Edito : Gouvernance interpelée

mercredi 9 janvier 2019 Speciales


Il y a quelques jours, lundi 7 janvier 2019 précisément, Libreville, la capitale gabonaise, semblait faire une entrée cauchemardesque dans la nouvelle année avec l’annonce d’une tentative de « coup d’État » perpétrée par des agents des forces de l’ordre. L’acte qui n’a duré que quelques heures, de quatre heures aux environs de sept heures le matin, et qui s’est terminé comme tout le monde le sait, a été condamné par la France et l’Union africaine. Donnant encore lieu à moult commentaires allant dans tous les sens, il devrait à notre humble avis cependant être analysé assez mûrement et froidement, au- delà du fait qu’il soit anticonstitutionnel au regard de certains passages du texte lu par le lieutenant à la tête des soldats mutins.

Le texte lu par le lieutenant Kelly Ondo Obiang, outre le fait qu’il comportait des données insurrectionnelles lorsqu’il appelait par exemple ses compatriotes et les forces de sécurité à se procurer des armes et ces dernières à éclairer le peuple dans la rue afin de sauver le Gabon du chaos, ne manque pas de pertinence car l’idée de mise en place d’un Conseil national de la restauration afin d’asseoir la démocratie et la cohésion sociale pour mettre en déroute les manœuvres de ceux dont le rêve est de confisquer le pouvoir, devrait conduire à une réflexion sur la gestion de l’État par ceux qui en ont la charge.

En effet, le monde entier sait que le président gabonais est Ali Bongo Ondimba encore convalescent dans le royaume chérifien et qu’en dépit de son absence, le fonctionnement du pays ne devrait pas se trouver profondément affecté, bien au contraire les différentes autorités présentes sur le territoire national devraient rassurer et prendre des initiatives conformément aux textes en vigueur. Or, selon des rumeurs persistantes, nombre d’entre elles ayant créé des groupuscules s’attèleraient à travailler dans le sens d’une course vers le palais du bord de mer quand bien même elles savent que son accès n’est possible qu’en cas d’observation d’une procédure dictée par la loi fondamentale qui veut qu’en cas de vacance du pouvoir déclarée, si tel est le cas, ce soit le président du Sénat qui assure l’intérim du président de la République sans jouir pleinement des prérogatives de celui que les Gabonais ont librement porté à la tête du Gabon, le temps, toujours selon la Constitution, d’aller sereinement vers l’organisation d’une élection présidentielle dans les règles de l’art.

Dignité et abnégation

Ces rumeurs qui semblent se répandre comme une trainée de poudre sont diversement interprétées et tendent visiblement à nuire à l’image d’un pays dont la stabilité est pourtant vantée de par le monde. L’on ne devrait pas faire fi de la dignité dont le Gabon et son peuple ont de tout temps jouit à l’extérieur pour se permettre des actes contre- nature qui viendraient peut- être durablement affecter l’équilibre politique et social savamment entretenu par des générations d’hommes mus par l’idée selon laquelle la République leur ayant tant donné, il est temps qu’il se demandent qu’est- ce qu’ils peuvent pour elle. C’est le lieu d’interpeller les uns et les autres sur les effets nuisibles d’une pratique qui ne consisterait qu’à ne penser qu’à soi et qu’à soi tout seul au détriment de la communauté et qu’au pouvoir, rien qu’au pouvoir, car que sert- il à quelqu’un de vouloir y accéder sans projet véritable ? Quoi de plus normal alors que de fustiger certains comportements ventriloques quand la donne recommande que l’on se batte pour la satisfaction du grand nombre pour ne pas dire de tous !


Dounguenzolou

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