Edito : Expertise technique et volonté politique

lundi 19 février 2018 Speciales


Quelque chose de bien spécial a cours en Afrique, il s’agit de la primauté du politique sur l’expertise technique. Toute décision qui n’est pas marquée du sceau du politique est recalée, forcée d’être remise au goût du jour si elle n’est pas reléguée en seconde zone. Simplement parce qu’une ou des personnalités politiques n’ont pas donné leur aval sur son exécution quand bien même celle-ci s’impose pour le bien de la communauté. C’est de cette façon que l’on a vu de nombreux projets disparaître ou mourir de leur belle mort.

« Et si l’Afrique refusait le développement », l’œuvre de la camerounaise Axelle Kabou nous renseigne en même temps qu’elle nous enseigne sur le potentiel africain et les multiples possibilités de les mettre en valeur pour assurer le développement du continent qui, en dépit du fait qu’il bénéficie d’une population jeune et d’un sol et sous-sol tous riches, peine à marcher sur la voie de l’émergence. De tout temps, des discours futuristes et rassurants côtoient des réalités d’un autre âge. Car l’insalubrité morale jouxte la misère sociale qui, parce qu’elle se développe, prédispose le peuple, surtout le bas- peuple, à connaître un avenir peu enchanteur si ce n’est dans le pire des cas à disparaître.

Tout cela parce que les gouvernants n’ont qu’un regard dédaigneux sur ledit peuple, manifeste dans leurs différentes prises de décision au sujet de la mise en œuvre de certaines activités rentables pour leur pays comme par exemple l’adduction d’eau potable, l’électrification des villes et villages, la scolarisation des enfants, la santé pour tous, la construction des routes dont l’argent subi sans cesse des coupes claires dès qu’il est mis à la disposition des responsables politiques qui collaborent par moments avec des experts véreux quand ils n’écartent pas purement et simplement ceux de leurs collègues respectueux de certaines valeurs pour ne pas qu’ils jouent les empêcheurs de tourner en rond, les privant d’exercer leur pouvoir pleinement et de s’en mettre plein les poches allègrement.

Combien de fois n’a-t-on pas vu en effet des Hommes politiques être cités dans des affaires de corruption ou de détournements de deniers publics ou de projets au bénéfice des populations ? Combien de fois a-t-on appris qu’ils étaient sévèrement sanctionnés et que la lutte contre leurs agissements était désormais inscrite au rang des priorités ? Combien de fois s’est-on rendu compte que les propos allant dans le sens d’accorder la primauté aux experts dans le choix d’un projet de développement ont été pris en compte ?

Questions méritent réponse !

Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que de ses réponses devaient pouvoir se dégager des pistes de solution aux maux qui minent l’équilibre socio-économique de nos pays. Qui sont menacés de fracture si jamais ils ne travaillaient pas à réviser leur manière de faire ou d’être. Certes l’on dit que la politique est l’art de gérer la cité, mais l’action du politique qui ne va pas dans le sens d’améliorer les conditions de vie des populations mérite-t-elle d’être applaudie ? Et celle qui consiste à reléguer au second rang le point de vue ou le travail des experts pour privilégier les intérêts du politique est-elle saine, pour ne pas dire profitable à la communauté pour ne pas dire au grand nombre ? Et pourtant, l’on n’a de cesse de nous apprendre qu’un pays se construit avec ses « esprits », avec sa matière grise, non pas que le politique ne concourt pas au progrès, mais simplement pour avertir que là où le scientifique, le créateur des œuvres de l’esprit, l’inventeur, l’artiste, que sais-je, ne sont pas pris au sérieux, le développement est retardé sinon menacé.

Vivement que l’on y prenne garde pour ne pas que le continent continue sur plusieurs points à agir en amateur. Son avenir en dépend de même que celui de ses populations ! Les exigences du « nouveau monde » dans un contexte de mondialisation et de globalisation tous azimuts imposent que l’on adopte un comportement avant-gardiste, susceptible de nous conduire vers la promotion de l’essentiel, ce qui passe par une mise en avant des atouts plutôt que des faiblesses qui obèrent notre action et raréfient les possibilités de développement qui s’offrent pourtant à nous.


Dounguenzolou

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