Edito : « HAUTE TRAHISON » CONSOMMÉE ?

lundi 9 décembre 2019 Speciales


Imaginons, puisque c’est l’Hexagone qui semble être notre référence la meilleure, Emmanuel Macron malade et son Directeur de cabinet accompagné d’Édouard Philippe, le Premier ministre français, en train d’effectuer une « tournée républicaine » à travers la France où il est reçu avec les honneurs dus au chef de l’État par les autorités civiles et militaires. Simple ignorance des règles sacrées de bienséance et des prérogatives reconnues à chaque haut responsable de la République ou volonté manifeste de traduire dans les actes ce qu’elles caressent, même si elles le faisaient jusqu’ici, l’hypocrisie étant, semble- t- il, un vice à la mode, de manière diffuse ?

Ceux qui ont eu le privilège de voir le film présentant François Mitterrand en train de laisser assis sur son fauteuil son Premier ministre de l’époque Édouard Balladur et inviter pour un échange circonstanciel Jacques Chirac dont il savait pourtant les velléités nonobstant son appartenance politique, ont dû se demander quelle était la raison de ce qu’il convient de désigner par l’expression « revirement politique inattendu de dernière minute ».
Il se susurre dans les milieux avertis que celui que le président socialiste appelait « mon bulldozer » avait bénéficié d’un heureux concours de circonstance, Édouard Balladur étant, comme qui dirait, frappé de disgrâce après qu’il eut osé dévoiler sans prendre des gants et sans qu’il n’en soit officiellement autorisé par son supérieur des détails sur l’état de santé de ce dernier qui souffrait d’un cancer, certainement dans le but davantage l’affaiblir psychologiquement et le contraindre, eu égard à son état, à précipiter la désignation d’un dauphin qu’il croyait être lui au vu de ses ambitions présidentielles et de son rapprochement politique avec le chef d’État sortant.

Malheureusement pour lui, ce fut le contraire, l’un des deux très influents conseillers en communication de Mitterrand ayant même « reçu la consigne » d’aller aider la fille de Chirac, elle aussi conseillère en communication de son futur candidat de père, dans la gestion de sa campagne fructueuse puisqu’il finit par être porté à l’Élysée à la très grande déception de Balladur.

Au Gabon, Ali Bongo Ondimba médite-t-il sur l’attitude de Brice Laccruche Alihanga, son ancien Directeur de cabinet également patron de l’Association des jeunes émergents volontaires (AJEV)et de Julien Nkoghe Bekalé, le Premier ministre, président d’honneur de ladite association, qui ont côte à côte invité le gotha politique gabonais à venir accueillir le « messager » du président de la République alors qu’il sillonnait récemment le pays, porteur d’on ne sait trop quel message quand on sait que ni le contexte, ni l’argument ne se prêtaient à ce genre d’exercice ressemblant plus à une campagne pour la présidentielle ?

Pourquoi alors pendant plusieurs semaines avoir mobilisé l’ensemble de la classe politique selon l’appartenance provinciale de chacune de ses entités, une classe politique qui a donné avec stupéfaction l’air d’avoir été tétanisée comme si elle faisait entièrement confiance au « pèlerin vagabond », dire que le chef de l’État, lui- même, est toujours en vie et reprend des formes après l’accident vasculo- cérébral (AVC) qui l’a longtemps éloigné de la chose publique.

Quels étaient les mobiles de la tournée républicaine de BLA ?

Comment admettre que des personnalités parmi lesquelles celles ayant depuis des lustres servi la République et étant donc logiquement au fait des réalités politico- administratives se soient volontiers prêtées à ce jeu du reste périlleux et risqué à travers lequel elles apparaissaient transparentes du fait qu’il y avait en lecture leurs basses ambitions en dehors de leurs calculs politiciens ?

Certains de nos compatriotes y ont vu une forme d’infidélité, de lâcheté et d’insoumission à celui devant qui elles ont prêté serment pour quelques unes et promis pour d’autres de faire allégeance, à moins que cela fût ironique, pour la vie. Un peu trop facile non une telle attitude surtout lorsqu’on la sait lourde de conséquences, même si sur le coup, il était pour d’aucuns difficile de l’imaginer tant l’on est frappé de naïveté, quoique momentanée, dans un monde essentiellement guidé par les intérêts.

Nous sommes intéressés par le sort qui devrait être celui de toutes ces personnes qui ont cautionné une telle forfaiture au point de substituer les pouvoirs du Directeur de cabinet du président de la République à ceux de ce dernier qui, devons- nous rappeler, a été élu et attend que son mandat s’achève pour, à sa seule discrétion, étudier la question de sa représentation ou non à la prochaine élection présidentielle prévue en 2023.

En attendant, l’on se demande quelle réaction sera la sienne devant ce qui vient de se produire surtout lorsque son ambitieux ex- Directeur de cabinet est impliqué dans l’affaire de détournement qui défraie la chronique et dont l’épilogue n’est pas encore connu. Pour l’instant, le constat est qu’il s’est passé quelque chose dans cette République certes « bananière », mais qui, de l’avis de ses politiques, fait un « effort surhumain » de s’arrimer aux nouveaux canaux en matière de gestion de la cité pour reprendre une formule chère à Aristote. A moins que ce ne soit qu’une opération « tape- à- l’œil » comme le prétendent de nombreux Gabonais, « Scorpion » devrait s’étaler, telle une pieuvre, sur différents pans des activités de ceux qu’elle vise pour nous livrer de façon rétroactive, peu importe, les mobiles d’une tournée républicaine aux allures d’un début de règne dissimulé dans l’incapacité du président de la République de, lui- même, aller au contact de ceux qui l’ont élu.


Dounguenzolou

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