Edito/Législatives 2018 : Femmes et jeunes à quelles fins ?

lundi 10 septembre 2018 Speciales


La satisfaction de ces deux catégories de personnes qui ne date pas d’aujourd’hui, bien qu’elle réponde plus précisément à des quotas depuis 2009, ne devrait pas surprendre ou être considérée comme une panacée, car il s’agit beaucoup plus de fédérer que de les amener concrètement et efficacement participer à la vie publique au Gabon, celle-ci restant encore en réalité l’apanage d’une certaine classe qui n’a rien à avoir avec les critère âge ou sexe. C’est dire que là où les autorités sont surtout attendues, c’est quand il s’agit réellement de respecter les principes régissant la société démocratique.

Une République où la femme et le jeune ne sont pas inféodés est celle-là que l’on peut considérée comme « aboutie ». Car, point n’est besoin, selon nous, d’appartenir à une formation politique, fut-elle au pouvoir, pour avoir des idées susceptibles d’être prises en compte pour le bien-être de la communauté. Un « électron libre » peut être plus représentatif en effet qu’un candidat investi par un parti chez nous, pourvu qu’il ait en face de lui des oreilles et esprits attentifs, mais aussi une palette d’agents chargés de la gestion des élections véritablement attachés à la notion de service public et soucieux du devenir du pays.

Nous bassiner les oreilles avec des affaires de 30% de femmes et d’autant de jeunes pour nous donner l’impression que désormais les choses vont changer n’est pas d’une grande utilité, le plus important résidant dans la manière dont le scrutin va se dérouler et la qualité de personnes en lice. Puisqu’à y voir de très près, nombreux sont les candidats qui se jettent dans l’aventure par mimétisme ou par calculs politiciens, c’est-à-dire guidés par l’appât du gain ou conduits par des aînés qui, sans leur faire totalement confiance, s’en servent comme paravent, masquant leurs basses intentions et profitant du système à deux tours maintenant instauré pour s’en servir facilement de marchepieds au second au cas où ils y accédaient.

Combien de partis politiques ou de candidats indépendants ont mis l’accent sur la formation avant que de décider d’aller à la rencontre de leurs compatriotes ? Et pourtant, il est bien une coutume qui veut que la politique soit affaire d’initiés et non d’aventuriers même si l’on aura toujours du mal à décourager ces derniers de se lancer dans la bataille « à leurs risques et périls ». Lorsque nous évoquons la question de la formation, nous sortons des canaux qui sont ceux de la simple mobilisation ou communication comme nous avons eu coutume de le voir pour aller chercher jusqu’à ce qui est de la moralité. « Tel père, tel fils » nous apprend-on comme pour signifier que si le maître est un homme sur lequel l’on peut compter, l’élève devrait logiquement l’être.

Ce qui doit à notre humble avis constituer l’atout principal du futur député, c’est d’abord sa manière d’être, son comportement avant que d’ensuite être sa participation effective à l’Assemblée nationale. Que peut en effet produire un arbre malade ?
Les législatives doivent constituer un grand moment de méditation pour notre société gangrénée par des maux de tous genres qu’il vaut mieux commencer à élaguer maintenant pour ne pas qu’ils s’enracinent davantage et que nous soyons de plus en plus regardés comme exception. Le simple fait de vouloir être élu ne devait plus suffire, encore faut-il avoir conscience de ce que le vote des populations revêt comme message fort. En le soulignant, nous ne voulons pas nous opposer systématiquement aux nouvelles règles prises et adoptées par les autorités, simplement voulons-nous leur rappeler ce que pensent certains Gabonais de celles-ci et leur demander d’être à l’écoute de leurs compatriotes qui peuvent, et c’est leur droit, émettre des doutes sur leurs intentions parce que s’appuyant sur la réalité et le concret beaucoup plus déterminant que les éléments de façade.

S’ils étaient écoutés ces Gabonais, peut-être que la République se porterait un peu mieux ! Ah oui, parce qu’elle ne se porte pas mieux, nous rétorquerez-vous ? Certainement, nous répondrons-vous, au vu de ce qui se passe souvent sur le terrain où aucune élection n’a donné lieu à l’acceptation des résultats dans leur entièreté, dire que nous n’avons pas de scrutin qui draine des dizaines, voire des centaines de millions d’électeurs pour qu’il donne souvent, sinon toujours lieu à de chaudes empoignades causées visiblement par leur mauvaise organisation. Autant l’on exige des électeurs qu’ils adoptent un comportement civique, gage de l’instauration d’un climat apaisé, autant l’on devrait exiger des candidats et des organisateurs qu’ils se conduisent comme des personnes soucieuses de garantir la paix et la quiétude si tant est que le Gabon n’est pas à détruire.


Dounguenzolou

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