère Émirat pétrolier que ce soit par les personnes morales ou physiques. Signe des temps, le cri d’alarme lancé par le ministre des Sports, réputé être proche du Président de la République et donc sensé être parmi ceux qui devraient logiquement bénéficier plus que d’autres de ses faveurs. Alain-Claude Bylié-By-Nzé qui a déclaré, lors de l’interview qu’il a accordé à la presse le week-end écoulé, que le Gabon pourtant engagé dans des compétitions internationales pourrait ne pas connaître de championnat national, cette année faute de financements. Ceci traduisant peut-être cela, de nombreux responsables tentent par tous les moyens de trouver la formule magique par laquelle ils peuvent faire face, croyons- nous savoir, aux réalités quotidiennes dans leurs institutions : le cas de l’École publique de la Cité Mébiame. Comment ? Là est toute la question.

Nombreux sont encore les Gabonais qui, quand on leur raconte ce qui se passe de vrai dans la cité, refusent de croire en la vérité même si elle est avérée. Doit-on se foutre de parents d’élèves qui, venant comme chaque jour chercher leur progéniture par ses temps d’insécurité ambiante au sortir des classes, s’étonnent et évoquent publiquement à haute et intelligible voix, comme s’ils voulaient à tout prix partager leur désarroi avec le passant, les turpitudes auxquelles ils font face qui vont du caractère acariâtre de certains responsables de l’établissement fréquenté par leurs enfants au « racket », s’il faut ainsi l’appeler, en tout cas cela en a tout l’air, les policiers et autres gendarmes sont déjà passer maîtres dans l’art sans qu’il ne soient outre mesure inquiétés ou simplement interpellés.

Offrant une atmosphère de chienlit indescriptible, surtout lorsque l’on entend désormais certains d’entre eux que l’on dit formés au même titre que les autres s’exclamer en substance sans en avoir honte face à un braquage subi par un citoyen visiblement en détresse : « ce qui nous préoccupe c’est avant tout le pécule, pour la sécurité des personnes allez à la police judiciaire, la fameuse P.J où l’on vous fera proprement les poches en cas de mauvaise fortune, car les agents, à tort ou à raison, vous exigeront pour faciliter et presser une éventuelle intervention qu’il leur faut mettre du carburant dans leur véhicule, ce qui est ridicule dans un contexte ou la prévision est le maître-mot ». Cette digression en valait bien la peine pour nous ramener au sujet qui nous intéresse, à savoir les reproches faits par les parents d’élèves aux dirigeants de l’École de la Cité Mébiame du nom de l’ancien Premier-ministre d’Omar Bongo Ondimba du prénom de Léon, affectueusement appelé « Petit Papa » à qui nous devons une déclaration parmi tant d’autres célèbre, la fameuse : « l’argent n’aime pas le bruit ».

Tout le contraire de ce qui se passe ici puisque il se susurre, connaissant l’importance accordée par le citoyen souvent en l’absence d’informations officielles ou de droit de réponse en cas « d’attaque » dans les médias, dans le quartier ce qui n’est pas loin d’être le cas déjà ailleurs, la rumeur ayant l’habitude de se rependre comme une trainée de poudre et les élèves venant malheureusement pour « leurs bourreaux » de tous les coins et recoins en l’absence d’une planification, que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est une affaire de droit d’un montant de 100 francs CFA par apprenant à la traversée de la chaussée au sortir des classes. Imaginez le pactole… Que dire de la destination de cet argent ? Mais bien avant, des idées tout aussi ingénieuses n’avaient pas manqué aux responsables de cet établissement qui font payer dans l’enceinte même de l’école la tenue scolaire au look moins attrayant que celle de l’année dernière à 10.000 francs CFA, l’objet d’art et le cahier de CEPE aux élèves de classe de cinquième année au prix unique de 5000 francs CFA.

Si ces deux dernières trouvailles peuvent être saluées puisque en amont visiblement acceptées par les parents qui s’en conforment dans un souci de se simplifier la tâche, comment ces derniers vont-ils faire pour avaler la toute récente pilule ? Doit-on penser au regard de leur attitude que cela sera sans conséquences quand on sait leur quotidien affecté par moult problèmes qu’il n’est pas utile de rappeler ici par décence peut-être. Sait-on par exemple les difficultés qu’ils rencontrent pour s’assumer chaque jour quand il s’agit d’emprunter un moyen de locomotion pour conduire leur progéniture à l’école, sachant l’état des routes et l’insuffisance des moyens de transport ? Sait-on également qu’ils doivent se broyer les méninges pour trouver l’argent qui servira au gouter de l’enfant dans l’enceinte de l’établissement ? Enfin sait-on que tant que la journée n’est pas terminée, ils vivent stressés à l’idée d’imaginer comme cela se produit assez souvent, pour ne pas dire très souvent, un scénario catastrophe ?

Vivement que ce genre de pratiques soient révélées au grand jour pour ne pas que le mauvais exemple comme les mauvaises habitudes, nous dit-on, n’aient pas la vie longue. Mais qui pour sonner le glas de telles pratiques qui contribuent dangereusement à ternir l’image déjà entamée d’un pays qui mérite beaucoup mieux. Pour notre part, il s’agit sans passion aucune de tirer juste la sonnette d’alarme afin d’alerter les autorités, du moins les compétentes, si autorités il y a encore, constatant la quasi-démission de certaines ayant choisi de pratiquer la politique de l’autruche au nom de la sauvegarde de leurs intérêts personnels, oubliant qu’un ministre, devons-nous leur rappeler, est étymologiquement un serviteur et que nous devons cette définition curieusement à l’autorité morale que constitue l’église. A bon entendeur…


Dounguenzolou

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