Edito : DE MAL EN PIS ?

mardi 26 novembre 2019 Speciales


De nombreux Gabonais partant du constat quotidien qu’ils font sur le terrain et épousant les analyses de spécialistes avancent à tout bout de champ que la situation que traverse leur pays est loin d’être rose comme le prétendent certaines autorités qu’ils accusent de jouer les autruches, versant dans l’autosatisfaction quand bien même dans les coulisses, elles sont les premières à reconnaitre que l’on va de Charybde en Scylla. Des économistes, nous apprenons qu’il n’y a aucune analyse fiable sans indicateurs, ce qui nous pousse à nous investir dans l’énumération de quelques exemples parmi les plus significatifs pour admettre l’échec jusqu’ici des politiques entreprises depuis quelques décennies qui demandent d’être urgemment améliorées si l’on tient à ce que l’idéal de paix qui a toujours caractérisé l’esprit du Gabonais continue d’être cultivé par le grand nombre.

Commençons par la santé sans laquelle aucune société ne peut affirmer qu’elle peut faire face aux réalités de la vie quotidienne. Naguère, alors que nos structures sanitaires étaient encore à l’état embryonnaire, que le personnel de santé était en nombre très insuffisant, eu égard au ratio fait du nombre de médecins, pour ne prendre que cet exemple, par nombre d’habitants, les conditions d’accès aux médicaments étaient facilitées et même que lesdits médicaments étaient gratuits. Certes, se défendront nos autorités, la population se comptait par centaines de milliers, mais puisqu’il est généralement admis que gouverner, c’est prévoir, n’y a- t- il pas eu dans ce pays de planifications, surtout lorsque l’on sait celui- ci « riche » ? Simplement pour dire qu’il appartenait aux autorités de veiller au fil des ans au développement démographique et adapter les réalités du moment à la situation présente ou si vous voulez à la nouvelle donne. Qu’est- ce qui explique, en dehors du fait qu’ils peuvent avoir dans une certaine mesure raison, que le Premier- ministre s’en soit pris à nos soignants dernièrement ? Peut- être qu’il leur a été reproché leur manière de servir aux antipodes des principes défendus par Hippocrate. Conséquence : l’insatisfaction est à son comble dans les hôpitaux de grande catégorie, que dire de ceux installés dans les zones reculées où, selon le constat, il manque de tout, y compris de personnel qualifié pour administrer rien que les premiers soins aux patients candidats à la mort.

L’état de la route attire également notre attention. Avez- vous emprunté celle reliant Nkok à Kango ? Si oui, que pouvez- vous en dire ? Rien d’autre qu’elle est en état de délabrement avancé, non ? Et ces nids de poule qui jonchent les rues de la capitale Libreville sur lesquelles l’on observe par moments la présence de quelques jeunes pratiquant contre quelques pièces de monnaie remises par les automobilistes du saupoudrage, couvrant les crevasses de latérite, de gravier, de terre ou d’autres matériaux, dire qu’il y passe de nombreuses personnalités tous les jours au nombre desquelles des membres du gouvernement, ceux- là dont on attend à juste titre qu’ils soient les porte- parole des populations et usent de la décision puisqu’elle est entre leur mains pour améliorer leur quotidien et bien entendu le leur propre au cas où ils ne l’auraient pas encore compris. Combien de kilomètres de route sont défectueux aujourd’hui ? Grave, voire gravissime car combien en compte réellement la ville où la circulation est de tout temps paralysée par d’énormes bouchons. Là aussi, les autorités ont visiblement manqué de génie pour en créer suffisamment pour désengorger la cité et permettre une fluidité de la circulation en milieu urbain. Préoccupant l’état de la route nationale 1 ouvrant les portes de Libreville au reste du pays et même à l’extérieur avec les effets économiques induits. Il est inutile d’évoquer le financement de celle- ci puisqu’il reste presque souvent une nébuleuse.

Que dire du logement social décent, celui qui devait, selon le président Ali Bongo Ondimba, rendre en substance sa dignité au citoyen quand on sait les conditions dans lesquelles la majeure partie de la population accède au logement et dans quels quartiers et espaces, elle est obligée de se loger précairement, ce qui ne la met nullement à l’abri des intempéries surtout en période de saison des pluies marquée par une avalanche de trombes d’eau qui complique l’existence a- t- on envie de dire étant donné les inondations et éboulements qui sont légion dans les quartiers populaires où habite l’essentiel des populations de nos villes. Les villas inachevées d’Akanda ou de Bikélé querellées ne suffisent pas à satisfaire même les occupants puisqu’elles ne présentent pour la plupart aucun confort pour les familles nombreuses qui en ont pris possession dans des conditions discutables parfois. Pendant ce temps, le fameux projet de 5000 logements/ an que nous devons au chef de l’État, c’était un argument de campagne, avanceront les « mauvaises langues », reste lettre morte, tous les ministres de l’habitat depuis 2009, année où Ali Bongo Ondimba a accédé à la magistrature suprême, ayant sans exception failli à leur mission de doter chaque Gabonais d’un toit. Cela explique peut- être l’aveu d’échec du président de la République, aveu qu’il n’a de cesse de reconnaître face à ses compatriotes solennellement. Les services d’hygiène qui existaient après les indépendances et qui empêchaient rats et moustiques de prendre possession de l’espace vital, on n’en parle plus du tout quoiqu’il existe à Nkembo un institut public dédié à ce genre d’activités.

L’emploi, faut- il en parler ? Peut- être que non ! Car cela équivaudrait à remuer un couteau dans la plaie. En effet, la foultitude de demandeurs d’emploi, faute d’être recensés dans les normes, c’est- à- dire qu’il n’existe presque pas de statistiques fiables susceptibles de renseigner avec exactitude sur la question, n’ont que leurs yeux pour pleurer, ne sachant à quel saint se vouer. A vue d’œil, l’idée que l’on se fait et qui est partagée par bon nombre est que le chômage est devenu endémique, y a qu’à faire un tour par Port- Gentil, la capitale économique, pour se rendre à l’évidence. De nombreux jeunes qui passent le plus clair de leur temps à déambuler se disent abandonnés par le gouvernement qu’ils rendent responsable de la mauvaise gestion de leur cas. La majorité travaillait dans des sociétés de sous-traitance liées au secteur pétrolier. Ils auraient, selon toute vraisemblance, pu être réorientés après avoir perdu leur emploi et même avant dans des secteurs ne répondant peut- être pas à leur profil initial, mais dont l’utilité aurait pu être avérée sur la place de Port- Gentil. Nous pensons par exemple au secteur agricole qui fait tant défaut au développement du pays, le Gabon important jusqu’à ce jour plus de 400 milliards annuels de produits alimentaires. Grave pour son équilibre ! Selon certaines indiscrétions, l’Office national de l’emploi (ONE) crée en toutes pompes tarderait à rendre effective sa politique de gestion des demandeurs d’emploi de plus en plus nombreux d’année en année. Ce que l’on sait, c’est qu’il est souvent placé dans l’obligation, les curricula ne répondant pas souvent aux postes sollicités, de procéder au coup par coup, envoyant là où il peut tout demandeur d’emploi désireux de faire contre mauvaise fortune bon cœur.
Ce constat, loin d’être exhaustif, se termine par la mentalité, si vous voulez le comportement du citoyen. De nombreux chômeurs qui ont voulu s’entretenir avec nous révèlent que de plus en plus de sociétés et d’administrations embauchent à la tête du client. Qu’est- ce à dire ? Qu’il n’y a plus trop de places pour ceux qui ne font partie d’aucune obédience. C’est- à- dire que l’embauche est d’abord réservée à ceux qui font partie de la rose croix ou de la franc- maçonnerie avant d’ensuite regarder de tous les côtés. D’où, il est demandé pendant la période d’entretien pré-embauche à nombre de jeunes sur le marché de l’emploi quel est leur « parrain » et quels en sont les preuves pour que leur dossier soit accepté. Bien sûr, seuls ceux qui en ont été victimes ou qui en ont entendu parler peuvent apporter le témoignage de la véracité de ces propos. Autre élément récurrent à verser au dossier, le fait que l’on insiste sur l’expérience professionnelle, non pas que cela ne revête aucune importance, bien au contraire, mais comment arrive- t- on à le justifier si ce n’est que par l’emploi et l’accumulation d’années de travail ? Comble d’ironie, pendant que certains se voient exiger cette expérience professionnelle d’où le rejet de leur dossier, d’autres en sont à dénoncer avec virulence le recrutement de certains jeunes ne justifiant pas comme eux d’ailleurs d’une expérience professionnelle. Allez- y comprendre !


Dounguenzolou

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