DSX et BVMAC : L’inévitable alliance ?

vendredi 3 février 2017 Economie


Poursuivies par leur communauté régionale, la Douala Stock Exchange (DSX) et la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC) sont de nouveau appelées à s’unir. Une option de nouveau en réflexion mais qui pourrait échouer tout comme les précédente initiatives.

De l’impossibilité à l’inévitable, la frontière pour le rapprochement des deux seules bourses de la sous-région CEMAC, la Douala Stock Exchange (DSX) et la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC) se resserre. Comme dans le passé, les organes régulateurs du marché financier sous-régional, la Commission de surveillance du marché financier d’Afrique centrale (Cosumaf), en l’occurrence, réfléchit actuellement à l’hypothèse d’une fusion de ces deux entités rivales depuis leur création.

Avec le retard économique accumulé par la sous-région, la question devient plus que jamais cruciale et s’impose comme préoccupation majeure, mais ni le Cameroun, ni le Gabon ne semblent volontairement prêts à accepter cette option malgré le fait que la question devient quasiment « inévitable » et d’une urgence capitale pour tous les Etats membres. Et ce refus perdure en raison des conflits d’intérêts et de la bataille de leadership que se livrent le Cameroun et le Gabon pour héberger l’unique place boursière de la sous-région. A cette bataille, s’ajoute, les faiblesses structurelles propres aux pays membres qui n’ont pas favorisé l’éclosion des deux places boursières.

Pour sa part le Cameroun soutient depuis longtemps que « Si les mécanismes de base et les mesures qui peuvent servir à plus de connaissances sur ce qu’est le marché financier sont pris en compte, il y a assez de potentiel économique, assez de ressources et assez de projet pour plus d’une bourse en Afrique centrale ». Quant au Gabon, sans nulle autre option, s’est souvent vanté d’avoir posé les bases de l’unification d’un marché financier sous-régional unique.

Maximiser le rendement boursier

Si l’hypothèse est de nouveau remise sur la table ce n’est pas parce que les deux places boursières n’ont pas leur valeur mais plutôt leur existence jusqu’à présent n’a jamais tiré l’économie de la sous-région vers le haut. Cette entorse à la coexistence des deux places boursières, a été appuyée par l’existence d’un marché sous-régional étroit, moins bien encadré et dans lequel l’activité économique peine à se développer. Du coup, cela a renforcé le problème de la capitalisation boursière en raison, notamment du faible nombre d’entreprise en activité.

En une dizaine d’années, les deux places boursières ne sont parvenues à lever que 170 milliards de francs CFA, soit 0,4% du PIB de la sous-région là où, les capitalisations des autres places boursières excèdent les 5 000 milliards de francs CFA. Cette nouvelle hypothèse pourrait-elle seulement aboutir à quelque chose ? C’est la question qu’on peut aujourd’hui se poser. Si les bases semblent être jetées avec l’implication du Cabinet de conseil en stratégie français Roland Berger pour y arriver, rien n’assure pour autant que les deux hébergeurs boursiers, le Cameroun et le Gabon qui se livrent bataille depuis des années seront enfin prêts à cheminer ensemble. Le cas échéant les activités seront segmentées en deux blocs : actions (DSX) et obligations (BVMAC). Grâce à cette spécialisation, le rendement boursier est estimé à 1000 milliards de francs CFA d’émissions d’ici 2020. Mais pour cela, il faut de la vision et de l’optimisme de la part des dirigeants des deux places boursières.


Michael Moukouangui Moukala

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