Edito : A quoi sert-il de déformer la réalité ?

lundi 16 septembre 2019 Speciales


Que n’a-ton pas entendu ou lu ces derniers temps au sujet de la tournée du Directeur de cabinet du président de la République Laccruche Alihanga à l’intérieur du pays ? Sans vouloir nous immiscer dans un débat qui nous dépasse, nous n’étant que de simples citoyens, nous venons marquer notre étonnement face à des agissements que l’on croyait en train de céder la place à des comportements plus honorables parce que sensés. D’aucuns prêteraient au « Dir.cab » des intentions hégémoniques qui ne trouvent d’explications que dans leur imagination fertile, car comment s’expliquer qu’il en soit ainsi lorsque par exemple des questions comme celle de la vacance du pouvoir ne sont pas à l’ordre du jour dans les milieux autorisés ? Pourquoi le citoyen lambda doit-il continuer à vouloir se substituer au gouvernement, à l’Assemblée nationale, au Sénat ou à la Cour constitutionnelle ?

Si l’on considère que tout État reconnu par la communauté internationale ne vaut que parce qu’il remplit les conditions juridiques liées à son statut à savoir : un territoire, une population, et des institutions, le Gabon est depuis le 17 août 1960, une République et devrait pour cela voir s’appliquer à lui ou contre lui des jugements de nature à respecter ces données. Or, quoique fassent les autorités dudit pays, nombreux sont encore les citoyens qui croient, parce que sans doute guidés par la mauvaise foi, l’ignorance ou le déni de réalité, qu’il leur est permis de véhiculer auprès de leurs compatriotes, des informations tendant à déformer les faits tels qu’ils se présentent.

La tournée à l’intérieur du Gabon entreprise par le Directeur de cabinet du président de la République à la demande de ce dernier répond à un souci de conformité et d’assurance venant tordre le cou à une presse tendancieuse et orientée qui se servirait de l’alibi selon lequel le chef de l’État gabonais en train de poursuivre des soins à Londres en Angleterre après qu’il ait été vu publiquement le 17 août dernier lors du défilé marquant le 59ème anniversaire du pays à l’indépendance, serait en incapacité de remplir les devoirs liés à ses fonctions, sans que les voix autorisées n’aient rien confié sur le sujet et donnant l’impression qu’il y a derrière cette volonté de travestir la réalité, celle sous-jacente d’amener les populations remettre en cause le discours officiel, le seul qui vaille et pourtant.

Avec les conséquences qui sont en partie celles de voir des imbéciles au sens premier du terme qui les définit comme des faibles d’esprit, s’agiter et ameuter les foules de sorte que celles-ci sortent dans la rue pour se comporter de la manière la plus rétrograde appelant les forces de sécurité à être mobilisées dans des circonstances qui ne méritent pas qu’elles le soient.

Restituer la réalité

Le Directeur de cabinet du président de la République qui entreprend une tournée dans l’hinterland, comment ne pas logiquement comprendre au nom des règles de bienséance et des normes hiérarchiques que cela ne peut à aucun moment provenir de sa propre volonté. De plus, comment ne pas admettre que, comme il l’a lui-même rappelé partout où il est passé, il est venu représenté le chef de l’État et le Distingué-Camarade-Président du Parti démocratique gabonais (PDG), qui l’a chargé d’aller transmettre pour le rappeler son message de paix, d’unité, de rassemblement autour d’un même idéal, celui consistant à travailler à la construction d’une nation dans laquelle les différentes populations, tout en acceptant la différence, doivent œuvrer à la consolidation de ce qui a de tout temps fait leur force et l’équilibre de leur pays, la Gabon, vu qu’elles n’ont pas, a-t-il coutume de dire, de patrie de rechange.

Croire dans ces circonstances que le Directeur de cabinet du président de la République a entrepris sa tournée pour oser se substituer à son patron est donc forcément illusoire, ce d’autant plus qu’aucun texte ne l’autorise à se comporter de la sorte. Certes, il est des gens, Dieu seul sait s’il ne sont pas nombreux, qui ont intérêt à alimenter la rumeur pour, dirait-on, exister, mais faut-il encore que leurs propos reposent sur des arguments fiables et plausibles, susceptibles de ne supporter aucune contradiction, ce qui n’est concrètement pas le cas en ce qui concerne la tournée effectuée à l’intérieur du pays par Brice Laccruche Alihanga qui tombe très certainement des nues lorsqu’il lui est rapporté que celle-ci visait son adoubement par les populations dans le dessein de se présenter en dauphin d’Ali Bongo Ondimba.

Rappeler des principes

Qu’à cela ne tienne, en homme politique qu’il est devenu et en tribun dont il est l’héritier de ses parents, les Alihanga, il est loin de penser naïvement que la vie est un long fleuve tranquille, ce pourquoi il lui parait toujours nécessaire de faire œuvre de pédagogie, ce qui implique qu’il doive être proche de ses compatriotes afin d’avec eux composer le refrain de l’unité et du vivre-ensemble si cher à Ali Bongo Ondimba. D’où il invite tous les Gabonais à s’inscrire en faux face au jugement tendant à le présenter comme bien d’autres personnalités avant lui, comme un vulgaire opportuniste en quête de pouvoir absolu puisqu’il sait en bon élève qu’il est, pour l’avoir appris de feu Omar Bongo Ondimba déjà, que le pouvoir se donne chez nous, mais ne s’arrache pas quoique l’on dise.

« Que ceux qui ont des oreilles entendent et ceux qui ont des langues confessent » dit-on dans nos traditions ! Si cette sagesse peut servir à ceux qui continuent de s’ériger en colporteurs de fausses nouvelles, qu’elle soit inscrite sur le fronton de tous les édifices pour ne pas dire dans tous les cœurs si ensemble nous tenons absolument à penser la destinée du Gabon de la meilleure manière qui soit.


Dounguenzolou

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