Edito : Gouvernement familial ou de la République ?

lundi 28 août 2017 Speciales


Les Gabonais ont pris l’habitude de s’entendre dire, comme cela l’a encore été pendant le jeu de chaises musicales de la semaine dernière, qu’ils sont gérés par un gouvernement dit de la République. Cela n’offusque pas, loin s’en faut, puisque l’on sait les missions du gouvernement claires qui sont celles de satisfaire au mieux les populations de plus en plus demandeuses. D’ailleurs, Ali Bongo Ondimba, lui-même, n’a-t-il eu de cesse de nous rappeler qu’il ne sera heureux que lorsque les Gabonais le seront. Ce ne sont pas des rumeurs qui nous font écrire cet article, mais plutôt des critiques émises par plus d’un et qui vont dans le sens de l’opinion si l’on tient compte du fait que celle-ci relève dans notre pays de milieux les plus populaires, mais si en termes de prise de décisions, ils sont relégués, et cela peut se comprendre, au second rang.

Pas une surprise pour certains participants au dialogue national d’Angondjé, d’entendre leurs noms ou ceux des personnes prédestinées lors de la livraison du gouvernement Issoze-Ngondet II. Mais une déception, peut-on dire, pour tous ceux qui, quoiqu’au bénéfice du doute, avaient prédit que les choses iraient dans le sens souhaité par le grand nombre, à savoir : le respect des principes républicains et démocratiques qui veulent et imposent d’ailleurs que, comme l’on souligné dernièrement nos ancêtres les Gaulois, qu’il n’y ait plus d’emplois sur la base de relations familiales. Or, ce qui se disait sous cap s’est révélé, dans la mesure où l’on a finalement la certitude que ceux qui sont allés au dialogue national inclusif et sans tabous sont ceux avec qui le pouvoir a conclu des « pactes » reposant sur la partage des postes et du « fric » au détriment des intérêts de la communauté qu’ils sont pourtant sensés servir, eu égard au fait qu’ils disent, tous, parler en son nom.

Nous avons entendu dire avec insistance concernant certains membres du nouveau gouvernement qu’ils sont le fruit d’un arrangement, fut-il entre le pouvoir et une certaine opposition, qui ne satisfait que le ventre des uns et des autres et fait royalement fi des intérêts du peuple qui continue et pourtant de réclamer des écoles, des dispensaires, pas de grosses structures sanitaires qui sont l’arbre qui cache la forêt, un habitat pour tous, la vie moins chère, la sécurité pour tous dans un pays où les quartiers sont devenus, sans que les forces de l’ordre ne s’impliquent sérieusement, elles, qui passent le plus clair de leur temps à arnaquer taximen et autres commerçants auprès desquels elles s’endettent cependant, parfois à hauteur de leurs minables salaires, l’emploi sans lequel, chaque homme est guetté par « « l’ennui, le vice et le besoin », menacé qu’il est par des maux qui ont pour noms : « paupérisation, délinquance, malaise social, banditisme, pour ceux qui ne croient plus en rien, et d’autres… »

Pourquoi les mêmes ?

Question qui devrait gêner celui qui a formé le nouveau gouvernement gabonais, à savoir le Premier-ministre, sinon lui- même le président de la République, si tant est qu’ils sont en quête de crédit, car, rappelons- le, le Gabon ne vit plus ou ne vivra plus en vase clos. A l’entente des noms comme Maganga Moussavou, Mamiaka, Houangni Ambourhouet, Mboumbou Miyakou, Ndaot, entre autres, qu’attendent les autorités que les populations de plus en plus regardantes, pensent de ce qu’elles ont comme ambition pour leur pays ? Parce que jusqu’ici, personne n’est convaincu de ce que ce qui s’est fait là l’est à son profit ou va dans le sens de ses intérêts. Mais plutôt dans celui de certaines familles ou de certains alliés, peut-être pas inconditionnels, mais circonstanciels, qui demain au gré des vents vont se déporter de l’autre côté de la barque et c’est cela que l’on appelle chez nous « Homme politique ».

Ou est alors le républicain dont veulent s’affubler tous ceux qui, pour la plupart, ont contribué au malheur de ce « riche Gabon » ? Pense-t-on un instant que l’on est près de deux millions d’habitants et que la paix, le vivre ensemble, le partage, le « changeons ensemble », « l’avenir en confiance », bref que tous ces concepts seront une réalité si jamais nous n’invitons pas au changement de paradigmes ? Parler ainsi n’a rien de surnaturel, plutôt cela devrait inviter les initiateurs de projets à l’échelle nationale à revoir de temps en temps leur copie de telle façon qu’ils soient en conformité non seulement avec la réalité, mais aussi avec le monde environnant, ce d’autant plus qu’aucun peuple aujourd’hui ne peut se targuer de vivre en autarcie et que les lois qui valent pour les uns valent pour les autres ?

Ne pas accepter cette réalité qui finalement s’impose à nous est se mettre en porte-à-faux avec la justice populaire et divine ! A la lecture, nous avons comme l’impression que ce pays d’Afrique centrale, pourtant voué à un avenir certain, a besoin plus que jamais aujourd’hui de l’exercice d’un pouvoir qui associe toutes les composantes de sa société en commençant par un remodelèrent des convictions individuelles et communautaires, ce qui ferait l’affaire de chacun et de tous. En ce sens seulement, croyons-nous, le Gabon gagnerait.


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs