Edito : La Redevance audiovisuelle et cinématographique boudée !

lundi 15 janvier 2018 Speciales


Au même titre que le nouveau code de la communication gabonais, la redevance audiovisuelle fait jaser. A entendre de nombreux citoyens, celle-ci ne serait pas la bienvenue en dépit de toutes les explications qui leur sont apportées pour faciliter la compréhension du message et les pousser à adhérer aux thèses gouvernementales. Le gouvernement qui a pris la décision de faire payer aux clients dont ceux de Canal+ Gabon une somme d’argent, certes jugée modique par certains, mais qui pour bon nombre souffre de son caractère arbitraire et menace, quoi qu’il en soit, le portefeuille déjà dégarni par ces temps de crise.

C’est vrai, les Gabonais accrocs au nouveau, se sont presque tous aujourd’hui dotés d’une antenne Canal+ dans le but de multiplier les avantages qu’offre la connexion satellitaire et aller au-delà des frontières nationales, tant ils sont plus que convaincus que les télévisions publiques nationales pêchent dans l’offre. C’est-à-dire que nombreux sont les citoyens gabonais qui zappent et préfèrent donc les chaînes étrangères, y compris africaines, pour fuir la monotonie et l’amateurisme dans un contexte plus que jamais marqué par la concurrence et une demande de plus en plus exigeante.

Est-on sûr en l’absence de statistiques sur la question, alors, allions-nous avancer, qu’aucune étude n’est réalisée pour confirmer ou infirmer, que les chaînes publiques gabonaises vers lesquelles ira l’argent recueilli auprès des consommateurs des produits Canal+, sont très suivies par les temps qui courent et sont susceptibles d’intéresser les publics au point que ceux-ci acceptent volontiers de se soumettre au paiement d’une telle redevance ? En tout cas, la question, presque tout Libreville se la pose, même si ici l’on a coutume de prendre des décisions même impopulaires sur le dos du contribuable.

Ce propos devait à lui seul constituer une boussole qui devrait permettre aux autorités d’évaluer le degré de responsabilité de l’État dans la gestion chaotique des médias publics, radios et télévisions nationales, souffrant d’une véritable faiblesse au niveau de leurs programmes et de la main mise, sans cesse grandissante, du politique dans la confection de ceux-ci, dire que le journaliste, pour ne citer que ce cas intéressant plus d’un, devrait pour bien s’acquitter de ses devoirs, faire montre d’indépendance, de responsabilité et d’impartialité.

Est-on à l’heure qu’il est convaincu qu’il en est ainsi ? Chez les Occidentaux, les petits plats avaient été mis dans les grands lorsqu’il s’était agi de passer à l’application de la redevance audiovisuelle, tout commençant dans l’ère de la 5ème République et l’avènement des socialistes au pouvoir dans le début des années 80, par la libéralisation dans les faits, nous disons bien dans les faits, de l’univers audiovisuel qui a été suivi d’une offre de qualité suscitée par la concurrence et l’envie de se placer au-dessus de l’autre, ce qui est tout à fait naturel.
Était-il temps ?

Il appartient aux pouvoirs publics, si jamais ils veulent démontrer qu’ils sont attachés réellement aux principes démocratiques, de répondre à la question qui nous parait opportune. Eu égard à l’accueil que lui réserve les abonnés Canal+ que nous prenons soin d’écouter ci et là pour analyser, décrypter et pourquoi pas compatir à leur douleur. Oui leur douleur si, comme l’affirment les Ouest- Africains dans un de leurs proverbes, « on ne peut pas forcer un âne à boire ».

Tout se passe comme si la volonté des autorités est d’abord celle de faire fonctionner à tout prix les médias publics, de moins en moins suivis du fait de la mauvaise qualité de leurs programmes, avec l’argent du contribuable, avant que d’ensuite se préoccuper, ce qui semble être le cadet de leurs soucis, de la satisfaction de ce dernier et donc en filigrane de son avis au sujet de l’imposition de la redevance.
Mais bien au-delà, le citoyen en particulier, le consommateur des produits Canal+ en général, se demande si l’argent ainsi collecté ira bien aux chaînes qui en ont réellement besoin ou sera investi à d’autres préoccupations n’ayant rien à avoir avec celles des médias audiovisuels que l’on présente comme paravent aujourd’hui pour sans doute susciter l’engouement autour de ce projet.

Car pour eux, ladite redevance doit nécessairement aller de pair avec la bonne gouvernance, car, disent-ils, l’on sait qu’est-ce qui est fait de l’argent public, sans quoi l’opération « Mamba » n’aurait pas vu le jour. Faut- il balayer du revers de la main ses affirmations qui se multiplient quel que soit le lieu dans nos villes aujourd’hui ? Ou faut-il écouter ceux qui les émettent si l’on est convaincu qu’ils ont en partie pour ne pas dire totalement raison ? Mais à quoi servirait- il dès lors que l’on sait la décision déjà appliquée ?

La preuve, nous nous sommes nous-mêmes déjà rendus aux services de Canal+ nous acquitter du paiement de notre abonnement mensuel et sommes plus que jamais convaincus que les 500 francs CFA que l’on ajoute aux 20.000 francs d’abonnement, pour ceux qui payent leur abonnement à ce prix, est désormais appliqué. Il devrait rester aux autorités, « gouverner étant prévoir », de faire preuve de bonne gouvernance et de contrôle dans la gestion des deniers issus du paiement de la redevance par des populations qui, disons-le, semblent aujourd’hui plus qu’hier, tirer le diable par la queue.


Dounguenzolou

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