Edito : « Gilets jaunes » malgré eux !

lundi 1er avril 2019 Speciales


Allusion au mouvement qui dure depuis des mois déjà en France, mais comparaison n’étant pas raison, le développement qui va suivre, s’il tire des parallèles avec les manifestations de tous les samedis dans les villes et campagnes françaises, s’en sert simplement comme alibi pour stigmatiser un mal qui de plus en plus ronge de nombreuses familles gabonaises et les fragilise du fait de l’incapacité de leurs principaux responsables d’assurer un équilibre à leur foyer, victimes qu’ils sont d’une perte de crédit et d’une déviance caractérisée orchestrée par ceux à qui ils sont censés apporter le minimum vital en temps normal.

Selon les sociologues, un fait n’en devient en substance un que lorsqu’il a tendance à se reproduire à une fréquence soutenue. C’est, diraient-ils, à ce moment qu’il constitue un objet d’étude et finit par revêtir de l’intérêt pour la communauté. Au point qu’il lui est consacré une attention particulière qui conduit à le nommer, à en déterminer les causes endogènes et/ ou exogènes et à tenter d’y apporter des solutions. Le chômage qui sévit au Gabon, la paupérisation des populations qui l’accompagne et l’insolvabilité de nombreux responsables de famille ayant perdu leur emploi pour les uns ou passant de longs mois sans salaire pour les autres, comporte des conséquences fâcheuses allant de l’abandon des foyers par de nombreuses épouses à l’installation d’une désobéissance accrue vis-à-vis des époux démunis et dépourvus qui n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Cette situation, ils la vivent douloureusement, ce d’autant plus qu’ils ne s’y attendaient peut-être pas, vu que les propos souvent tenus par ceux qui ont en mains leur destin ou les emploient sont presque toujours rassurants. Il n’est plus rare dans nos quartiers d’assister à un abandon de foyer par des femmes révoltées qui, plutôt que de pointer un doigt accusateur sur les véritables responsables de cette « tragédie », s’en prennent frontalement à leurs maris que la conjoncture ne favorise pas du tout. Autre fait affligeant, la progéniture victime de l’entêtement occasionné par la désinvolture des mères et l’impossibilité des pères à répondre favorablement à ses attentes, Dieu seul sait si elles ne sont pas nombreuses, se résout à n’obéir qu’à son instinct, « ventre affamé n’a point d’oreilles » nous apprend-on ! La structure familiale dans notre bled-là est à l’origine de bien de faiblesses puisque le « pater familias » par exemple est perçu comme l’homme à créer des miracles, l’omniscient et l’omnipotent, ce qui fait que l’on a du mal à croire qu’il soit défaillant et n’hésite pas à lui faire porter la responsabilité de tous nos déboires.

Ses explications, on n’en n’a que foutre, tout ce qui lui est demandé c’est de garnir le garde-manger de toutes sortes d’aliments, de résoudre les questions liées à notre scolarisation et nos soins, en un mot de maintenir le foyer dans une situation d’équilibre irréprochable. Ignorant que nous sommes qu’il arrive que des crises, s’il faut ainsi les désigner, interviennent sans qu’elles ne soient causées par le chef de famille qui pourrait subir un traitement peu honorable de la part des gouvernants ou des employeurs.

Point de salut !

Il faut avoir du courage à revendre, un esprit altruiste à nulle autre pareille, une analyse scientifique des situations, une empathie au dessus de tout soupçon ; pour ne pas se laisser entrainer par le tourment qui devient à bien d’égards l’expression la plus usitée par la « masse » lorsqu’elle traverse le désert. Le foyer est malheureusement transformé en théâtre de revendications se manifestant le plus souvent par des propos vindicatifs à l’encontre du responsable de la maison.

La délinquance juvénile et sénile affecte les âmes les plus sensibles qui se livrent pour les jeunes filles au plus offrant, n’hésitent pas à pratiquer la prostitution avec tout ce que cela a de vices, bienheureuses celles qui s’en sortent sans maladies sexuellement transmissibles. Que dire des mères de famille qui vont jusqu’à permettre qu’un quidam de quelques secondes les enceinte comme si cela constituait la panacée aux maux qui les assaillent, alors qu’en d’autres lieux et circonstances, elles auraient aidé leur époux à surmonter cette impasse en choisissant par exemple des voix plus nobles du genre celles qui les conduisent vers les travaux champêtres et le petit commerce.

Nos « gilets jaunes » ont ceci de particulier qu’ils cèdent facilement aux chants des sirènes et laissent leur conscience être habitée par un esprit généralement insufflé par les mauvaises compagnies ou fréquentations, le nombre incalculable des bars et autres bistrots et dans une moindre mesure les églises dites éveillées ou le soi-disant pasteur se comporte tel un gourou n’hésitant même pas à proposer ses ouailles féminines présentées comme plus sensibles que les masculines à des « maris que Dieu leur a donnés ». Les femmes, surtout elles, trouvent refuge dans l’église, mais ne traduisent point dans les faits les enseignements, quelque soit la manière dont ils leur sont dispensés, fruits de la méditation de « l’homme de Dieu » sur leur sort à venir.

Puisqu’elles sont souvent surprises vitupérant les époux publiquement et boudant toutes leurs initiatives au nombre desquelles celles qui s’avèreraient pourtant salutaires à y regarder de très près. Ces dames se conduisant parfois comme des casseurs finissent à certains moments par s’en prendre au fruit de leur dur labeur : meubles, appareils électroménagers, ustensiles de cuisine et même vêtements font l’objet d’un traitement insensé, détruits qu’ils sont par une révolte qui n’a d’égal qu’une éruption volcanique au pire des cas, d’un orage au meilleur des cas.

L’amer constat qui se dégage : il faut tout reconstruire. Mais est-on prêt à consentir, alors que les temps ne militent pas en notre faveur, des sacrifices pour songer refaire notre vie après cet instant de folie ? Dommage qu’ici, la loi, contrairement à celle que l’on applique dans l’Hexagone contre les casseurs surpris en flagrant délit pendant les manifestations des gilets jaunes, ne prévoit pas de sanctions exemplaires contre celles des femmes qui se distinguent des autres par une attitude à décrier lorsque l’on se situe du côté de la morale.


Dounguenzolou

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