Edito : L’Afrique qu’est-elle ?

lundi 27 août 2018 Speciales


Cet ensemble d’États pourtant hétérogènes puisqu’ils sont cinquante quatre à avoir connu différentes colonisations, française, anglaise, allemande, lusophone, arabe, espagnole, a souvent ou est encore toujours présentée comme un espace monolithique qui donne à voir le continent comme un amas de territoires aux us et coutumes identiques. Qu’à cela ne tienne, doit- on à partir du moment où les problèmes qui se posent du nord au sud d’est en ouest sont pratiquement les mêmes, se limiter à penser que l’Afrique n’a rien à apporter au monde et qu’elle n’est pas capable de se prendre en charge pour qu’elle soit toujours à la remorque des autres continents de la planète ?

Voici une problématique qui demande avec le sérieux que cela impose, surtout alors que nous baignons dans l’ère de la communication avec son principal corollaire qu’est la mondialisation, d’être visitée si l’on tient à traduire les paroles tenues en actes et donc conduire les différents pays du continent sur la voie du développement.

En effet, comment admettre qu’alors qu’ils sont pour l’écrasante majorité indépendants depuis 1960, les États africains à l’instar de ceux du sud- est asiatique au même niveau de développement qu’eux à la même période, en soient encore à s’interroger sur le schéma qui devrait leur aller pour oser mettre en pratique leur propre modèle et s’imposer au monde comme un exemple vivant capable d’inspirer les autres ? Se murant dans un système de politique politicienne dont l’objectif est assurément de ne nourrir que le plus petit nombre au détriment de la majorité « silencieuse » souvent composée de personnes qui, pour n’avoir pas voix au chapitre, meurent ou vieillissent sans avoir eu l’occasion d’apporter le quart de leur connaissance, de leur génie ou de leur pratique au continent qui a pourtant consenti d’énormes efforts pour les façonner. Résultat de cet usage : la marque à travers laquelle on continue de la stigmatiser ! Continent de la pauvreté, de la malnutrition, de la famine, des coups d’État, des révolutions populaires, de la parlotte, des promesses non tenues, de la paresse, de la désinvolture, de la dictature, des élections truquées, du sous- développement en un mot. Ce, devant des femmes et hommes qui disent avoir été investis par les populations qui leur en demandent tout à fait logiquement sans qu’elles ne reçoivent d’eux ce qui leur a souvent été promis. Feignant d’ignorer la misère du peuple quoique provoquée ou pratiquant ce que les spécialistes de la stratégie de la communication qualifie en période de crise de projet latéral, en faisant porter sur autrui l’origine des malheurs connus par leur pays. Il est bien entendu démontré que dans le retard qu’accuse le continent, les anciennes puissances colonisatrices ont leur part de responsabilité, mais faut- il pour cela leur faire porter à tout moment le chapeau quand on sait que de nombreux hommes ayant été aux affaires se sont bâtis des fortunes placés à l’extérieur dans des paradis fiscaux de préférence avec l’argent du contribuable pour ne pas dire avec l’argent public ? Sinon quelle explication donner aux opérations « Épervier » initiée au Cameroun par le président Paul Biya et « Mamba » de son homologue gabonais Ali Bongo Ondimba à titre d’exemple ? Même des projets financés avec le concours des institutions internationales, Banque mondiale, BM, Union européenne, UE, Banque africaine pour le développement, BAD, Banque islamique du développement, BID, pour ne citer que ces quelques pourvoyeurs de devises, projets dont l’exécution est dit- on passée au crible d’ une vérification de tous les instants, finissent par subir des détournements.

Mentalité, le principal fossoyeur !

Tous ces actes relevés ci- dessus sont du fait de l’homme qui volontairement ou par incompétence, peine à s’assumer là où il est plus que jamais attendu par la communauté. Vu que les décideurs usant de bon nombre de collusions attribuent très facilement à des personnalités sur lesquelles ils ont de l’ascendant la responsabilité de conduire un certain nombre de missions publiques à dessein. Et la question que l’on se pose est celle de savoir qu’est- ce qui se cache derrière ces pratiques. Tout cela alors que l’Afrique, celle d’aujourd’hui, regorge, à moins que l’on nous prouve le contraire, d’intellectuels de renom cités à travers le monde au sens où ces derniers sont réputés pour travailler à la satisfaction de la cause commune contrairement à la plupart de femmes et hommes qui font office de responsables politiques.

Dans les universités par exemple, de nombreux chercheurs apportent la preuve de leur qualification dans n’importe quelle science, il en va de même pour le monde des affaires où l’on distingue ceux qui ont le doigté des médiocres comme cela se fait sur les autres continents, à la seule différence que lorsque ces derniers cités sont pris au sérieux sous d’autres cieux, ils sont quantité négligeable « chez nous », ceci ayant pour principale conséquence de priver le grand nombre des bienfaits du développement et par ricochet le pays tout entier de la sève qui devait le nourrir. La course à l’enrichissement illicite est devenue une émulation. Plutôt que d’adopter le comportement de l’agriculteur bamiléké du Cameroun qui sue sang et eau pour semer son « macabo », le récolter et le mettre à la disposition des consommateurs de la sous- région d’Afrique centrale en dehors de le proposer à ses frères et sœurs Camerounais, « l’autre type d’Africain » trouvera la parade de se faire nommer dans un cabinet politique avec une facilité légendaire défiant au besoin toute logique pour paître à la manière d’une bête domestique dans les verts et luxuriants pâturages des salles climatisées des innombrables ministères de son pays. Oubliant qu’il constitue de facto un frein à l’évolution de celui- ci et de son concitoyen par voie de conséquence.

La présence en politique est si souvent conditionnée à l’appartenance à des obédiences qui vous prédisposent à des pratiques peu reluisantes, allant du détournement des deniers publics aux « crimes rituels », expression très usitée au sud du Sahara pour expliquer ces assassinats commis par des personnes avides de pouvoir sur des innocents qui ne demandent qu’à vivre leur sort de pestiférés et qui se traduisent par le fait de prélever des organes humains ou/ et du sang sur les victimes pour jouir d’une influence sécurisante sur les populations que l’on peut désormais soumettre à sa guise et se servir impunément des recettes publiques comme on le ferait des siennes propres. « Les mêmes causes produisant les mêmes effets », le continent paie le lourd tribut de ces comportements d’un autre âge qui le soumettent à une critique exacerbée, dire qu’il est un principe qui veut qu’il soit à nous de dire aux autres qui nous sommes au lieu que ce soit eux qui disent qui nous sommes.


Dounguenzolou

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