Edito : 15 octobre, quel souvenir ?

lundi 22 octobre 2018 Speciales


Le 15 octobre dernier, les populations de Ndendé en particulier et du département de la Dola en général avaient rendez- vous avec l’histoire à l’occasion de l’anniversaire de la disparition de Pierre Mamboundou. Une cérémonie marquée par une messe de requiem et une visite au mausolée avant un cocktail offert au domicile du défunt par sa famille conduite par son épouse. Il serait injuste de parler de fausse note, mais plutôt de regrets accumulés.

Certes la messe de requiem et le cocktail pour les raisons que l’on peut aisément imaginer, ont tenu leurs promesses en raison de l’affluence que continue d’inspirer Pierre Mamboundou à l’essentiel des Ndendéens, mais l’état dans lequel se trouve le mausolée inachevé dans lequel repose l’illustre disparu a de quoi inquiéter ou inciter à l’interrogation au bas mot. Surtout lorsque l’on se fie aux récits presque convergents des témoins pour qui dans la plupart des cas, la famille elle-même serait en grande partie responsable non seulement du non-achèvement de l’œuvre d’art, mais aussi et surtout de l’état de délabrement dans lequel l’édifice se trouve. D’aucuns bien aussi nombreux que les premiers n’hésitent pas à pointer un doigt accusateur en direction des plus hautes autorités du pays qui auraient, selon eux, donner de fermes garanties au sujet du financement des travaux jusqu’à leur achèvement.

Des deux thèses, laquelle croire ? Peu importe la réponse, car au-delà de tout ce qui se dit, il s’agissait par l’érection du mausolée de doter la ville de lieux de savoir dont une bibliothèque manquant tant à la ville, voire d’un centre multimédia susceptible d’intéresser le public à l’ère de la génération Androïde pour que lui aussi soit au fait en temps raisonnable des réalités du monde et puisse agir conformément aux pulsions de ses contemporains.

15 octobre, alors morose ?

D’où la question que nous nous posons de savoir sous quel signe a été célébré cet évènement qui aurait dû, circonstances obligeaient, revêtir une toute autre signification au vu de l’homme de culture qu’était feu Pierre Mamboundou et de son héritage dont le tout Ndendé, toute modestie gardée, se réclame depuis l’homme politique jusqu’au citoyen lambda qui attend peut-être plus que le premier cité que cette œuvre gigantesque martèle les esprits pour qu’elle donne aux populations ce qu’elles sont en droit d’attendre d’elle. Peut-être faut- il qu’en dehors de la famille et des pouvoirs publics, la mairie de Ndendé qui aura bientôt un nouveau locataire à la faveur des locales du 6 octobre dernier se souvienne qu’il fut un temps un édile nommé Pierre Mamboundou pour qu’elle lui rende ou milite en faveur de le faire les honneurs dus à son rang si dans l’esprit des nouvelles autorités municipales, l’illustre disparu valait la peine d’être honoré, fut-ce à titre posthume. Ainsi, reposerait-il en paix comme on le souhaite d’ailleurs à tous ceux qui nous ont quittés.


Dounguenzolou

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