Edito : Allons à l’essentiel !

lundi 20 novembre 2017 Speciales


Ici au Gabon, le débat politique, non pas que celui- ci ne revêt pas tous les aspects de la vie sociale, pour ne pas dire le débat politicien, occupe la majeure partie de notre temps. Et pourtant, on ne voit pas grand-chose bouger, ce qui a pour conséquence de laisser pour des années, des populations dans la douleur et le désagrément. Or, faire de la politique, suppose être d’abord investi du pouvoir conféré par le peuple de gérer, mais ensuite être à même de s’investir dans les missions confiées. Aujourd’hui encore, la route tue, les inondations aussi, l’eau manque, même dans des quartiers qualifiés d’huppés, l’électricité subit des délestages, la route est, comme on le dit au quartier, coupée. Que de maux qui devraient normalement interpeller. Cependant, cela demeure comme si de rien n’était !

Pas sûr que la presse nationale évoquera avec les termes qui siéent les nouveaux drames que vivent ces derniers jours les Gabonais. Drames de la vie, drames récurrents, qui n’ont plus besoin d’être évoqués pour qu’ils soient connus. L’on se rejette la responsabilité entre l’État et citoyen, le premier condamnant le second de ne pas se plier aux règles en vigueur, le second, lui, soutenant que cet argument fallacieux repose sur le fait que la satisfaction des besoins du grand nombre n’est pas le souci premier des gouvernants.

Des deux, qui croire alors, lorsque nos regards ne sont guidés que par la réalité, c’est-à-dire ce qui saute aux yeux, ne tourmente l’esprit que lorsqu’il est mal fait ou insuffisant, insatisfaisant ? Depuis le début du mois de novembre 2017, comme si un malheur commençait à s’abattre sur la République, n’en déplaise à tous ceux qui pensent que le « bien, c’est eux » et « le mal, c’est les autres » quand bien même l’on sait, que chacun d’entre nous est duel, au sens où ces deux aspects l’habitent, des pluies diluviennes s’abattent sur le pays, venant malheureusement nous interpeller sur les insuffisances au niveau infrastructurel qui conditionnent l’équilibre social, celui-là qui vous amène apprécier à sa juste valeur la réalisation d’un élu local par exemple.

Parce que ce dernier est soucieux de faire aboutir le résultat de ses entretiens ou conversations avec les populations rencontrées, non pas pour qu’elles lui servent de simple document, mais pour qu’il s’en serve au point de faciliter la mise en place des politiques favorables et tenants compte des désidérata desdites populations.

« En attendant le vote des bêtes sauvages »

On a comme l’impression ici que le peuple est relégué au second rang et n’est utilisé que lorsque certaines personnes, pas souvent couvertes du sceau de la popularité et de la légitimité dont elles s’affublent, habitent de plus en plus les esprits et nous poussent à nous interroger, à la suite d’un Amadou Kourouma, si nos systèmes démocratiques, si systèmes démocratiques il y a, ont droit de cité, à partir du constat selon lequel la plupart de nos opérations électorales sont hélas contestées.Pourquoi ? Peut-être pas seulement parce que l’organisation n’a pas été à la hauteur des attentes, mais aussi parce qu’il nous est donné l’impression qu’il ne sert à rien de mobiliser des femmes et des hommes qui ont souvent autre chose à faire, pour les amener cautionner la forfaiture.

Sinon, comment admettre que bon nombre de nos politiciens s’agitent matin, midi et soir, pour obtenir des populations qu’ils soient étiquetés comme bienfaiteurs, alors qu’en réalité, et le terrain est là pour nous le démontrer, car seul à faire fi du langage démagogique, il n’en n’est rien ? L’actualité de ces derniers jours devrait nous interpeller : combien de morts sur les routes ? Combien, victimes des inondations ? Combien, parce qu’ils ont perdu leur emploi et donc leur raison de vivre ? Et pas toujours par leur faute. Mais, que fait l’État ? Occasion de revenir à la fable de la Fontaine au cours de laquelle, les acteurs mis en scène, subissaient chacun l’interrogatoire de « Jean de la… » au point que l’un d’entre eux, « la cigale », aille demander à l’autre, « la fourmi », qu’est-ce qu’elle faisait au temps chaud !

Cela ne nous recommande-t-il pas d’humaniser nos vies, regardant avec insistance le sort que subissent nos semblables, surtout quand on est en mesure de voler à leur secours ? Au lieu de tout le temps attendre que des catastrophes interviennent pour venir sur les dépouilles, donner « finalement » l’impression que l’on partage la même douleur que les « autres ». Pourquoi autant d’injustices et de légèretés lorsqu’il s’agit de traiter des questions du plus grand nombre, alors que c’est sur lui que l’on s’appuie pour asseoir sa notoriété ? Ces pluies qui s’abattent sur le pays, sur la capitale, Libreville, et ses environs notamment, ne devraient pas constituer l’unique raison expliquant les désagréments des populations qui, faut-il souligner pour certaines, payent le prix d’un certain entêtement, quand on sait que les pouvoirs publics sont de tout temps interpellés sur des questions vitales. A moins que…


Dounguenzolou

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