Économie : Les dirigeants du G7 sous pression

lundi 8 août 2011 Speciales


A quoi pourrait ressembler l’ouverture aujourd’hui des marchés financiers ? C’est une question centrale et qui inquiète le G7. Les responsables des pays les plus industrialisés devaient s’accorder sur une réponse concertée face à la crise de la dette en zone euro et la dégradation de la note des Etats-Unis. Standard & Poor’s (S&P) avait retiré vendredi dernier aux Etats-Unis la prestigieuse note « AAA ».

Et, bien évidemment, cela n’est pas sans conséquence sur les marchés. A l’heure qu’il est, il y a polémique autour de cette noté jugée exagérée par des milieux américains. Connue pour son sérieux et ses compétences, cette agence a été créée en 1941. Et de mémoire de financier, ses décisions sont rarement remises en question. S&P a abaissé la note des Etats-Unis d’un cran à « AA+ », invoquant « des risques politiques » liés à l’énorme dette publique américaine, qui dépasse « 14.500 milliards de dollars ».

Pour le Trésor américain, l’agence a commis une « erreur de 2.000 milliards de dollars » dans les projections de déficit budgétaire jusqu’en 2021. Les marchés s’y attendaient déjà largement, a tempéré l’économiste en chef pour l’Europe de S&P, Jean-Michel Six, cité hier par l’AFP. Pour lui, l’inquiétude des marchés « porte bien plus sur la reprise », sur la vigueur de la reprise économique que sur telle ou telle note en particulier.

Pas tout à fait le point de vue de nombreux économistes qui craignent cependant une descente aux enfers des marchés. Explications : le fait que Standard and Poor’s ait finalement appuyé sur la gâchette (...) va sans aucun doute ébranler les marchés financiers à leur ouverture aujourd’hui, résume Paul Dales, analyste chez Capital Economics, basé aux Etats-Unis, et cité également par l’AFP. En tout cas, l’économie mondiale n’en est pas encore dans le rouge, mais pourrait s’en approcher, ou même s’y installer, si les dirigeants des économies les plus développées n’arrivaient pas à s’entendre sur l’essentiel, c’est-à-dire enrayer la spirale baissière des Bourses mondiales. Les ministres des Finances et présidents des pays du G7, qui rassemble les Etats-Unis, l’Allemagne, le Japon, la France, le Canada, l’Italie et la Grande-Bretagne, ont multiplié les contacts téléphoniques ce week-end afin d’élaborer une stratégie commune. Les pays du G20, qui regroupe les principales économies de la planète, ont tenu eux hier une conférence téléphonique d’urgence sur la crise de la dette et le coup dur porté aux Etats-Unis, a indiqué le vice-ministre sud-coréen des Finances Choi Jong-Ku, cité par des médias européens. Cette concertation avait été précédée d’une télé-conférence des ministres des Finances du G7 et de leurs conseillers, entourée du plus grand secret. Une autre télé-conférence entre ministres des Finances et banquiers centraux du G7 devrait suivre avant la réouverture aujourd’hui des marchés financiers en Asie, selon des médias japonais, qui évoquent la possibilité d’une déclaration commune destinée à calmer les marchés. Parmi les pistes à l’étude figure une éventuelle intervention de la Banque centrale européenne (BCE), qui pourrait acheter dès aujourd’hui des obligations d’Etat italiennes.


La Tribune d’Algerie

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