Edito : La main sur le cœur ?

mardi 30 mai 2017 Speciales


Il n’est pas surprenant que vous entendiez des Gabonais, même après avoir pris connaissance des résolutions du récent dialogue national, s’interroger sur la crédibilité qu’il faut non pas accorder à ses actes, mais sur la volonté. Pierre-Claver Maganga Moussavou a interpellé le président de la République Ali Bongo Ondimba sur la question, des participants à la grand-messe d’être désormais à cheval sur les principes. Et pourtant, ce n’est pas la solennité qui a manqué au geste posé par ces politiques de la majorité et de l’opposition.

Ali Bongo Ondimba, lui-même, a fièrement qualifié, en souvenir des précédents, les Accords auxquels sont parvenus ces quelques représentants de la classe politique, d’’’Accords d’Angondjé’’. Ce qui veut dire que ceux-ci l’ont dans l’ensemble satisfait, même si le contraire aurait relevé de la pure et simple fantaisie. Mais, lorsque l’on manifeste sa satisfaction, l’on semble oublier que le texte concocté n’a pas ou ne sera pas soumis à référendum, ce qui lui aurait donné un cachet légitime, celui que recherchent les nations démocratiques du monde, avant que de se lancer dans une mutation socio-politico-historique. C’est ce qui nous amène à nous poser la question de savoir qu’adviendra-t-il de la position du peuple, si les Accords d’Angondjé, tout comme avant eux les actes de la Conférence nationale, les Accords de Paris et d’Arambo, ressemblaient à la montagne qui accouche d’une souris ?

Car, le problème central qui a conduit Ali Bongo Ondimba et Jean Ping, chacun de son côté, à organiser un dialogue national, c’est bien celui de la résolution de la crise postélectorale qui plombe l’économie et la vie sociale au Gabon depuis l’année dernière. Ce qui, de notre point de vue, devait d’abord être une affaire consensuelle autour de la véritable pomme de discorde, avant que d’être une foire à idées sur le « toilettage », un de plus, de nos textes. Qui ont été maintes fois retouchés sans que la contestation populaire découlant de leur mauvaise application ou leur non-application n’ait connu d’apaisement, du moins depuis 1990, année à laquelle les Gabonais, à la faveur du vent de l’Est, adoptèrent le multipartisme et la démocratie comme valeurs fondamentales de la vie et de la gestion de la cité.

Or, il s’avère que jusqu’aujourd’hui, et ce même si les gouvernants, à leur décharge peut-être, soutiennent que toute œuvre humaine est imparfaite et donc perfectible, de grandes vagues n’ont pas ébranlé certaines habitudes liées à la mentalité, à l’inertie et à d’autres pesanteurs locales. Ce pourquoi par exemple, des manifestations récurrentes sont observées ci et là dans le pays, histoire pour les citoyens d’attirer l’attention de la classe politique en général, du camp au pouvoir en particulier, sur le fait qu’il n’est pas bon, voire qu’il est même très risqué de tout le temps fouler au pied les engagements, même solennellement pris devant le peuple. D’où la question qui revient souvent : « quand vont-ils comprendre qu’ils gagneraient énormément en notoriété s’ils se mettaient en phase avec les exigences de leur époque ? ».

En d’autres termes, il serait toujours nuisible pour eux de ramer à contre-courant de l’histoire qui décrit aujourd’hui un mouvement généralisé du fait de la mondialisation, aucune nation n’ayant la possibilité de vivre en vase clos et les règles et normes s’appliquant à toutes les sociétés. On avait cru comprendre que la sortie de crise était ce qui le plus motivait les participants au dialogue national d’Angondjé, peuvent-ils un seul instant se satisfaire d’avoir vu des milliards d’un pays au bord de la banqueroute voler en fumée pour satisfaire des appétits égoïstes, si c’est pour que les suggestions sortant de la grand’messe soient appelées à dormir dans les tiroirs feutrés ? Dire que les mouvements sociaux qui gagnent en intensité sont susceptibles de compromettre le fragile équilibre social du moment. Des dispositions telle celle relevant de la nomination du président de la Cour constitutionnelle par le président de la République, celle de la composition de la future commission électorale, celle relative à la gestion des opérations électorales, souffraient, elles, d’une ambigüité pour que l’on s’attardât à nouveau la- dessus, alors que tout le monde sait, pour ne pas le décrier, ce qui cloche à ce niveau.

Au-delà de tout ce qui peut se susurrer, la recherche de l’équilibre et du bien-être social sont les deux éléments qui, pensons-nous, devraient plus que d’autres préoccuper les politiques car la gouvernance, c’est ce qui crée l’harmonie au sein de la société et que le respect des principes démocratiques au sens voulu par Abraham Lincoln, est le ferment de la solidarité nationale qui passe inéluctablement par la prise en compte maximale des engagements pris face aux populations.


Douguenzolou

Vos commentaires

  • Le 30 mai à 10:00, par pulcherie En réponse à : Edito : La main sur le cœur ?

    ça ne fait que commencer…

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  • Le 30 mai à 10:13, par axelle En réponse à : Edito : La main sur le cœur ?

    Du n’importe quoi. Avant d’aller à votre dialogue sans ombre, vous ne vous êtes concertés pour retenir ensemble et d’un commun accord ce que vous devriez dire.

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  • Le 30 mai à 10:21, par prudence En réponse à : Edito : La main sur le cœur ?

    des guignols profesionnels, toute une vie de guignolitude, quelle honte !

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  • Le 30 mai à 10:27, par jolie En réponse à : Edito : La main sur le cœur ?

    chacun de son côté, à organiser un dialogue national, c’est bien celui de la résolution de la crise postélectorale qui plombe l’économie et la vie sociale au Gabon depuis l’année dernière.

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  • Le 30 mai à 10:35, par ada En réponse à : Edito : La main sur le cœur ?

    UN FAUSSAIRE RESTE UN FAUSSAIRE.

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  • Le 30 mai à 10:50, par angue En réponse à : Edito : La main sur le cœur ?

    Desole Ali, vous n’etes pas du tout credible.

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  • Le 30 mai à 11:05, par eyang En réponse à : Edito : La main sur le cœur ?

    Ali Bongo est entrain de travailler, laisser leu avancer tranquillement, Il ne veut pas les débats tabous...

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  • Le 30 mai à 11:20, par mengue En réponse à : Edito : La main sur le cœur ?

    Le changement du Gabon sera visible pour tous lorsque chacun changera de mentalité et arrêtera de se baser sur des details peu bénéfique pour lui…

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  • Le 30 mai à 11:26, par Ibrahim En réponse à : Edito : La main sur le cœur ?

    Réné Ndemezo,Bruno Ben Moubamba,Mike Jocktane et les autres traites de la republique ont été que des simples figurants.

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  • Le 30 mai à 11:31, par kathia En réponse à : Edito : La main sur le cœur ?

    c’est une lourde responsabilité pour les acteurs de ce dialogue !!!

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  • Le 30 mai à 11:38, par ines En réponse à : Edito : La main sur le cœur ?

    Voila le resultat de la fete des sorciers. Les accords de Paris….les accords d’Arambo….les accords entre Ali et Magamod.

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  • Le 30 mai à 11:54, par junior En réponse à : Edito : La main sur le cœur ?

    Vraiment le banditisme politique au Gabon va tous nous tuer......

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  • Le 31 mai à 14:01, par poches vide En réponse à : Edito : La main sur le cœur ?

    Nous allons passer du temps à spéculer sur des choses que nous connaissons tous depuis toujours. Le Gabon est dans cette phase tout simplement parce que (il serait grand temps de le comprendre et enfin le reconnaître) nos opposants qui vont dans ce genre de messes en lieu et place de la population (sans l’approbation de celle-ci) prennent des décisions qui engagent la vie de chacun d’entre nous sans penser aux conséquences et aux lendemains. Pour une opposition forte, il faut un peuple fort, il faut déjà commencer à régler les comptes à ceux-là qui nous enfoncent d’avantage en prenant des décisions draconiennes et déterminées vis-à-vis d’eux. Si l’un d’entre eux est touché physiquement de quelques manières que se soit, je crois qu’il s’aligneront désormais. Cela semble extrémiste, je le comprends mais, engager un peuple sans son consentement dans le chaos, qu’est-ce que c’est ? Quel est le Gabonais qui a droit de vie ou de mort sur un autre dans ce pays ? Les morts et disparus de la crise post-électorale sont des chiens ?. Ali Bongo n’est pas le véritable problème de notre pays, ceux qui ferment les yeux aux malheurs de la population en pactisant avec le Diable dans le seul but de vivre avec leurs familles dans l’opulence au détriment des autres Gabonais, perpétuent la déchéance et le chaos dans ce pays. Ils doivent payer pour ça, il le faut. Les décisions prises à notre place, font de nous des sujets à perpétuité..

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