Edito : Les qualités d’un bon chef ?

lundi 23 octobre 2017 Speciales


Le travail et la conscience sont deux vertus dont on ne peut pas faire fi lorsque l’on aspire à la grandeur. Et ce sont ces deux vertus qui nous imposent d’être charismatiques, emblématique, inspirateur et fédérateur. A quoi sert-il en effet à un homme de solliciter les faveurs de ses semblables, s’ils ne lui reconnaissent aucun mérite ? C’est que de tout temps, la pensée de Rabelais « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » doit alimenter les conversations quand elle ne nous pousse chacun à l’introspection.

Charismatique

Lorsque l’on suit l’évolution des partis politiques gabonais, l’on est convaincu d’une chose presque devenue une constante : les formations politiques, soit meurent, soit vivent des dysfonctionnements à n’en plus finir, une fois le leader souvent le fondateur ad- patres. Que reste-t-il du Mouvement de redressement national, Morena, après la mort de Simon Oyono Aba’a ? Que devient le Parti Gabonais du Progrès, P.G.P, suite à la disparition de Maître Pierre-Louis Agondjo Okawé ? Combien sont-ils à réclamer la paternité de l’Union du Peuple Gabonais, U.P.G, depuis le lâche assassinat de Pierre Mamboundou ? Quel chemin prend le Parti Démocratique Gabonais, P.D.G, derrière son créateur, Omar Bongo Ondimba, disparu en 2009 à Barcelone ?

Point n’est besoin ici d’évoquer le cas de certains partis qui ne se résument qu’à la famille, aux amis et aux connaissances, ces partis lilliputiens qui, si l’on était dans un environnement normal, n’auraient jamais existé. A la lecture, il saute aux yeux que l’homme politique, celui qui prétend avoir du monde autour de lui grâce aux idéaux qu’il défend, doit pouvoir être quelqu’un sur qui repose l’espoir des autres par le simple fait qu’il se pose comme un porte-voix fidèle, imbu d’une morale indéboulonnable.

Des personnalités de cette acabit, l’Afrique en a connues : Nasser, N’Krumah, Lumumba, Sankara, Nelson Mandela… qui avaient toutes à chœur de ne pas sa taire devant les abominations dont leurs contemporains étaient sans cesse victimes de la part de l’oppresseur et de travailler à la réalisation de leur être en les faisant accéder au rang d’humains en commençant par leur conférer des droits de citoyens qui ne leur étaient souvent brandis que virtuellement par ceux qui entendaient pendant longtemps les maintenir sous leur joug. La conséquence logique est la reconnaissance de ces derniers leur vivant et au- delà du temps.

Emblématique

Un chef dans l’Afrique traditionnelle était plus qu’un simple porte-étendard ! Il représentait ce sur quoi les populations juraient sans qu’on ne leur demande. Ils se distinguaient du vulgaire par leurs faits d’armes. C’est pourquoi, par exemple, on dansait pour les honorer. Le chef était celui en qui se reconnaissaient les populations qui étaient prêtes à lui obéir en toutes circonstances et à lui rendre service sans exiger de contrepartie. Une relation complice naissait entre les deux parties au point qu’aucune d’entre elles n’admettait la trahison ou la traitrise, en dehors de quelques cas très rares à vite oublier parce que couverts de honte.

Quand un sujet étranger visiblement poussé par de mauvaises intentions faisait irruption dans le village dans le but d’obtenir des villageois qu’ils lui donnent des renseignements sur le chef pour l’aider à l’atteindre, c’est sa vie qu’il mettait en jeu. C’est dire non pas le pouvoir, mais l’estime dont jouissait le chef africain qui devait pour cela songer à protéger du mieux qu’il pouvait ses administrés. Inutile de dire qu’on lui vouait un véritable culte, c’est-à-dire un qui n’était pas de façade et qui ne donnait pas droit à des prébendes. On vantait ses mérites d’un coin à l’autre du village, de case en case de telle façon que tout le monde, femmes, hommes et enfants, entendent parler de lui et nourrissent une et une seule idée : qu’il est celui qui reflète l’opinion de tous et la défend mieux que quiconque.

Inspirateur

A quoi servirait le chef s’il n’est capable de faire des émules ? Faut-il pour cela qu’il soit doter de vertus cardinales au nombre desquelles l’Amour, la Tolérance, la Pondération, l’Altruisme, l’Effort et bien d’autres. Ne dit pas souvent que l’exemple vient d’en-haut ? Le chef doit insuffler chez ses populations un souffle d’espoir et de quiétude morale en même temps qu’il doit nourrir leurs esprits d’une volonté de travailler à la réalisation de leur être. On doit pouvoir se souvenir de lui-même après sa mort, signe qu’il n’aura pas vécu inutilement ! Mais tout ce qu’il offre à l’humanité, il le fait sans attente d’une contrepartie, même pas d’une reconnaissance qu’il n’impose d’ailleurs à personne, mais qui plutôt s’impose d’elle-même.

Le chef fait planer dans les chœurs nombre d’idées dont il est le chantre. Il a un effet d’entraînement qui a l’avantage de solidifier les liens entre populations et les faire se tourner vers un destin commun. L’hymne national gabonais, « la Concorde » contient des paroles inspiratrices parmi lesquelles celles par lesquelles il commence, à savoir : « Unis dans la concorde et la fraternité… ». C’est vers cet idéal que le chef conduit les populations qu’il n’a pas du reste intérêt à diviser pour que son autorité ne soit pas remise en cause de quelque manière que ce soit. Il est au peuple ce que la boussole est au navigateur ou au géomètre. En ce sens qu’il conduit ses pas pour le conduire vers des lieux sûrs.

Fédérateur

« L’union fait la force d’une nation », nous a-t-on toujours ressassés. Cette assertion suffit à nous convaincre de l’utilité et même du caractère vital de l’union des forces, des énergies, des forces et des chœurs. Il est donc impérieux pour le chef de fédérer autour de lui et de ses idéaux s’il tient à ce que les actions qu’il doit entreprendre soient couronnées de succès. Le chef doit être celui autour de qui convergent les populations par le fait qu’elles lui reconnaissent non seulement un rôle de premier plan, mais aussi et surtout un rôle central dans la réalisation du destin de la communauté.

C’est autour de lui qu’on mène le combat contre l’ennemi, contre la pauvreté, contre le mal-vivre, l’irrespect, l’injustice, bref tous les maux dont souffre la société. Il joue le rôle du catalyseur et est prêt à se dédoubler dès qu’il se sent entouré des populations. Il n’accepte pas l’ostracisme.


Dounguenzolou

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