Edito : Liberté de conscience et pratiques politiques

lundi 14 mars 2016 Speciales


Ces derniers jours ont, à n’en point douter, été marqués par le climat délétère au sein du PDG, le parti au pouvoir au Gabon, que l’atmosphère qui s’y est installée n’a pas empêché de tenir son Congrès extraordinaire conclu par l’investiture d’Ali Bongo Ondimba comme candidat de la majorité à la future présidentielle. Là n’est pas le problème, le principal, allions-nous dire, mais ce qui choque, c’est surtout lorsque l’on entend çà et là, des femmes et hommes se plaindre de ce qu’il n’y ait plus dans cette grande famille assez de place pour la « palabre », inévitable selon les règles démocratiques qui invitent à la contradiction dans la tolérance.

Veut-on nous faire croire que le débat n’est plus autorisé au sein de la formation politique au pouvoir au Gabon ? Cette question n’a rien d’une prise de position, bien au contraire, vient-elle nous faire constater que le PDG s’est débarrassé de trois de ses cadres, à savoir Michel Menga, Alexandre Barro Chambrier et Jonathan Ignoumba, pour des raisons d’opinion que la communauté avait du mal à gérer. Et pourtant, le père de ce parti, feu Omar Bongo Ondimba, n’avait de cesse de rappeler à tout un chacun qu’il admettait la critique, pourvu qu’elle soit suivie de propositions. N’était-ce pas une volonté d’ouvrir la confrontation des idées pour aboutir à la sélection des plus plausibles et faire avancer le débat selon le contexte du moment ?
Quoi de plus normal si de l’intérieur, des voix s’élèvent contre certaines pratiques et aspirent sur des points non moins importants à voir des changements intervenir ? Apprendre à s’accepter et à se tolérer, cela devrait être érigé en règle dans une formation politique, surtout lorsqu’elle est au pouvoir, car tous les citoyens ont sur elle un regard particulier, du fait qu’elle devrait leur servir d’aiguillon, d’exemple et donc susciter l’admiration. Au contraire, lorsque l’on apprend que des divergences d’opinion se font jour en son sein sur des questions jugées essentielles et même vitales, il ressort selon des analyses que les responsables n’arrivent pas à jouer pleinement leur rôle de mobilisateur et de modérateur, lui préférant peut-être le choix d’un camp, fut-il celui incriminé par un ou d’autres. Est-on sûr qu’ainsi, l’on pourrait ne pas soulever la méfiance et contribuer à affaiblir l’honnêteté de ceux des camarades qui voudraient, puisque l’on est humain et donc imparfait, se prononcer parfois sans arrière-pensée sur la manière dont le PDG est géré, sur les rapports interpersonnels, sur les attentes de la société, pourquoi pas, le parti étant au pouvoir et le peuple se fiant aux promesses et propos qu’il tient pour justifier sa demande consistant en la réélection de son candidat ?
Plutôt que d’apaiser le climat, ce qui lui apporterait beaucoup plus de sérénité, le PDG a choisi de se décomposer et d’installer le manque de confiance entre plusieurs de ses membres dans quel intérêt se demande-t-on. Partout au monde, car nous nous inspirons bien d’autrui, la confrontation idéelle est de mise et fait avancer les choses, mieux que là où règne la pensée unique et l’on impose purement ses vues au groupe indépendamment de certains principes objectifs. Non pas que ce soit forcément cela qui a amené « Héritage et Modernité » à se conduire comme il l’a fait, mais simplement rappeler que là où l’on a tourné le dos au dialogue et à la tolérance, il y a fort à craindre que ne s’installe le désordre, surtout lorsqu’il n’est pas freiné par des comportements marqués par l’ascendance de certains hiérarques sur l’ensemble des camarades. On l’a vu partout ailleurs lorsque la chienlit s’est faite jour et a rendu les responsables incapables d’intervenir, du moins promptement !


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs