Edito : Gabon en « mode brouillon » ?

lundi 19 mars 2018 Speciales


Dans notre initiation en informatique, l’instructeur avait l’habitude de nous demander de nous mettre en « mode brouillon ». Le document saisi apparaissait sous une forme bien loin de la version définitive, vous en convenez. Permettez que cette expression, nous la reprenions aujourd’hui pour illustrer un état de fait à la limite cancérigène chez nous, si l’on se réfère au nombre de mauvaises habitudes se propageant, allions-nous dire, de générations en générations, mauvaises habitudes sans cesse perceptibles qui font le lit de la critique de l’Homme même le moins vertueux de la planète.

Depuis quand parle-t-on de réconciliation nationale sans qu’aucun politique ne soit venu devant tous ses compatriotes admettre que ce concept, les Gabonais l’ont définitivement intégré ? Chaque fois qu’on en parle en effet, cela donne l’impression que personne ne s’est jusqu’ici engagé à fournir des efforts pour faire exister en réalité ce confort social susceptible, comme sous d’autres cieux, de laisser les populations vaquer à leurs occupations sans trop se poser de questions sur la manière dont l’État est géré et bien entendu sur la moralité des Hommes politiques qu’ils soient de la majorité ou du pouvoir. Nous croyons pourtant savoir que les uns et les autres, s’ils ont choisi de s’appuyer sur le peuple pour le diriger, tiennent à ce que ledit peuple ne soit pas divisé pour qu’il se présente uni face aux grands défis de l’heure.

Or, à y regarder de très près, le constat est que tous ces Hommes politiques ou la plupart d’entre eux, si l’on tient compte d’un certain discours qui ferait que d’aucuns soient pour le moment disculper de la mauvaise gouvernance qui affecte le pays, n’en n’ont cure, rusant avec les populations qui leur servent juste souvent de strapontins ou de tremplin pour assouvir leurs bas instincts égoïstes. Depuis l’instauration de la démocratie et du multipartisme en 1990, le discours de tous ceux qui ont eu le destin du peuple en mains n’a pas changé d’un iota au point qu’ils nous amènent nous interroger sur leur apport pour le Gabon pour ne pas parler de leurs états de service qu’ils ne manquent pas de juger satisfaisants quand bien même le jugement de la majeure partie de leurs compatriotes sur les résultats de ceux-ci sont biaisés et partagés, signe qu’il y a beaucoup à faire pour qu’ils trouvent satisfaction.

Triste lorsque l’on se rend compte que nombre d’entre eux ne sont que rarement convaincus que les idées des populations sont mouvantes et qu’elles peuvent donc changer d’un instant à l’autre, quitte à ce qu’elles passent du bon au mauvais et même au pire si les conditions dans lesquelles elles sont placées sont loin d’être humaines. C’est qu’elles sont, contrairement à ce que pensent certains, plus que conscientes quoiqu’elles ne manifestent que très rarement leur mécontentement pour des raisons qu’elles ne jugent peut-être pas utiles de dévoiler ad-vitam aeternam.

Quid de la réunion des « sages » du 16/ 03/ 18 à la Chambre de commerce ?

C’est la réaction d’un jeune, la cinquantaine, qui nous interpelle. Loin de féliciter la vieille classe visiblement en perte de vitesse sur le plan politique, ce dernier s’interrogeait sur ce que certains des anciens participant à la conférence de presse à laquelle ils auraient voulu convié le tout-Libreville, faisaient encore sur ces lieux, alors qu’ils sont restés plusieurs décennies aux affaires sans jamais prouver de quoi ils étaient capables, soit qu’ils étaient tributaires des décisions comme l’ancien Premier-ministre Léon Mébiame qui avait sans honte ni recul aucun, affirmé qu’il n’avait jamais gouverné, encore que sous un certain prisme cela peut se comprendre, soit parce qu’ils se sont mal acquittés selon de nombreux compatriotes de leur tâche, soit parce qu’ils ont le plus clair de leur temps brillé face aux populations par une sorte de roublardise confinant au mépris, soit parce qu’ils avaient pour la plupart été propulsé à la cime de l’État non pas par ces populations revendicatrices, suivez notre regard, mais plutôt par un homme auquel ils étaient redevables.

Autant de raisons qui ont à notre humble avis poussent ce jeune homme à douter de la sincérité de cette vieille garde sur laquelle l’on fait reposer une grosse part de responsabilité sur la dégradation du tissu socio-économique du pays. Comme le jeune homme, nombre de Gabonais marquent leur rupture d’avec l’Homme politique, mais aspirent cependant à vivre des heures bien meilleures à celles actuellement vécues. Sont-ce, si l’on prend à témoin ce type de jugement, les discours ou les déclarations d’intention qui changeront quelque chose à la donne ou faut-il à ceux qui en ont encore les capacités, tenter de se muer en êtres essentiellement altruistes pour comprendre que leurs compatriotes qui sont fatigués de vivre de promesses ont, eux-aussi, besoin de bénéficier de l’attention et la considération nécessaires à leur éclosion. En clair, ils ne veulent plus se laisser dicter des règles de conduite par des personnalités qui ont toujours failli ou s’apprêtent à faillir une nouvelle fois, alors que l’on attend d’elles qu’elles brillent par leur exemple et leur patriotisme pour servir d’aiguillons ou de repères aux générations montantes qui en ont tant besoin aujourd’hui plus qu’hier.


Dounguenzolou

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