Edito : Les échos du dialogue politique !

mardi 6 juin 2017 Speciales


Apres la tenue à Libreville du dialogue national inclusif et sans tabous, de nombreuses langues se délient. Histoire de demander aux autorités ayant participé à la grand-messe de tenir leurs engagements puisque, dit-on, nous sommes dans un Etat de droit au sens où celui-ci se soucie des desiderata du citoyen. Lesquels desiderata se sont en effet exprimés lors de la dernière présidentielle et attendent encore de l’être pendant les prochaines législatives que les Gabonais veulent voir démocratiques. Or, certaines dispositions du texte des Accords d’Angondjé ne prédisent pas cela.

Quel jour la déception aura-t-elle fini de gagner les Gabonais qui doutent plus que jamais de leurs hommes politiques, habitués à faire du sur-place quand ce ne sont pas des volte-face ? Ici, la politique semble être devenue un jeu dans lequel la recherche du profit est le seul gage. On est allé au dialogue, entend-on ci et là, pour non seulement tenter d’apporter sa caution morale à Ali Bongo Ondimba, mais aussi et surtout satisfaire ses désirs : obtenir un poste dans la future équipe gouvernementale ou de l’argent liquide pour nous permettre d’assurer nos lendemains. Cette attitude est-elle la bonne au regard des difficultés aujourd’hui rencontrées par l’Etat et les attentes de plus en plus croissantes du grand nombre ?

Certes, il est une logique vitale qui veut que tout un chacun commence par penser à son équilibre propre, mais cela devrait-il être le cas de l’Homme qui s’engage en politique quand on sait celle-ci essentiellement axée sur la satisfaction du grand nombre ? Nous devons avoir honte de tout le temps nous soustraire aux règles et principes internationalement reconnus. Cela nous garantirait la crédibilité et le respect de la part de nos pairs à travers le monde, mais surtout celui de notre peuple pour lequel on ne peut pas ne pas travailler, car qu’est-ce qui justifierait notre présence dans les instances décisionnelles ? Quel que soit notre niveau de cruauté, nous devons toujours avoir présent à l’esprit qu’avant que d’être une foire à empoignes ou d’être le lieu où l’on vient pour satisfaire ses appétits ou ses désirs propres, la politique reste et demeurera l’art de bien gérer la cité. Ne pas l’admettre, croyions-nous, serait ramer à contre-courant.

La preuve, regarder autour de vous le sort qui a été réservé à toutes ces gens qui ont feint de ne pas le comprendre ! C’est pourquoi nous disons qu’il est encore temps de rectifier le tir au vu de l’évolution de la situation sociopolitique du pays. Le Gabon a plus qu’hier aujourd’hui, un avenir incertain au regard des indicateurs qui ne semblent pas prédire un retour du soleil, une embellie économique dans les tout prochains jours si jamais l’on ne change pas de paradigmes. Et ce travail nous incombe à nous tous, mais il est d’abord affaire de politiques, car c’est à eux qu’il appartient au premier-chef de réfléchir aux différents usages des deniers publics et à la redistribution, vous avez dit égalité des chances, des biens parmi les populations de manière équitable s’entend. Qu’est-ce que le dialogue national a prévu à cet effet ? Quels seront les lendemains si cette question épineuse n’a pas été prise en compte dans les débats, alors qu’elle parait être à nos yeux celle qui le plus devait les guider.

D’où de nombreux citoyens se demandent en quoi le dialogue qui est venu arranger certaines postures a-t-il été inclusif et surtout sans tabous dès lors que certaines questions essentielles et névralgiques au nombre desquelles celle concernant le « politiquement correct » n’ont pas été abordées, cédant plutôt la place à d’autres de loin moins considérables. Pendant combien de temps le pays continuera-t-il à fonctionner de la sorte se demandent bien d’autres.


Dounguenzolou

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