Edito : La sempiternelle question du bilan !

lundi 15 mai 2017 Speciales


A vrai dire, le dialogue national initié par Ali Bongo Ondimba ne devrait répondre qu’à une seule question : la gouvernance. Car c’est celle là autour de laquelle se greffent toutes les autres : éducation, santé, emploi, habitat, en un mot le « bien-être ». Plutôt que de s’attarder sur des causeries sans issue véritable sur le quotidien des Gabonais, bien qu’elles privilégient les « éminences » qui croient refaire le monde que Dieu a mis six jours à créer avant que de se reposer le septième. Le scénario tel qu’il se produit actuellement n’est pas fortuit. Il était prévisible !

Il est une règle immuable dans tout débat politique, c’est qu’il oppose souvent deux camps peut-être pas sur l’essentiel, mais sur la méthode. Lorsque l’on a en charge le destin d’un peuple, la moindre des choses, c’est de lui rendre compte des actes ou actions que l’on pose en sa faveur. Le reste n’est que divertissement. Quelqu’un affirmait que le peuple est comme une femme, il est toujours à la recherche de l’homme fort. Et cet homme fort ici, ce n’est pas, vous vous en doutez, celui qui sait bander ses muscles, c’est-à-dire user de violence pour chaque fois qu’il se sent en minorité imposer le silence et l’abandon, mais bien celui sur qui repose la confiance des populations sur la base d’une lecture froide, dépassionnée et objective de ses hauts faits d’armes.

Depuis qu’ils se réunissent au stade de l’Amitié de Libreville, les politiques semblent à certains moments s’éloigner du but consistant à exposer au grand jour les vrais mobiles de la rencontre afin de trouver solution aux problèmes qui minent aujourd’hui plus qu’hier le vivre ensemble des Gabonais, pourtant habitués à se côtoyer. Sinon, en si bon chemin, qu’est-ce qui expliquerait qu’à chaque instant, l’on en soit à épier l’autre ? Sous l’arbre à palabre dans notre Afrique ancienne, les sages se donnaient rendez-vous lorsqu’ils avaient constaté que quelque chose était susceptible de nuire à l’équilibre social. Devant tous, celui qui convoquait la réunion pour en débattre exposait clairement le problème et des discussions franches et ouvertes étaient engagées dans le but d’éradiquer le mal.

Qu’est-ce qui fait que de nos jours et alors que l’on sait pour l’avoir parfois provoqué soi-même, d’où vient le problème, on en soit à tergiverser quand, avec les autres, l’on ne nous demande que de lui apporter des solutions pérennes ? Quand un projet n’a pas été exécuté, on passe à un autre, sauf quand celui-ci tient réellement les populations à cœur. Encore faut-il d’abord se demander sans complaisance qu’est-ce qui est à l’origine de l’échec. Or, tel ne semble pas être ce qui le plus mobilise la classe politique qui se dit pourtant apte et décidée à gérer le pays. D’aucuns, nous craignons qu’ils ne soient les plus nombreux, s’attachant toujours à des affaires de prébendes. Créant une cacophonie et dispersant volontairement parfois les énergies venues sans nul doute tenter de sauver ce qui peut encore l’être.

Au Cameroun voisin, la question du bilinguisme et du multiculturalisme est clairement posée aujourd’hui avec la mise en place par le président Paul Biya d’une Commission ad-hoc présidée par Peter Mafany Musongue. Au Congo Brazzaville, un juriste Anatole Collinet Makosso a réfléchi sur les moyens de doter le pays d’une Constitution qui tienne compte non seulement de l’héritage colonial avec les trois pouvoirs classiques que sont l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, mais aussi des us et coutumes des peuples partageant cet espace territorial, en songeant à y intégrer le pouvoir moral incontournable à ses yeux dans la gestion de nos Etats. Pourquoi ne pas se servir de tels exemples pour renforcer la dynamique unitaire et éviter des crises à répétition ?


Dounguenzolou

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