Edito : Charte, vous avez dit Charte !

lundi 28 novembre 2016 Speciales


S’il est des évènements qui ont marqué l’actualité au Gabon la semaine écoulée, la signature par douze partis de l’opposition d’une Charte ayant donné naissance à l’Alliance Nouvelle de l’Opposition (ANO), à la tête de laquelle se trouve le Vice-Premier Ministre, en charge de l’Habitat et du Logement, Bruno Ben Moubamba, qui justifie sa démarche par le fait qu’il n’est plus admissible qu’il n’y ait que les mêmes hommes au sommet de l’Etat et qu’un changement est nécessaire à ce niveau pour presser le développement du pays et permettre aux valeureux d’être utiles, vaut la peine d’être soulignée au rang des plus importants par leur nature.

Ont-ils suffisamment mesuré la portée de l’acte qu’ils ont posé, ces hommes politiques qui ont opté pour ce que leur locomotive, Bruno Ben Moubamba, a qualifié de troisième voie ? Question subtile quand on sait que c’est du Gabon dont ils ont parlé en tant que territoire, mais aussi populations et institutions, S.V.P !

Depuis que l’idée de dialogue national a été exhumée par le « distingué camarade », président du Parti démocratique gabonais, PDG, de nombreux politiques parmi lesquels des opportunistes de mauvais aloi s’excitent, à l’idée de savoir qu’une opportunité leur est enfin offerte de faire des affaires par ces temps de récession ou tout simplement pour asseoir du mieux qu’ils peuvent leur « empire ». C’est dans cette veine que se sont retrouvés, à la salle Edena à Awendjé, autour du Vice-Premier ministre la semaine écoulée, des responsables de formations politiques et autres associations qui jurent d’aller aider le Président de la République à reconstruire le Gabon « d’un coup de baguette magique », sachant qu’il ne suffit pas de se mettre autour de la même table pour, comme lors des Accords de Paris et d’Arambo, réfléchir à comment dépecer ‘’ l’éléphant Gabon’’.

Mais il faut venir chargé de bonne foi, d’honnêteté, de franchise, de réalisme, de patriotisme, pour oser reconnaître que les temps sont tout aussi graves que sensibles et qu’ils demandent réellement de chacun de nous des sacrifices qui aillent au-delà de nos visions étriquées et bassement calculatrices et soient la matrice, mieux la feuille de route sur laquelle s’appuyer pour enfin que « l’Egalité des chances » et « l’Avenir en confiance » revêtent un sens véritable aux yeux des Gabonais. D’où nous nous demandons s’ils mesurent ce que cela va couter à un pays déstabilisé par la chute du cours du baril de pétrole leur grand’ messe, conscient que chacun d’entre eux y vient pour s’en mettre plein les poches et non pour tenter, ils n’en n’ont visiblement pas les moyens, de régler les problèmes qui assaillent leurs compatriotes et eux- mêmes par ricochet.

Si des systèmes comme la Démocratie ont été crées, c’est non seulement pour que le Peuple donne son avis sur la manière dont est gérée la cité, mais se prononce aussi sur celle-ci parce que tout le monde ne pouvant pas accéder au pouvoir, les populations d’un pays confèrent l’autorité à des représentants mandatés par elles pour travailler à l’amélioration de leurs conditions de vie. Tous ceux qui aujourd’hui se rendent en Guinée-Equatoriale ont dû constater que le pays a opéré une véritable mue sous le magistère de Théodoro Obiang Nguema Mbasogo. Ne reste plus aux Equato-Guinéens que de suivre le pas en révolutionnant leurs mentalités. Quel africain n’aurait pas aimé se retrouver dans des conditions où, convoquant ses opposants à un échange, le président équato-guinéen insistait sur l’œuvre accomplie, un peu comme pour reprendre le 35ème président des Etats- Unis, John Fitzgerald Kennedy, qui, dans un discours, incitait les américains à ne pas demander à leur pays ce qu’il peut faire pour eux, mais plutôt se demander ce qu’ils peuvent pour leur pays.

Les hommes politiques qui ont, salle Edena, signé la Charte de l’ANO, ont-ils marqué leur acte du sceau de la sincérité ? Ce qui suppose que chacun d’entre eux soit représentatif d’un groupe dûment organisé, ce qui lui confère un cachet sociologique ! Ou, comme d’autres avant eux, c’est de coutume, ont-ils adhéré à l’idée en pensant aux retombées ?

Qui peuvent se traduire, ne nous voilons pas la face, par l’octroi de prébendes, on l’a vu dans les cas des nominations aux postes de ministres dans le Gouvernement Issoze Ngondet de personnalités comme Biendi Maganga Moussavou ou Nicole Assélé, ou encore par celui de toute autre fortune ? Ces hommes savent-ils qu’aujourd’hui plus qu’hier, tous ceux qui s’écartent des principes démocratiques incluant le respect des droits de l’Homme, son regardés comme des curiosités et deviennent du coup peu recommandables ? Pourquoi cette question ? Eh bien, parce qu’il s’agit pour nous de sonder les entrailles des uns et des autres pour tenter d’imposer dans celles de ceux qui feignent de l’ignorer, nous pesons bien nos mots, le dictat de la vérité et de la conformité des faits, n’en déplaise !

A quoi sert-il de venir devant des Gabonais, étaler des promesses sur l’Ecole, la Santé, le Logement et tutti quanti, si on n’est pas soi-même profondément convaincu de la profondeur de ses propos ? Comment comprendre que des personnalités sans assises populaires en soient à parler au nom de communautés ou de compatriotes, alors que beaucoup d’entre elles ne sont encore qu’en quête d’un hypothétique fief politique ? Copions nos ancêtres les Gaulois, mais copions-les bien. Personne n’a l’obligation de se lancer en politique parce que la politique, la vraie, à notre humble avis, est affaire d’initiés, mus par la pensée sartrienne prônant la descente de la philosophie dans les cafés. Le peuple étant victime pour reprendre Platon de l’Allégorie de la caverne, il se doit d’être conduit par des hommes avisés qui, comme Diogène, ont par devers eux la lumière qui conduit à la vérité. Cette lumière que nous n’hésitons pas à matérialiser ici par l’expression « bien- être ». Il faut que nous évitions le fait que la politique ne se fasse à la manière du mouton de Panurge, c’est-à-dire par suivisme, ou qu’elle nous ramène au bon vieux temps du mouton qui broute là où il est attaché !


Dounguenzolou

Vos commentaires

  • Le 28 novembre à 22:30, par Alda En réponse à : Edito : Charte, vous avez dit Charte !

    le président équato-guinéen insistait sur l’œuvre accomplie, un peu comme pour reprendre le 35ème président des Etats- Unis, John Fitzgerald Kennedy, qui, dans un discours, incitait les américains à ne pas demander à leur pays ce qu’il peut faire pour eux, mais plutôt se demander ce qu’ils peuvent pour leur pays.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs