Dossier Marche de l’opposition

Edito : Pour que Démocratie ne rime pas avec dictature !

lundi 25 juillet 2016 Speciales


On a du mal à savoir qui du pouvoir ou de l’opposition a raison ou tort, tant les arguments défendus par l’un et par l’autre camp prêtent à confusion, au point d’amener les observateurs à se poser la question de savoir qui faut-il à ce moment là croire ? Certes, l’on peut penser que l’Exécutif et ses soutiens ont à cœur d’user de méthodes tendant, et c’est légitime, à reconduire le président Ali Bongo Ondimba au pouvoir en 2016, mais est-il fondé que l’opposition qui les traite de tous les noms d’oiseau ne se sert pas du contexte volatile pour tenter d’embraser le pays ?

Nous étions présents sur les lieux de la manifestation au siège de l’Alliance démocratique et républicaine, Adere, aile Didjob Divungui Di Nding, samedi dernier lors de la préparation de la marche convoquée par l’opposition dans le but d’amener Ali Bongo Ondimba à revenir sur sa décision de briguer une nouvelle fois le fauteuil présidentiel, arguant que son dossier est entaché d’irrégularités, son acte de naissance étant faux.

Nous étions également au rond point de la Démocratie où nous avons constaté des barrages érigés par la police pour empêcher toute manifestation de se tenir, du moins sur cette enceinte souvent utilisée pour manifester le mécontentement contre un pouvoir qui, selon l’opposition, reste sourd aux revendications légitimes du peuple gabonais. Ce pourquoi, celle-ci est décidée à le combattre par tous les moyens à sa disposition.

Mais, comment ? Quand on sait les instruments de la transparence apparemment verrouillés eu égard au fait que la Commission électorale nationale indépendante et permanente, Cénap, que l’on dit à tort ou à raison aux ordres qui sera sans doute suivie par la Cour constitutionnelle très attendue sur le sujet de la validation de la candidature du chef d’Etat gabonais, semblent aux dires de bon nombre faire la part belle au pouvoir.

Il se susurre que les dés sont pipés, en attestent les échos de la tournée républicaine entreprise par le numéro un gabonais. Ce qui donne l’impression que l’opposition divisée risque de recourir à la logique de l’affrontement, elle, ayant l’expérience de l’organisation et du déroulement des scrutins dans le pays. L’affrontement ne signifierait pas ici, le canon contre le canon, mais l’appel à des procédés autorisés par la loi qui ne seront très certainement pas du goût des tenants du pouvoir, eu égard au fait qu’ils brandissent indéfiniment la paix comme éventail.

Ce qu’il est important de savoir, c’est que personne ne gagne à ce que le peuple ne soit pas satisfait du résultat des urnes, ni le pouvoir, ni l’opposition qui compte de nombreux transfuges de l’ancien système PDG, car ce même peuple a depuis attendu des mutations idéelles et matérielles pour conforter la thèse selon laquelle le Gabon est bien en marche vers le développement, ne parlons pas d’émergence, celle-ci étant encore lointaine.

Et ces mutations en question commencent par le changement de paradigmes, remplacer par exemple l’usage de la force par la concertation, la pratique populiste par la popularité qui semble être plus positive et le discours creux et vaseux par une présentation claire des idéaux guidant l’action de celui qui sollicite les suffrages.

Pour ce faire, le peuple veut voir la contradiction s’installer et la « vérité » ne pas sembler être l’apanage d’un camp, parce que ce qu’il espère, c’est que les intérêts personnels cèdent la place au nationalisme au sens où celui-ci représente le travail quotidien à l’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens. Histoire de dire qu’il doit désormais être rangé dans les tiroirs de l’histoire le temps des prébendes, des clans, des fratries qui a montré ses limites pour ouvrir la voie à ce que le père Paul Mba Abessole, du temps de sa splendeur idéologique, qualifiait de « libération des intelligences » et que Pierre-Claver Akendengué, à moins que nous nous trompions, reprend aujourd’hui par l’expression « libérée la liberté ».

L’arène politique ne doit donc pas être l’affaire de certaines personnalités, c’est pourquoi journalistes et autres forces de l’ordre doivent s’interroger sur le rôle qui est le leur dans la régulation des opinions et des comportements pour avec professionnalisme éviter des dérapages qui pourraient être regrettables. Autant les premiers doivent veiller à être pluralistes surtout en des temps aussi sensibles, autant les seconds doivent s’appliquer dans la sauvegarde de l’ordre public, sans exagération ou inféodation aucune.

Que dire de la justice dont certains pans sont sans cesse invités au ressaisissement, c’est-à-dire à ne dire et lire que le droit pour donner à chacun ses chances, ce qui signifierait que c’est le Gabon et son peuple qui sortiraient vainqueurs, la Démocratie que le politique américain Abraham Lincoln définissait comme le Gouvernement du Peuple par le Peuple et pour le Peuple devant à ce moment-là seulement avoir droit de cité chez nous.

Cela commande que les autorités mettent véritablement en place des instruments devant garantir la crédibilité des opérations qu’elles sont amenées à gérer. Cela évite des crises de tous genres qui n’honorent pas leur pays à la face du monde, dire que l’on vit ce que le canadien Marshall Mac Luhan dénommait « le village planétaire » qui nous soumet à la critique parfois acerbe du citoyen de la planète.

Ceci est un avertissement aux hommes politiques de tous bords qui ont parfois la fâcheuse manie de prendre à la légère l’activité à laquelle ils se livrent pour la réduire lamentablement à quelque chose de simplement ludique. Car comment, alors que l’on sait un parti politique né avec pour principale ambition la prise du pouvoir, se muer au gré de ses intérêts en soutien d’autres formations politiques ne partageant même pas les mêmes idéaux que la nôtre ?

De même, comment concevoir qu’alors que l’on sait que le « mal » est quelque part, ne pas s’unir pour l’extirper si tant est que votre observation est fondée, pour tenter de l’éloigner ou de l’éradiquer au lieu de passer son temps à discourir sur des questions au demeurant secondaires.

Qu’attend le peuple des hommes politiques ? Qu’ils soient francs avec lui, qu’ils s’investissent réellement dans la satisfaction de ses besoins, vitaux surtout, qu’ils soient en harmonie avec lui de tout temps, qu’ils lui donnent la garantie que sa sécurité sera toujours assurée, que la Déclaration universelle des droits de l’Homme ait l’allure d’un bréviaire, que la règle « à chacun selon ses dispositions » soit appliquée pour que personne ne soit à la remorque de l’autre ou qu’il n’y ait pas de discriminations criardes entre citoyens d’une même République, qu’ils s’oublient pour penser à la communauté, que sais-je ?


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs