Edito : Du rôle du militaire en temps de paix

lundi 6 août 2018 Speciales


A l’instar de leurs collègues du génie militaire, les autres membres des corps habillés comme on a coutume de les appeler devaient, plutôt que de passer le plus clair de leur temps (de paix) à racketter taxis et autres transporteurs en commun sur toutes les artères de Libreville, bien sûr que cela rapporte aux gradés et à eux-mêmes par ricochet, s’impliquer ou être impliqués dans des travaux à haute finalité sociale qui épargneraient le gouvernement de certaines dépenses onéreuses au moment où celui- ci dit s’investir plus que jamais dans la réalisation de projets visant la relance économique.

En Afrique, certes il est admis que les populations dans leur grande majorité ont depuis la nuit des temps pratiqué l’agriculture de subsistance qui sert à nourrir essentiellement la famille, mais il est des pays qui se distinguent d’autres par leur capacité à la mécaniser aux fins d’exporter les excédents. Ce sont ceux dont on dit qu’ils ont atteint comme le Cameroun l’autosuffisance alimentaire. Le Gabon constitue une exception puisqu’il continue d’importer en masse des produits alimentaires à coup de centaines de milliards de francs CFA chaque année, ce qui pèse dans le budget de l’État. Et, malgré l’annonce et l’application de projets agro-alimentaires, nous citons en exemple le plus en vue du moment, le projet Graine, le pays éprouve toujours du mal à se prendre en charge pour des raisons à multiples facettes qui vont de l’insuffisance des financements alloués auxdits projets à celle des ressources humaines mobilisables pour sa matérialisation, à cause parfois de l’exode rural qui se traduit le plus souvent par des déplacements vers les villes, les centres urbains « industrialisés », d’une bonne partie de la main d’œuvre active, c’est- à dire essentiellement les jeunes qui ne trouvent plus leur compte au village comme cela l’était par le passé.

Alors, la question qui se pose naturellement ici est celle de savoir comment faire pour combler ce déficit et permettre non seulement au Gabon d’engranger des économies, mais aussi de nourrir ses quelques deux millions de bouches. La réponse pour qu’elle soit viable devrait être simplement que les autorités réfléchissent à la manière dont elles doivent opérer dans la gestion du phénomène qui a des ramifications sur les plans financier, matériel, mais aussi et d’abord, allions- nous avancer, humain pour la bonne et simple raison que les ressources humaines sont au début et à la fin de toute politique. En d’autres termes, l’homme est l’alpha et l’oméga en ce sens qu’il est celui qui réfléchit quand il s’agit de produire pour qu’il se satisfasse lui- même. Histoire de dire que le gouvernement qui est conscient des faiblesses qui empêchent l’évolution du pays vers la réalisation de l’autosuffisance alimentaire, doit adopter une attitude qui vise à permettre l’adéquation entre les projections et leur effectivité. Comme quoi, il lui appartient à lui de voir comment joindre l’acte à la parole ou, si l’on veut, comment faire que ce qui relève de la pensée soit traduit dans les actes. Et c’est ici que commence notre réflexion visant à impliquer, ce d’autant plus que le pays vit une période de paix, les corps habillés dans la réalisation des projets agricoles qui seraient beaucoup plus rentables que les rackets observés à longueur de journée dans nos villes, rackets qui ternissent leur image plutôt que de la présenter sous une facette reluisante.

De l’usage des forces de défense et de sécurité en temps de paix

Un soldat qui se lève le matin pour se rendre à son lieu de travail a certes l’obligation de saluer le drapeau, ce qui lui est recommandé parce qu’il est dit qu’il est appelé servir sous cet emblème national en signe d’affirmation de son engagement à protéger le territoire et les hommes qui le peuplent devant une agression extérieure ou un mouvement terroriste quoiqu’il soit. Mais, son rôle doit- il être confiné à cela ? Question pertinente lorsqu’il s’agit de poser au devant de la scène des arguments tel celui consistant à élaborer des politiques visant l’alimentation des populations.

Ceux que l’on appelle les corps habillés, au lieu d’être envoyés sans cesse mâter des mouvements sociaux, regroupements et autres marches, gagneraient à être impliqués dans l’accomplissement de tâches agro- pastorales qui les grandiraient en les rapprochant davantage des populations qui finiraient, contrairement à ce que l’on vit actuellement, à les porter dans leur cœur. Bien plus, ces corps habillés seraient beaucoup plus utiles au développement du pays qu’ils ne le sont maintenant. Cela contribuant également à les maintenir en forme, ce dont ils devraient de tout temps avoir besoin si tant est qu’ils doivent se dire qu’ils peuvent être mobilisés pour une cause ou une autre dès que besoin se fait sentir. Au lieu de passer le plus clair de leur temps à écumer les bars et dépôts de nos villes, affrontant au passage des civils parfois ivres non pas qu’ils ne soient pas des hommes au même titre que leurs compatriotes ce qui leur confère quelques libertés également, il serait mieux de les voir à l’œuvre dans un champ ou une plantation par exemple, semant ou récoltant selon la période pour participer à l’œuvre d’alimentation du grand nombre et à celle de réalisation d’économies substantielles pour le compte de l’État qui en a, dans le cas du Gabon aujourd’hui, le plus grand besoin s’il est réellement prouvé que ce que recherche le gouvernement est d’arriver à matérialiser le projet Graine, à faire qu’il ne soit plus perçu par les populations comme une chimère et à presser les efforts dans le sens de la réalisation d’économies, lui, qui continue de s’endetter auprès des organismes financiers internationaux pour répondre aux exigences socio- politiques de l’heure.


Dounguenzolou

Vos commentaires

  • Le 7 août à 11:33, par ENDUNDU En réponse à : Edito : Du rôle du militaire en temps de paix

    Mr Dounguenzolou, vous vous fourvoyez dans votre édito aux analyses rancunières et partisanes. C’est dommage pour un internaute de votre acabit, vous prouvez à vos lecteurs votre méconnaissance des missions régaliennes que les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) assurent. Pour vous rafraichir, elles ont des missions permanentes de défense de l’intégrité du territoire, de lutter contre toutes formes d’agression venues de l’extérieur et de la sécurité des personnes et des biens. Vous auriez bien fait si vous incitiez les populations civiles à prendre davantage conscience sur les activités agricoles génératrices d’une autosuffisance agricole que de vouloir détourner les FDS de leurs missions qui sont aussi complexes que cela puisse paraitre. A vous voir écrire, vous étaler une haine gratuite sur des compatriotes qui incarnent une institution née avec l’Etat et ne pourra disparaitre que si l’Etat arrivait à disparaitre également... Bien sur que dans tous secteurs on trouve des brebis galeuses( même dans le tien) ,mais n’empêche que cela fonctionne. Quand il ya corrompu ce qu’il ya corrupteur. Donc vos tirs groupés sur les FDS n’est que diversion et sont abjects.

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