Edito/Drogues en milieux scolaires : A quand la réponse forte des autorités ?

lundi 29 janvier 2018 Speciales


Depuis plusieurs mois, un évènement défraie la chronique dans différents établissements de la capitale gabonaise, Libreville, et même dans de nombreux lycées et collèges du pays, tant le phénomène s’est répandu comme une trainée de poudre. Vous avez aisément deviné : il s’agit de la drogue ! Certes la presse publique qui a décidé, peut-être pour marquer la différence d’avec le traitement de l’information en 2017 et tenter de donner l’impression que le social la préoccupe désormais, de couvrir bien d’autres choses que la politique politicienne, consacre un peu plus de temps à ce qui touche directement aux questions relevant de l’équilibre social. S’il est vrai que cela marque une avancée, le souhait de plus d’un est que la logique lancée aille jusqu’au bout de la chaîne qui serait à notre humble avis le démantèlement des réseaux mafieux, si tant est que notre pays est un pays de droit comme on nous le ressasse.

Il est encore difficile de savoir où et comment a commencé le phénomène de distribution et de consommation des drogues en milieux scolaires à Libreville et partout ailleurs dans le Gabon. Cependant, chaque jour que Dieu fait peut-on dire, les médias nous bassinent les oreilles avec des histoires de lycéens et autres collégiens pris en flagrant délit de consommation de drogues qui les perturbent au point de créer la psychose dans les différents établissements scolaires du pays. Des groupes démantelés sont remis aux forces de l’ordre et parfois conduits devant les juges à grand renfort de publicité, sans qu’aucune suite, même si nous savons qu’elle est la réplique à notre interrogation voilée, ne soit apportée publiquement pour rassurer la communauté déjà lasse de voir le pays perdre les valeurs léguées par les anciens.

C’est presque devenu une coutume de voir des histoires qui ont un rapport avec les mœurs et la justice être étouffées dans l’œuf. C’en a tout l’air en ce qui concerne la distribution et la consommation des drogues puisqu’on aimerait que les pouvoirs publics non seulement mènent des enquêtes sérieuses sur la question, mais aussi combattent le phénomène avec la dernière énergie, un peu comme les autorités et les militaires Nigérians et Camerounais vont en guerre contre le phénomène « Boko Haram ». C’est seulement à ce prix que l’on sera convaincu de leur détermination à éradiquer, pas par la parole cette fois, la mal qui tend à prendre de l’ampleur et menace de détruire le peu de civisme inculqué par ces temps de crise morale et intellectuelle à une bonne partie de nos enfants.

Stop, les effets d’annonce !

La solution au problème que posent et la distribution et la consommation des drogues en milieux scolaires ne proviendrait jamais de la médiatisation tous azimuts, menée par les autorités gabonaises, mais plutôt par la prise en charge du phénomène, à commencer par ses racines qui sont forcément enfouies dans la société. C’est pourquoi, au lieu de le minimiser, il importe de ne pas faire de politique autour en ne se contentant que de dénoncer en médiatisant, mais en convoquant des réunions élargies à tous ceux que ledit phénomène inquiète : élèves, parents d’élèves, enseignants et personnels administratifs des établissements, forces de l’ordre, psychologues, sociologues, responsables politiques, surtout ceux concernés par les questions de jeunesse, bref une panoplie de responsables qui travailleraient, on le voit, à trouver un ou des solutions globales à la problématique.

Aller en guerre contre la distribution et la consommation des drogues en milieux scolaires ne se décrètent pas, il demande d’agir tôt et efficacement, quitte à ce que l’on communique après. Cela s’appelle faire preuve de réalisme face à une gangrène qui tend à prendre beaucoup plus de place qu’on ne le prévoit ou qu’on ne le pense. Il n’est qu’à penser que le phénomène auquel nous faisons allusion est déjà à l’origine de plusieurs morts d’Hommes, des enfants de surcroît, quand on sait que ces derniers représentent l’avenir. Faut-il prendre alors les actes de leurs meurtriers de collègues comme des actes anodins ? Non assurément ! C’est pourquoi le combat devrait être celui du démantèlement du réseau ou des réseaux entretenant ce « marché », peu importe qui se trouve derrière, tapis dans l’ombre. Car, selon certains commentaires, de grosses légumes non encore clairement identifiées, seraient derrière cette ténébreuse affaire, mais à quelles fins ?


Dounguenzolou

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