Edito : Cercle vicieux !

mardi 12 décembre 2017 Speciales


Tous les Gabonais, du moins ceux que la chose politique intéresse encore, ont suivi attentivement les élections dans les instances dirigeantes du Parti démocratique gabonais, PDG, c’est-à-dire au Bureau politique et au Comité central de la formation politique, élections qui ont eu lieu dernièrement dans une atmosphère particulièrement tumultueuse, riche en enseignements. Puisqu’alors que le Secrétaire général du parti, Éric Dodo Bounguenza, avait donné le ton, affirmant solennellement qu’il n’y aurait, contrairement au passé où la cooptation constituait la règle, de places pour les uns et les autres au sein desdites instances qu’à l’issue d’un vote à bulletin secret tel que voulu par la démocratie, des voix très nombreuses s’étaient élevées pour contredire le principe dit-on dicté par le distingué camarade président himself. Donnons raison à ces contestataires si l’on tient compte des évènements qui se sont hélas produits sur le terrain, évènements qui prouvent que le respect de la parole donnée, ce n’est pas pour demain au PDG. Allons- y comprendre.

Si un peu partout, la tension était vive lors des congrès provinciaux au cours desquels de nombreux hiérarques visiblement en mal de notoriété craignaient pour leur poste et s’interrogeaient donc sur leur lendemain politique, Lambaréné, capitale provinciale du Moyen- Ogooué dans le centre du Gabon a, peut-on dire, été la véritable déception. D’abord parce que l’on ne s’attendait pas à voir Richard-Auguste Onouviet, ci-devant président de l’Assemblée Nationale et donc élu du peuple, dégringoler de son piédestal devant un néo-promu en politique, Joël Ogouma, ensuite parce que les habitudes que l’on croyait bannies, eu égard au discours tenu par les dirigeants de la formation politique, ont malheureusement ressurgi sans que cela n’offusque personne.

Car comment admettre qu’un candidat transporte, moyennant la somme de 35.000 francs CFA par tête, du beau monde de Libreville jusqu’à Lambaréné, sans qu’il n’y ait une réaction directe ou indirecte pour stopper le mouvement ? Veut-on nous faire croire, encore faut-il le prouver, que tous ces « bœufs votants » sont bien inscrits dans la capitale migovéenne en ayant chacun, comme le stipule des textes, des assises dans ce patelin ? Qu’est-ce à dire ? Ont-ils coutume de résider à Lambaréné ou ont-ils des intérêts économiques dans ces lieux ? Ce qui, à notre humble avis devrait justifier leur déplacement. Qu’à cela ne tienne, cette pratique dénoncée par de nombreux observateurs a permis à l’adversaire de RAO de remporter une victoire à la Pyrrhus, pourtant fêtée comme, seuls, savent le faire les Pédégistes. Quelle honte non seulement pour le parti, mais aussi pour le pays qui continue d’être affecté par la crise née de la contestation par l’opposition du camp Jean Ping, des résultats de la présidentielle d’août 2016 rendus par la Commission électorale nationale autonome et permanente, Cénap, et validés par la Cour constitutionnelle que ladite opposition et une certaine opinion qualifie de Tour de pise.

Voilà qui démontre à suffisance que l’on est encore loin du compte et que la copie mérite d’être revue pour que demain ne soit pas semblable à aujourd’hui et ne nous conduise pas à des affrontements de tous genres sur un terrain qui recommande de nous tous et de chacun d’entre nous discipline, travail, courage, honnêteté et respect des textes.

RAO et PDG devraient partager le tort !

Si l’adversaire de Richard- Auguste Onouviet n’était pas informé de ce que la méthode qu’il a été amené à utiliser, n’avait plus cours au sein du parti, aurait-il pris le risque de l’expérimenter avec bonheur ? En d’autres termes, si Joël Ogouma ne soupçonnait pas le président de la deuxième chambre du Parlement gabonais de vouloir ou pouvoir recourir à des pratiques peu-orthodoxes, se serait-il si facilement conduit de la sorte ? Quelles mesures le PDG a-t-il prises pour éviter que pareille scène ne se produise ? Le mutisme qui entoure la réponse à ces question que nous pensons être essentielles pour la sérénité au sein du groupe qui ne cesse de se fissurer nous laisse rêveurs et nous de nous demander quid du futur, quand on sait qu’il n’y a jamais un sans deux et que des élections législatives se profilent à l’horizon, élections qui, à n’en point douter, donneront lieu comme d’habitude à de chaudes empoignades.

C’est l’occasion pour nous de rappeler la nécessité de changer de paradigmes en se faisant violence si l’on tient à ne pas être rattrapé par le temps qui, disait l’autre, est notre pire ennemi. Quelle leçon ces hommes politiques renvoient-ils aux populations qui les observent parfois en silence ? Sont-ils convaincus qu’en opérant de cette façon, ils sont dignes de bénéficier de la confiance populaire et d’extirper le moindre doute chez les populations qui n’ont de cesse d’émettre des réserves, même si elles ne sont pas le plus souvent entendues, sur le verdict des scrutins organisés sur le territoire national ? Que pense-t-on alors du dicton qui dit que l’exemple doit venir d’en-haut ? Tout cela donne l’impression que l’on continue à danser le tango qui veut qu’alors que l’on a déjà avancé d’un pas, l’on soit obligé de reculer de deux, voire trois pas. Ceci semble être un cri d’alarme sans doute partagé par de nombreux citoyens qui ne font plus mystère de ce qu’ils pensent de la pratique de la politique dans ce pays qu’est le Gabon.


Dounguenzolou

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