Edito : La police et ses ripoux !

mardi 27 juin 2017 Speciales


Jusqu’à vendredi dernier les forces de police nationales gabonaises ont invité les citoyens à venir avec elles, vivre des moments inoubliables, tant il s’agissait des « Journées portes ouvertes » au cours desquelles leur action devait être présentée au grand public. Des satisfaits comme toujours, mais aussi des insatisfaits qui, comme ils le font avec les politiques, réclament de ceux qui ont en charge le destin des populations, de se montrer plus exemplaires pour enfin les convaincre !

La parade, le peuple gabonais y est habitué depuis des lustres, lui, qui ne demande que le minimum pour espérer vivre dans la quiétude dans une cité, notamment Libreville, qui ne cesse de gagner en insécurité. C’est pourquoi, il : ce peuple, pense même en silence qu’il faut aller bien au-delà des simples représentations et démonstrations pour enfin s’attaquer dans nos villes à ce qui fait d’elles des « mouroirs » dans toutes les acceptions du terme par les temps qui courent. Parler en effet d’insécurité aujourd’hui ne surprend plus personne puisque des actes parfois isolés se sont produits jusque dans les domiciles de paisibles citoyens sans que la police, corps urbain nous apprend-on, n’ait eu à intervenir, malgré le fait qu’elle ait été avertie à temps.

Et pourtant, c’est là qu’on l’attend. Que dire de cette attitude de ces agents postés à un carrefour ou un grand axe routier qui ne daignent pas intervenir alors qu’ils sont sollicités par la communauté qui voit s’évanouir devant elle dans la nature un malfrat auteur d’un acte ignoble ? Autre pan de leur action et non des moindres, le contrôle routier. Là encore, de nombreux griefs sont faits aux policiers qui excellent dans le racket. Stoppant à tout bout de champ des automobilistes parfois munis de pièces afférentes à la conduite et leur demandant de « saluer le képi ». D’aucuns qui ont consciemment ou inconsciemment voulu tenter de se défendre devant un public dépité décriant ces agissements sont même allés jusqu’à lâcher qu’ils sont instruits par la hiérarchie de le faire sous peine de sanctions disciplinaires.

Et nous de nous demander que viennent-elles faire ici lesdites sanctions ? Pendant la période d’avant la Coupe d’Afrique des Nations, Can, les contrôles avaient gagné en intensité, ils se multipliaient sur tous les axes routiers, y compris sur la nationale 1 où un agent fut surpris en train d’avancer qu’ordre leur était donné par les plus hautes autorités de faire entrer assez d’argent dans les caisses de l’Etat en pratiquant le racket pour faire face le moment venu à certaines dépenses parmi lesquelles les imprévues. Point n’est besoin de nous étendre pour nous convaincre que la police gabonaise a réellement du chemin à parcourir si elle tient au respect des populations qui ne lui accordent que très peu de crédit par les temps qui courent, c’est ce qui se dit ci et là, au vu de son empressement à banaliser ses missions ou carrément à les outrepasser.

C’est pourquoi l’on a pu lire sur certains visages à l’ancienne Ecole secondaire des cadets de la police, Escap, comme un goût d’inachevé et une désolation que l’on dissimulait, circonstance obligeait. A l’idée de penser que tout ce qui nous a été présenté ou raconté fera long feu et aura bien du mal à être traduit dans les actes par des hommes et femmes aux comportements liberticides. Peut-être doit-on se plaindre également des conditions dans lesquelles s’opèrent les recrutements et de la moralité des supérieurs, toutes choses qui justifient sans nul doute l’entêtement des hommes de troupe à persister dans le mal. Organiser des « journées portes ouvertes », c’est bien, mais mettre en pratique tout ce qui se dit et se vit pendant ces journées serait mieux !


Dounguenzolou

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