Edito : Et si le Gabon devenait une nation ?

lundi 2 mai 2016 Speciales


D’aucuns, à juste titre, se posent encore la question de savoir si le Gabon, République d’Afrique centrale, est une Nation ou peut le devenir et comment ? Puisque l’on n’invente pas la roue, il suffit de se servir d’exemples de pays où les populations sont aujourd’hui solidifiées par le sentiment d’avoir un destin commun, pour se rendre compte de ce qui se cache en dessous de l’expression « Etat-Nation ».

Lorsque l’on observe le clivage existant entre les propos tenus par les hommes politiques, ci-devant décideurs, et les actes qu’ils posent au quotidien, on est en droit de se demander s’ils sont réellement mus par l’idée de faire prospérer leur pays et de sortir leurs compatriotes de la situation à la limite catastrophique qu’ils connaissent. Du coup, l’on a l’impression que ces derniers sont marginalisés et vulnérables, sans voix, et donc incapables de s’exprimer sur ce qui les concerne.

Comment à ce moment leur faire accepter l’idée selon laquelle ils sont les citoyens d’un pays et qu’il faut qu’en période de vaches maigres, comme c’est le cas en ce moment, se plier à l’effort national consistant à consentir quelques sacrifices pour sauver le pays du marasme ? Puisque rien, mais alors rien du tout, n’incite à la compréhension d’un tel message, tant les données de la communication pour le développement n’ont pas encore été intégrées par la classe politique qui se bat pour la conquête des pouvoirs qu’ils soient exécutif, législatif ou judiciaire, nous ajouterons même celui des médias qui ont un rôle prépondérant de nos jours pour ceux qui, comme l’affirmait Tchakhotine, rêvent d’une et d’une seule chose, en faire des instruments de viol des foules par la propagande politique.

En dehors de certains évènements dont le coup d’Etat de 1964 qui fut marqué par l’éviction du pouvoir par de jeunes militaires du président Léon Mba Minko, reconduit aux affaires avec la complicité et la bénédiction de la mère France, et les crises des années 90 qui éclatèrent à la faveur du vent de l’est et des suites réservées à la Conférence nationale, le Gabon est toujours resté cet îlot de paix, une paix sur laquelle tout le monde surfe sans parfois lui donner la signification qu’il faut.

Quid du « vivre ensemble » ?

Ce qui conduit nombre d’entre ceux qui ont des ambitions politiques à la brandir comme un épouvantail, histoire de convaincre les adversaires de ne pas oser rompre avec cette coutume, alors que le constat est que dans la plupart des cas, les femmes et hommes qui ne veulent pas suivre le chemin tracé par ceux qui sont aux commandes, ont des idées massues à émettre pour le bien-être des populations, partant du pays et qu’ils ne demandent qu’à être écoutés pour apporter la preuve de la justesse de leur attitude. Si tant est qu’ils sont eux-aussi véritablement mus par le devenir du Gabon.

Le devenir du Gabon, parlons-en justement ! Il ne suffit pas de déclarer urbi et orbi qu’on aime le Gabon, encore faut-il que vous vous investissiez dans l’accomplissement de tâches qui le démontrent. D’où, il vous sera demandé en priorité d’être proche de vos compatriotes, non pas pour manifester un certain populisme comme on a coutume de le constater, mais en cherchant à connaitre les problèmes, les vrais, auxquels ils sont confrontés afin d’avec eux décider du sort qui doit désormais leur être réservé. Cela s’appelle être à l’écoute des populations et enregistrer leurs doléances afin d’y trouver solutions.

C’est à ce prix que logiquement, ceux-ci vous le rendent lorsque vous les approchez pour solliciter leurs suffrages parce qu’ils ont, eu égard au fait que vous vous intéressez à leur vécu, le sentiment d’appartenance à une même sphère que vous. Regardez la Guinée- Equatoriale voisine où comparaison n’étant pas raison, l’écrasante majorité de la population s’est à nouveau prononcée favorablement pour la prolongation du mandat du président Théodoro Obiang Nguema Mbazogo. Cette marque de confiance naît du constat selon lequel l’argent du pétrole, même s’il faut reconnaître certaines déviances liées au contexte socio-culturel, a énormément servi à doter le pays d’infrastructures de taille mises au service des populations qui, grâce à elles, sortent du dénuement dans lequel elles vivaient naguère.

« Il n’y a rien sans rien ! »

Du coup, naît chez elles le sentiment d’être des citoyens non pas de seconde zone, mais des citoyens à part entière. Ce qui les prédisposerait à écouter les appels des autorités à un changement, fut-il de mentalité, lors de la rencontre avec la crise pétrolière. Si ensemble, vous avez jouit des fruits de la croissance, pourquoi n’accepteriez-vous pas de consentir quelques sacrifices lors des moments difficiles ? Le « vivre ensemble », ce sentiment est celui qui amène ou a amené des peuples s’unir pour un combat commun. Il ne s’obtient pas sans abandon de soi et volonté de partage.

Omar Bongo Ondimba n’avait- il pas raison d’avancer dans son « Petit Livre vert » que quand un Gabonais va à la chasse, tout le village partage le gibier ? Le partage auquel il invitait ses compatriotes, il savait qu’il ne serait pas égal, mais au moins équitable, c’est en cela qu’on reconnait aussi les grands hommes. En Allemagne du temps du troisième Reich sous le règne d’Adolf Hitler, ce dernier incita l’industrie automobile, pour répondre aux besoins et attentes du grand nombre, à mettre sur le marché la « Wolkswagen », « voiture du peuple » par exemple qui avec les grands chantiers qu’il lança pendant que la crise issue du crash boursier de Wall Street battait son plein, faisait de lui la personne idéale pour gérer l’Allemagne de ces époques-là. Logique que les allemands le lui aient bien rendu !

Chaque fois qu’un pouvoir s’investira pour le bien des populations, il est sûr d’en récolter les résultats et de renforcer le sentiment national d’appartenance à un même groupe en dépit des diversités linguistiques, régionales, culturelles, la mondialisation aidant, il serait beaucoup plus facile à chacun de mettre un peu d’eau dans son vin au nom de la communauté. N’est-ce pas ce que Jean- Jacques Rousseau qualifiait à l’époque des lumières de Contrat social ?


Dounguenzolou

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