Edito : La parole ne suffit plus !

lundi 10 avril 2017 Speciales


Depuis plus de cinquante ans que le Gabon a accédé à la souveraineté internationale, le pays, malgré des changements à la tête de l’Etat, Léon Mba, Omar Bongo Ondimba puis Ali Bongo Ondimba aujourd’hui, vit au rythme de la paix. Une paix dont les faiseurs ne devraient pas être les seuls politiques, car les populations elles-mêmes ont toujours cultivé le vivre-ensemble qu’elles n’apprennent donc pas maintenant ou sous la dictée des gouvernants. Par contre, elles, les populations, ont été de tout temps abreuvées de promesses qui sont restées pour la plupart lettre morte.

Tel a été le cas de la Conférence nationale, même s’il faut reconnaître que grâce à elle, sont nées des institutions constituées, qui ont du mal à jouer leur partition tel que prévu dans une société démocratique. Tel a également été le cas des accords de Paris et d’Arambo. Et déjà, des soupçons sont émis au sujet des conclusions du dialogue national initié par Ali Bongo Ondimba, dialogue qui se tient actuellement à Libreville sans la participation de l’opposition sociologique. D’où d’aucuns se demandent de quoi la grand-messe va accoucher et si ses recommandations seront exécutoires.

Vu que de nombreux textes et décisions, états généraux de l’Education et de la communication par exemple sont allés juste après les discussions sur ces questions oh combien sensibles, mourir dans les tiroirs des bureaux des administrations gabonaises en charge de ces questions. Or, l’on sait tous que la force des textes et autres décisions réside dans leur applicabilité. Non pas que le Gabon fasse exception en la matière, mais ce qu’il lui est demandé, c’est de suivre le mouvement historique, la roue de l’histoire comme l’aurait qualifié l’égyptologue sénégalais Cheick Anta Diop. La remarque, le hiatus, nait de l’élaboration de textes irréprochables et d’une insuffisance dans leur application ou carrément de leur non- application par les autorités qui en ont la charge.

Volonté n’est pas travail !

Tout ceci pour dire qu’autant il est bien d’afficher la volonté d’aller, comme il se dit ci et là de l’avant, autant il est plus qu’utile d’afficher un certain pragmatisme. Car à quoi sert-il de tout le temps annoncer et promettre, alors que l’on se sait incapable ou empêché d’avancer dans le sens promis ? C’est qu’il y a un fossé entre les déclarations d’intention et les actes posés qui font plus que tout autre chose se développer un pays. Les problèmes du Gabon sont connus de tous pour avoir fait depuis plusieurs décennies l’objet d’études et d’échanges au plus haut niveau, pour qu’on éprouve encore des difficultés à y apporter des solutions.

La crise que traverse le pays à cause de la mévente du pétrole ne suffirait pas pour expliquer l’attitude des gouvernants qui, maintes fois, n’ont pas donné l’impression de s’appliquer dans la gestion des deniers publics, sinon comment expliquer les ravages causés par l’opération « Mamba » ? Fallait- il dialoguer pour réfléchir aux moyens de dissiper ladite crise ? Ou fallait- il que les dirigeants se mettent autour d’une table aux fins de recenser à nouveau les maux vécus par le pays, les diagnostiquer pour intimer l’ordre à tout un chacun de travailler non pas dans le sens de sa satisfaction personnelle, mais dans celle du Gabon qui, semble-t-il, leur a tout donné et n’attend plus d’eux qu’ils le lui rendent ? Et si au sortir du dialogue national, rien n’était concrètement fait en rapport avec les recommandations qu’il aura accouchées ? N’aurait- on pas l’impression d’avoir une fois encore tourné autour du pot ? Et d’avoir perdu de l’argent et du temps, alors qu’il nous fallait être efficace face à une crise multiforme et multisectorielle qui menace d’être longue et de plonger le pays dans l’abîme ?


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs