Edito : Démocratie et Peuple ?

lundi 26 mars 2018 Speciales


Qu’est-ce que la démocratie, celle définie par l’Américain Abraham Lincoln comme « le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple », si justement elle ne s’accommode pas de ce sacro-saint principe ? Serait-il illusoire d’avancer que la démocratie qualifiée de dictature du peuple ne vaut que ce que vaut celui-ci ? Comme quoi, évoquer ce mode de gestion de l’État revient à accorder une place de premier plan aux Hommes qui constituent la population d’un territoire donné et sont de ce fait l’un des éléments constitutifs dudit État. Comment concevoir alors que celui-ci, c’est-à-dire ce peuple, soit condamné à être « aphone », dire qu’il devrait servir de socle à toutes les politiques entreprises en son nom ?

La plupart des États africains ont un dénominateur commun : les crises et violences postélectorales qui s’en suivent et qui sont à regarder de très près la résultante ou la conséquence d’une erreur dans la préparation marquée par une incohérence dans l’élaboration de la liste électorale, d’une dénonciation de trucage ou de résultats volés, d’un mépris face au vote des populations ou d’une volonté affichée des tenants du pouvoir de ne pas vouloir céder aux exigences des urnes. D’où la sempiternelle question : « que faut-il pour tenter d’éviter pareille situation et paraître du coup crédible aux yeux de la communauté nationale et internationale ? ».

Certes, la solution passe par le renouvellement des institutions comme le veulent plusieurs Africains en ce sens qu’il faut non pas changer les textes, mais procéder à une épuration en bonne et due forme en adoptant des mesures courageuses consistant en partie en l’éviction des personnalités posant problème et les remplaçant par d’autres, susceptibles de faire l’unanimité si tant est qu’elles doivent atterrir en ces lieux par la volonté de leurs pairs ou provenir de la société civile, sensée user de neutralité dans les jugements concernant les affaires de la cité. Certes, la solution passe par le renouvellement des institutions comme le veulent plusieurs Africains, avions-nous dit, mais faut-il encore que la « voix du peuple soit entendue » !

Car, on peut considérer que ce qui est fait pour lui sans lui est contre lui. Tout comme, allusion pour allusion, confectionner le nouveau code de la communication sans y associer les communicateurs, principaux concernés, prouvent à suffisance que l’on fait fausse route.

« Vox populi vox dei »

Les jugements du peuple, ses désirs, ses rêves, ses revendications, j’en passe, doivent être pris en compte. Ne pas procéder de la sorte suppose qu’on lui a volontairement retiré sa citoyenneté et ses droits fondamentaux. Auquel cas, il ne sert plus à rien de le convoquer lorsqu’interviennent les joutes électorales par exemple. Et même s’il advenait qu’il soit floué, ne se demande-t-on pas pour qui est on sensé travailler et qui nous a fait roi puisqu’il s’agit d’un environnement démocratique ? Telles sont les questions que devaient sans cesse se poser les gestionnaires de l’État au cas où ils l’auraient oublié si tant est qu’ils sont garants de l’unité nationale et de l’équilibre social sans lesquels toute crise est vite arrivée. Il est illusoire de penser qu’un peuple qui ne se sent pas respecté sera avec vous et vous soutiendra ad vitam-aeternam puisque, nous disent les spécialistes des sciences politiques en substance, son comportement est fluctuant et non statique comme le pensent beaucoup.

Le devoir de celui qui veut s’attirer sa sympathie est donc de suivre son évolution dans le temps et dans l’espace pour être à peu près sûr de jouer sur son moral le moment venu. Après tout, le premier facteur déterminant qu’est la crédibilité doit être entretenu pour qu’ensuite l’offre soit bien reçue. Un peuple peut-il se déjuger, c’est-à-dire faire porter ses votes sur quelqu’un qu’il n’a pas élu ? Cela nous parait étonnant, raison pour laquelle nous recommandons aux politiques de mettre l’accent sur la satisfaction de ses besoins s’il veut attendre en retour que celui-ci lui manifeste sa reconnaissance. Partout où cela a servi de règle, l’homme politique s’en est bien sorti et sa carrière n’a que rarement connu de soubresauts. Est-il difficile, voire surhumain de souscrire à ce mode de conduite ?

Visiblement non si l’on tient compte du fait que l’être humain est perfectible et est la seule espèce dotée d’intelligence en tant que faculté de s’adapter aux circonstances. Faire corps avec ses administrés de compatriotes n’est donc pas impossible, pourvu que l’on s’en donne les moyens.


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs