Edito : 2018 Bye-bye, bienvenue 2019 !

lundi 31 décembre 2018 Speciales


Quel est le sentiment partagé par toutes les populations du monde lors de l’avènement d’une nouvelle année si ce n’est celui à travers lequel elles demandent avec insistance au créateur d’œuvrer en faveur d’un changement qualitatif de leurs conditions d’existence ! Sentiment alors partagé pour que nous nous soustrayions à ladite demande, ce d’autant plus qu’elle représente ce qu’il y a de plus humain à nos yeux au vu des conditions parfois exécrables dans lesquelles les plus des ¾ des hommes peuplant la terre sont maintenus par leurs semblables de dirigeants. D’où l’appel à un saut de page au cours de l’année que nous entamons. Mais qu’est-ce à dire ?

A-t-on entendu parler de gens pour qui l’essence de la vie, même si on proclame que celle-ci est un combat ou qu’elle ne vaut rien quoique l’on soutient que rien ne la vaut, serait de souffrir jusqu’à la résignation ? La réponse est logiquement non, car partout où l’on passe, revient la sempiternelle question de l’amélioration des conditions de vie. C’est dire que quoiqu’il soit, l’être humain est guidé où qu’il soit par l’envie de se satisfaire en capitalisant ses erreurs, faisant passer les défauts et faiblesses pour des conseils utiles. Constituer une barrière à la réalisation de son destin devrait être assimilé à poser des actes contraires au texte de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 et à tous ceux qui à sa suite font état de la préservation et l’observation des droits fondamentaux de la personne humaine. En fait, il est impérieux pour les gouvernants, ceux qui ont en mains le destin de leurs semblables, de veiller à ce que ces derniers aient un minimum de satisfaction morale, matérielle et financière pour oser se réaliser dans un univers de plus en plus hostile du fait non seulement de la surpopulation, mais aussi des crises multiformes qui vont des endogènes aux exogènes.

Comment concevoir qu’alors que certains États regorgent de potentialités énormes, l’Afrique constituant un véritable réservoir de matières premières, bien entendu inégalement réparties, ils continuent de figurer au hit- parade des nations les plus pauvres et assistées de la planète ? Comment concevoir que la mal-gouvernance soit encore une marque de fabrique quand on sait l’accent mis sur la formation de l’élite sous toutes ses formes ? Comment admettre que des personnalités se disant investies du pouvoir populaire en soient à maltraiter le peuple, agissant à l’opposé des promesses faites à celui-ci ? Comment fermer les yeux sur des exagérations nuisibles visant souvent la satisfaction des désirs du seul prince ? Comment militer en faveur d’un système répressif qui n’accorde que très peu de place à la voix du peuple, dire que l’on dit être en démocratie ?

Vivement un jour nouveau !

Il y a visiblement beaucoup de corrections à apporter au fur et à mesure que l’on évolue dans le temps. Pour ne pas que l’on continue d’être à la remorque des autres. Après tout, cette situation loin de nous favoriser nous assujettis en même temps qu’elle n’est pas loin de nous vassaliser. Un proverbe bantou dit que si un serpent vient à vous demander de lui passer la charge que vous portez, donnez-la-lui. Est-ce à dire qu’en réalité vous seriez prêts à vous soumettre à un tel exercice quand bien même vous savez le serpent incapable de porter votre charge du fait de sa morphologie ? L’Afrique de 2019 doit travailler à véritablement se démocratiser en donnant sa place au peuple, ce qui garantirait la paix, la seule qui vaille, poserait les jalons de la critique scientifique dénuée de tout jugement de valeur, faciliterait les prises de position en développant l’esprit d’analyse et façonnant l’opinion de tout un chacun.

De sa démocratisation découlerait les germes d’une gouvernance acceptable puisque soumise aux jugements de ceux pour qui s’exerce le pouvoir en tant qu’il est instrument chargé de veiller à la protection des citoyens. Dans ce registre, la presse devrait se battre pour occuper la place qui lui revient de droit en s’affranchissant davantage de la tutelle gouvernementale, évitant de verser dans la propagande ou la publicité, car l’on attend énormément d’elle pour jouer le rôle de contre-pouvoir qui lui est reconnu dans les grandes démocraties occidentales. Le ministre doit repartir à l’étymologie du mot pour se convaincre que plutôt que de passer le plus clair de son temps à amasser des richesses sur le dos du contribuable, il devrait être résolument à son service et devrait pour cela lui rendre compte ou démissionner lorsqu’il sait ses missions loin d’être correctement remplies pour qu’un autre fils du pays, peut-être plus vertueux et compétent, vienne rendre au peuple ce qu’il mérite.

L’argent détourné ou volé doit cesser de prendre la direction de l’extérieur, des paradis fiscaux, en un mot des « poches de ceux qui en ont déjà » comme le décriait dans l’un de ses opus le musicologue gabonais Pierre-Claver Akendengué. Une place assez importante devrait être accordée à l’épargne nationale pour éviter de trop se tourner vers Dames FMI ou Banque Mondiale qui ne nous feront jamais de cadeaux. Car, s’endetter sans interruption suppose que l’on condamne les générations futures pour lesquelles nous sommes sensés œuvrer de telle sorte qu’elles se souviennent de nous comme de parents ou simplement de prédécesseurs dignes d’éloge. En somme, l’on gagnerait après chaque année à faire notre introspection sans complaisance, à regarder la poutre qu’il y4a dans notre œil afin d’étudier la manière dont l’on devrait procéder pour l’extraire.

C’est un acte de courage qui n’est pas donné, mais après tout, il faut bien que l’on passe par cette auscultation et cette thérapie pourquoi pas pour voir notre corps mieux se porter aux fins d’améliorer nos prestations et d’entrer royalement dans le monde de ceux qui réussissent. Le succès n’est-il pas à ce prix ? De 2018, prenons ce qui nous a semblé nous réussir tout en rejetant, c’est une lapalissade, tout ce qui a constitué une entrave à la bonne marche de nos « affaires » pour que l’on entre dans 2019 nanti d’un nouvel état d’esprit susceptible de nous conduire sur la voie de la réussite et de la prospérité pour tous. Plus qu’un souhait, une exigence.


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs