Droits des consommateurs : Un principe largement bafoué au Gabon

vendredi 16 mars 2018 Economie


Les injustices dont sont victimes de nombreux consommateurs au Gabon rappelle à quel degré ce combat débuté depuis les années 60 au niveau international peine à être gagné dans un pays où, le consommateur doit se cantonner dans sa position de simple consommateur. En référence à la journée mondiale des consommateurs célébrée hier, jeudi 15 mars, l’occasion est peut-être donnée de faire un bref tour d’horizon de ces injustices.

Lésés dans leur position de consommateurs, de nombreux gabonais sont victimes d’une injustice qui du point de vue du droit international ne s’explique pas. Des principes énumérés pour protéger les consommateurs à savoir, le droit à la sécurité, à l’information, à choisir, à être entendu, à l’éducation, à la réparation du tort, à un environnement sain, à la satisfaction des besoins de base, sont rarement appliqués à la lettre. Certains producteurs conscients du laxisme dont fait preuve la législation gabonaise se plaisent à gonfler leur chiffre d’affaires sans pour autant veiller à la satisfaction de ces droits mondialement reconnus auprès des consommateurs.

En effet, qu’il s’agisse de la téléphonie mobile, de l’alimentation, du vêtement, du logement, de l’eau et de l’électricité, de la construction, de la restauration, du transport, de la santé et de l’éducation, bref, ou l’accès aux infrastructures de base, aucun secteur n’est épargné par ce vent d’injustice socio-économique qui touche directement les consommateurs locaux. Afin d’en garantir l’application et de combler certains vides juridiques, l’Etat gabonais est parfois monté au créneau comme en 2012, avec l’exonération des droits de douanes sur les produits de première nécessité qui a coûté à l’Etat environ 11 milliards de francs CFA, ou encore, il y a quelques mois avec la décision par le ministère de l’Economie d’une réduction globale de l’ordre de 15% sur ces mêmes produits . Un effort consenti par les autorités sans toutefois une application réelle à long terme. Un jeu de dupe qui se déroule sous le regard impuissant du consommateur local et des ONG des défenses de droits des consommateurs qui souvent, n’ont pas la mesure de leur action.

Contrairement à l’adage connu de tous, « le consommateur est tout sauf roi » au Gabon. L’inflation galopante des produits de première nécessité, le manque d’accès à certains services de base comme l’eau et l’électricité pour certains habitants issus des quartiers défavorisés, le manque de voies de communication viables montre la gravité d’une situation expressément tolérée. Bien que le consommateur ait sa part de responsabilité, la plus grande responsabilité revient à l’Etat dont le rôle dans cette lutte est mitigé. Les agences de préservation de la sécurité des consommateurs telles que l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) ou encore la Direction générale de la concurrence et de la consommation (DGCC) entretiennent encore plus la dégradation de ces droits du fait de leur manque de réactivité vis-à-vis de la situation. En témoigne, les cas de violations de droits des consommateurs perpétrés des années durant par la SEEG ou encore le manque de vigilance dont fait preuve l’AGASA dans le traitement de certains dossiers de nature à nuire au consommateur.


Michaël Moukouangui Moukala

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs