Edito : Le Pavé dans la mare de Séraphin Moundounga !

mercredi 7 septembre 2016 Speciales


Quand le devenu ancien ministre gabonais de la Justice décide de quitter son fauteuil et la barque PDG en pleine tourmente, les moments sont on ne peut plus graves. Que s’est-il passé dans la tête du fils de la Douigny dont on avait du mal à penser, surtout en ces temps de crise profonde, qu’il aurait pris pareille décision ne serait-ce que par « orgueil » ? Question qui appelle une analyse assidue, une autopsie pour emprunter à la science et nous conforter dans l’idée que la vérité n’est pas dans l’apparence, mais dans le cœur.

Nombre de ses compatriotes parmi certains proches, membres de la famille biologique ou politique, reconnaissant à Séraphin Moundounga une fermeté de caractère à nul autre pareil, l’assimilaient jusque dans un passé récent à tous ses camarades faucons du régime d’Ali Bongo Ondimba pour qui, tout ce qui vaille est le maintien au pouvoir de ce dernier quel que soit le moyen utilisé. Et pourtant, c’est bien l’ancien Ministre de la Justice, hiérarque du Parti Démocratique Gabonais au pouvoir, que l’on a vu retournant sa veste sans regret pour, a-t-il dit, participer à la construction d’un nouveau destin pour les Gabonais. L’acte revêt aux yeux de tout analyste une portée très significative qu’il demande que l’on s’interroge un temps sur les motivations profondes de celui qui l’a posé.

Les sociétés africaines fondées sur la parole et la sagesse qu’elles véhiculent ont certes leur part d’hypocrisie décrite comme un vice à la mode qui passe parfois pour vertu, mais de là à ne confiner « l’Etre en situation » qu’est l’Homme à ce rôle singulier, revient à penser que l’être que vous et nous sommes, est fondamentalement immuable et que son évolution historico-philosophico-sociologique ne repose que sur des a-priori.

Séraphin Moundounga dont on a de tout temps reconnu l’esprit d’abnégation au service du PDG, car militant de la première heure s’il en était de la formation politique, pourrait aujourd’hui être vilipendé, ce qui relève de la nature humaine même s’il faut se plaindre de la mauvaise foi de certains, par ses pourfendeurs, Dieu seul sait combien ils sont, oubliant que son acte de démission et de son fauteuil ministériel « lucratif » et de celui, non moins important, de hiérarque du parti au pouvoir, puise très certainement ses sources avant tout dans son éducation, celle d’un enfant nourri de la sève de parents qui, au lieu de sans cesse le materner, lui ont dès le bas-âge appris que tout ici sur terre n’est pas acquis et que lorsqu’il peut lui arriver qu’il semble en être ainsi, il faut toujours qu’il s’interroge sur l’essence de sa vie et par ricochet sur celle de son prochain. Comme s’ils avaient parcouru l’œuvre d’Albert Camus « L’Etranger » qualifiée de transcription romanesque du « Mythe de Sisyphe », l’éternel recommencement.

Non, l’attitude adoptée par Séraphin Moundounga n’a rien d’un défaitisme ambiant comme l’insinueraient certains, ni d’une preuve de lâcheté comme l’avanceraient d’autres, ni encore de la traîtrise la plus abjecte. Mais, elle est simplement la résultante d’un constat murement réfléchi partant de l’observation de sa démarche depuis les débuts jusqu’à ce jour. Un peu comme quelqu’un d’autre ferait son introspection et se souviendrait, forcé qu’il est par la réalité, qu’en chaque homme sommeille une part de raison et une part de folie et qu’il faut malgré tout faire abstraction de certaines considérations partisanes pour s’élever au rang des personnalités qui ont épousé le mot de Descartes selon lequel « le bon sens est la chose au monde la mieux partagée ».

Nous étions enfants quand notre père fredonnait un air à travers lequel il nous sensibilisait déjà sur le fait qu’il ne servait à rien à l’insensé qui perdait son âme de gagner l’univers. Comme pour rejoindre l’écrivain de « Ces fous qui nous gouvernent ». Le comportement de Séraphin Moundounga peut donc à juste titre être interprété comme une volonté de rupture, un schisme sans arrières-pensées dans le but de marquer son adhésion au XXIème siècle et à ses valeurs dont la Démocratie. Il a encore de beaux jours devant lui, ce qui le prédispose avec les autres jeunes de sa génération avec l’encadrement bien entendu des anciens, car comme le dit le proverbe « ce que l’enfant ne voit pas debout, le vieux le voit assis », à participer à l’œuvre de construction nationale.

En s’investissant dans une réflexion visant l’amélioration des conditions de vie du citoyen en épousant les canaux de la mondialisation avec tout ce qu’elle a d’insinuation. Moundounga bénéficie en cela du fait qu’il soit sylvestre au sens étymologique et noble du terme. S’il a quitté ses fonctions ministérielles et au sein du parti, Séraphin Moundounga ne fait pas dans l’ingratitude, bien au contraire vient-il nous rappeler que, comme il est dit dans la Bible « si ton bras gauche te gène, coupe-le ». Peut-être te sentirais-tu mieux ! Le PDG dont il dénonce d’ailleurs les divisions internes et la vieillesse des structures tant humaines qu’infrastructurelles, ne saurait, selon lui, continuer de s’accommoder d’un optimisme béat qui laisse pourtant de milliers de Gabonais en marge des artifices du développement au profit d’un minorité de profito- situationnistes, peut-être pas mieux nantis intellectuellement qu’eux, qui se la coulent douce, compromission aidant. Et si d’aucuns affirment qu’il fait comme le mouton de Panurge, étant considéré comme l’un des fils spirituels de Guy Nzouba Ndama, nous avançons qu’il y a dans leur esprit un peu d’obscurantisme mêlé à la mauvaise foi. Car, c’est méconnaître du coup l’indépendance d’esprit de l’ancien ministre de la Justice et son sens de la réciprocité que lui jusqu’aux amis d’enfance

.
En décidant d’adopter cette posture, l’enfant de la Douigny prouve aux yeux de tous ceux qui en doutaient encore qu’il fait preuve de dépassement et qu’il est comme beaucoup d’autres de ses aînés dont il tient à suivre les pas dans le sens où ils sont résolument tournés vers la réalisation d’un Gabon visant un seul idéal : la prospérité qui passe par l’égalité des citoyens devant la loi et les redistribution des richesses.


Dounguenzolou

Vos commentaires

  • Le 19 septembre à 08:34, par MURU TAB En réponse à : Edito : Le Pavé dans la mare de Séraphin Moundounga !

    @A Kouma Mvondo Serge/
    Tu ne sais rien de la réalité Gabon,regardes plutot chez toi ce qui se passe dans ton pays que je ne veux pas citer/ y a quelle democratie dans ton pays ? Ton compatriote denonce ton Président qui a envoyé ses soldats mercenaires au Gabon et c’est eux qui massacrent les enfants ,les femmes enceintes,les vieillards y a aussi d’autres mercenaires d’Afrique centrale et des Grands lacs qui exterminent le peuple Gabonais/PING est un Gabonais,un simple choix du Peuple ,il n’a rien avoir avec toutes les niaiseries que tu racontes,et meme si c’était ainsi ?

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  • Le 19 septembre à 08:10, par tche En réponse à : Edito : Le Pavé dans la mare de Séraphin Moundounga !

    @Mapangou Clotaire,
    Votre proposition n’a pas de sens ,entre les deux que vous citez y a un qui a gagné et un qui a perdu et qui ne veut pas partir, et c’est ce que la CC s’evertue de determiner ou de dissimuler/Une nouvelle election ? Alors là qui va financer, l’un avec les moyens de l’Etat et l’autre avec ses cptes bancaires fermés/Meme si c’etait à refaire,les Gabonais ne veulent plus des BONGO au pouvoir/

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  • Le 9 septembre à 12:51, par kouma mvondo serge En réponse à : Edito : Le Pavé dans la mare de Séraphin Moundounga !

    égaux personnels et surdimentionnés ne peuvent etre le salut pour votre noble ambition de réelle souveraineté car jean-ping n’a pas suporté le manque de soutient de la part de ali quant il s’est agi de sa reconduction au secretariat de l’ua et vient defier bongo aux présidentielles ce que je vous propose de laisser bongo achever son mandat seulement cherchez quelqu’un de neutre il y’a des intelligences dans votre pays je voie une tres grande jeunesse dynamique la-bas séparez-vous de tous noms ayant par le passé participés à l’histoire politique de votre pays pour des visages nouveaux ce n’est que par là que votre noble reve sera réalité

    • Le 19 septembre à 08:01, par lemons En réponse à : Edito : Le Pavé dans la mare de Séraphin Moundounga !

      Je constate que notre continent est gangrène par des pègres telles que vous. Le fait Ping n’est pas été choisi ou soutenu à votre petit Ali à sa réélection à l’UA vient faire sur un débat purement intellectuelle ? Vous demandez aux gabonais de laisser Ali terminer son mandat, de quel mandat faites-vous allusion ? Avez-vous un problème personnel avec Jean Ping le choix du peuple ? Et puis quand vous dites séparez-vous de toutes les personnes ayant eu une connotation avec le passé. Je vous demande de vous occuper des problèmes de votre pays, laissez les gabonais avec les leurs...

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  • Le 9 septembre à 17:20, par CAMARA JjOSEPH En réponse à : Edito : Le Pavé dans la mare de Séraphin Moundounga !

    Je suis Guinéen de Conakry

    Mr Séraphin est un homme digne, honnête qui a atteint la plénitude de son épanouissement intellectuel et physique voilà un cadre intègre dont l’Afrique a besoin pour se développer

    Merci Séraphin
    le Gabon appartient a tous les Gabonais

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  • Le 8 septembre à 19:37, par Aristide En réponse à : Edito : Le Pavé dans la mare de Séraphin Moundounga !

    Des gens tristes qui croient qu’ils seront blanchis et pourtant, qu’il sache que Bongo restera au pouvoir et lui risque de finir naturellement en exil. Malhonnête, Ils quittent le navire des les premiers vents.

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  • Le 8 septembre à 18:42, par Eyang En réponse à : Edito : Le Pavé dans la mare de Séraphin Moundounga !

    Tu es un trait c’est tout, tu es comme tout le reste c’est triste quoi...

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  • Le 7 septembre à 12:47, par lazarus paterus En réponse à : Edito : Le Pavé dans la marre de Séraphin Moundounga !

    IL FAUT COMPRENDRE QUE LES EPOQUES ET LES SITUATIONS NE SE RESSEMBLENT PAS .
    TOUTES LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES GABONAISES DEPUIS 90 SE SONT SOLDEES PAR L ECHEC ET LE COUP D ETAT ELECTORAL DU PDG :
    - 1993 LE GAGNANT FUT PAUL MBA ABESSOLO
    - 1998 LE GAGNANT --- PIERRE MAMBOUDOU
    - 2005 LE GAGNANT 2E FOIS PIERRE MAMBOUDOU
    - 2009 ANDRE MBA OBAME
    - 2016 JEAN PING
    ET CETTE FOIS CI CONTRAIREMENT AUX AUTRES ELECTIONS LE MONDE ENTIER CONDANNE ET CONFIRME LE VOL ET AVEC LES NOUVELES TECNOLOGIES TOUT LE MONDE A PU APERCEVOIR LA TRICHE,
    ALI FUT POMPEUR A L ECOLE, EX, SON DOCTORAT
    ALORS S IL VOUS PLAIT SOUVENEZ VOUS DE LA PUB DU GENOCIDE AU RWANDA
    FAITES COMME MOI DONNONS POUR LE RWANDA LA NOURRITURE, LES HABITS , LES CHAUSSURES...........
    FAITES COMME MOI DONNONS POUR PING L AMOUR , LES VRAIS RESULTATS , LA PAIX , LE POUVOIR QU IL A GAGNE.......

    • Le 8 septembre à 12:11, par Mapangou clotaire En réponse à : Edito : Le Pavé dans la marre de Séraphin Moundounga !

      Bonjour à tous

      je voudrais faire une proposition au peuple Gabonais. puisse que les deux candidats se réclame gagnant de l’élection présidentiel alors qu’on repartent à une nouvelle élection rien que pour les deux. avec tous les moyens de sécurité qui va avec

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