Edito : A QUAND LA FIN DES CONTRôLES INTEMPESTIFS ?

lundi 18 novembre 2019 Speciales


C’est à croire que les gradés des nos forces de sécurité et de défense ont soit perdu le contrôle de leurs troupes, soit démissionné, soit encore opté pour se servir de quelques soldats recommandés pour poursuivre le racket sur les rues de Libreville. Au finish, des difficultés de circuler sur des voies pour la plupart en piteux état, d’où le désagrément des usagers dont certains suffoquent dans leur embarcation, masquant leur colère quand ils ne se plaignent pas ouvertement de l’attitude affichée quotidiennement par les gens de nos corps.

Comment expliquer aux populations que ces différents contrôles observés tous les jours visent à asseoir leur sécurité quand on sait qu’elles sont souvent victimes même en présence de policiers, gendarmes ou militaires d’actes de vandalisme, de vol à la tire, d’agression aux conséquences parfois désastreuses sans que ceux qui ont prêté serment de leur servir fidèlement ne bronchent ? Par contre, remarque-t-on pour le déplorer, les cibles privilégiées de ces « braves » agents de l’ordre sont les transporteurs à savoir les conducteurs de taxi dont certains ont depuis choisi de changer de métier pour respirer un peu d’air oxygéné. Nombreux sont ceux des transporteurs qui ont fini par comprendre en quoi consiste le jeu puisqu’il leur suffit de sortir un billet de 500 ou 1000 francs selon les cas, billet qu’ils disposent à l’intérieur de leurs pièces afférentes à la conduite d’un véhicule pour ne pas que les clients ou les curieux ne sachent qu’un accord tacite est depuis passé entre ces deux « partenaires » que sont les agents et les transporteurs.

A beau remonter les plaintes vers la hiérarchie et saisir l’opportunité que leur offre la presse de dénoncer publiquement ce qui ressemble fort bien à des errements, inutile de dire que ceux qui se rendent coupables desdits errements quand ils ne sont pas en service, ce qui est une autre réalité, puisque nombre d’entre eux, sentant la fin du mois lointaine, s’investissent dans cette pratique pour se faire un peu d’argent sur le dos des automobilistes. Quelle honte a-t-on envie de dire car, en dehors d’être ceinturé par les Siro- Libanais chez qui sommeillent dans les comptoirs plus d’une carte bancaire, la majeure partie de nos agents se distinguent par son incapacité à gérer correctement ses deniers.

Quel respect veulent- ils, ces agents, qu’on leur confère quand on sait quelles sont leurs missions qu’ils ont du mal à remplir ? C’est pour nous l’occasion de réfléchir sur le rôle de l’armée en temps de paix. Ces policiers, gendarmes et militaires qui passent beaucoup plus de temps dans la rue ou dans les débits de boisson à vanter des mérites même illusoires devraient à notre humble avis être mobilisés là où la société les attend le plus, à savoir des travaux comme ceux concernant le pavoisement des voies à l’approche de manifestations nationales, les voiries quand on sait les difficultés qui sont celles des sociétés chargées de collecter les ordures ménagères (Averda, Agli et autres Sovog avant elles), la construction des routes, les plantations pour nourrir les populations et contribuer utilement à la réalisation des économies, le Gabon important chaque année plus de 400 milliards de francs CFA de produits alimentaires et cela ayant des conséquences fâcheuses sur l’équilibre des comptes publics qui ne sont renfloués par ces temps de morosité économique qu’à l’aide d’une gymnastique exigeant des dirigeants qu’ils aillent s’agenouiller devant les bailleurs de fonds internationaux pour obtenir d’eux qu’ils leur viennent en aide en leur accordant des prêts qui, s’ils ne sont pas remboursés à temps échu, rendent le pays purement et simplement inéligible, ce qui complique davantage sa situation.

Travailler à mériter respect !


Les contrôles intempestifs auxquels nous faisons allusion donnent l’impression que nos forces manquent de maîtrise, car à la différence d’autres pays, y compris sur le continent, elles s’adressent aux mêmes usagers de la route plusieurs fois parfois par jour, ce qui laisse croire qu’elles les rançonnent. Si elles sont par exemple convaincus que parmi eux existent des personnes qui ne sont pas en règle, pourquoi ne pas simplement les soumettre aux règles en vigueur en République gabonaise ou étudier la possibilité de les expulser. Sous d’autres cieux, toute personne étrangère entrant sur le territoire national est sensée être connue, est- ce le cas chez nous ? Si oui, qu’est- ce qui expliquerait alors que les étrangers victimes de contrôles intempestifs sont en règle et n’ont commis aucun impair, qu’ils soient sans cesse la cible des agents qui de surcroît les spolient.

Quelle image croit-on que l’on renvoie non seulement vers les nationaux, mais aussi vers l’extérieur qui devrait assurément s’interroger sur ce qui se passe en réalité dans un pays que l’on dit être un pays de paix ? « Braves » agents, ce qu’il vous est demandé de faire, c’est d’appliquer strictement ce pourquoi vous avez prêté serment et non de vous faire remarquer par vos déviances sans fin pour que vous méritiez un minimum de respect quand bien même l’on sait aujourd’hui plus qu’hier votre image écornée du fait de vos comportements à la limite du blâmable. Vous gagnerez ainsi en autorité et mériterez le respect qui devrait être le vôtre dans une société à cheval sur les valeurs cardinales. Certes, savons- nous qu’il vous est parfois difficile de rouspéter puisqu’il est un principe qui veut que vous obéissiez avant de bouder, mais vous rappeler quand même qu’il vous faut, comme vous le faites devant votre miroir, vous regardez dans une glace avant que d’agir comme vous le faites assez régulièrement sur les rues des grandes villes au vu et au su de tout le monde. Vous ferez gagner au Gabon de précieux points dont il a besoin pour être pris au sérieux par les autres nations qui nous regardent avec curiosité, car si leurs ressortissants ont souvent trouvé refuge chez nous, c’est sûrement parce qu’ils jugent que leurs intérêts sont ici garantis. Les ennuyer chaque jour dans l’accomplissement de leurs activités, c’est non seulement porter un coup au fonctionnement de la machine économique gangrenée par des maux comme la corruption, mais aussi renvoyer une image négative vers l’extérieur.


Dounguenzolou

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