Edito : Le PDG existe-t-il encore ?

lundi 7 novembre 2016 Speciales


Ancien parti unique sous l’ère d’Omar Bongo Ondimba, le PDG né en 1968 sur les bords de la Bouenguidi à Koulamoutou, souffre de dissensions internes qui menacent à jamais son existence. Ce qui pousse de nombreux Gabonais à se demander si la formation politique portée sur les fonts baptismaux par feu Omar Bongo Ondimba aura la force nécessaire pour survivre à ces atermoiements, surtout si l’esprit qui animait les pères fondateurs dont quelques uns sont encore de ce monde venait à disparaître.

Tout parti politique est crée pour survivre au temps. C’est pourquoi son existence est intimement liée à l’observation d’un fil conducteur que l’on dénomme « Idéologie » qui fait son originalité et le distingue des autres formations politiques. Lors de sa création, Omar Bongo Ondimba avait clairement mentionné qu’il voulait en prenant la décision historique, éviter au Gabon de sombrer dans les avatars de la division, du clanisme avec tout ce que ces deux maux comportent de conséquences fâcheuses. Cela pouvait aisément se comprendre dans l’esprit de l’époque ponctué par des évènements extérieurs susceptibles d’influencer à tout moment le vivre ensemble des Gabonais et de fragiliser par conséquent le tissu social en composition, la République n’étant encore vieille que d’un peu moins d’une décennie.

Mais aujourd’hui, peut-on conclure que les successeurs ont su capitaliser les acquis ? Oui et non ! Oui, parce que comme avant le PDG a su résister aux vents et tempêtes dont la dernière est celle qui a soufflé avant que n’intervienne l’élection présidentielle du 27 août dernier et qui a été marquée par des départs de personnalités importantes considérées comme des remparts, sinon plus. Oui, parce que bon gré mal gré, de nombreux Gabonais ont continué, en dépit de ce fait, à croire au triptyque « Dialogue, Tolérance, Paix », fondement de la philosophie insufflée au parti par les pères fondateurs, qui est jusqu’ici mis en avant pour signaler à tout un chacun qu’il y a des valeurs qi méritent encore que l’on accorde au PDG des lettres de noblesse.

Non, parce que l’effritement de la formation politique donne l’impression qu’un partie de son âme lui a été retirée et que cela impacte négativement sur la bonne marche des affaires en son sein qu’on le veuille ou non. Les nouveaux arrivants n’ayant pas pignon sur rue pour la plupart semblent ne pas encore avoir imprimé leurs marques, ce qui retarde l’allumage de la nouvelle conduite des affaires. Non, parce que, contrairement à toute formation politique qui se respecte en ce XXIème siècle, l’idéologie doit conduire l’action des cadres, militants et sympathisants, or, semble-t-il, au cas où elle existe véritablement, elle serait de nos jours plus que jamais reléguée au second plan derrière les appétits des uns et des autres. Donnant par moments la triste impression, pour reprendre Guy Nzouba Ndama du temps où il y séjournait, que le PDG est « un sac d’arachides qui nourrit de nombreux rats prêts à tourner casaque en cas de mauvaise fortune ».

A l’analyse, il y a lieu pour la plus grande formation politique de la majorité, si elle tient à sauver sa peau dans un environnement on ne peut plus concurrentiel, de penser à sa refondation plutôt que continuer à naviguer en eaux troubles sans souvent définir véritablement le cap et recadrer ses ambitions. C’est en cela que l’on reconnait les grandes associations de par le monde, car le parti politique en est une référence.


Mapuelle Mavunetu

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