Données civiles : Désormais tous identifiables !

vendredi 4 octobre 2019 Société & environnement


Au Gabon, chaque citoyen ou personne sera désormais identifiable par un Numéro dit d’identification personnel (NIP). Projet de loi proposé lors du récent Conseil des ministres, il faudra cependant attendre son adoption officielle pour voir cette nouvelle mesure être appliquée.

Réunis récemment en Conseil des ministres, le Président de la République et le Gouvernement ont adopté, le projet de loi relative à la biométrisation des données civiles de chaque personne. Définie sous le vocable de ‘’Numéro d’Identification Personnel’’ (NIP), le Gabon, à l’instar des pays développés qui ont déjà expérimenté cette solution à travers le monde, veut lui aussi, basculer vers la numérisation des données civiles des composantes de sa population.

Pour le Gouvernement, ce projet s’inscrit dans le cadre du programme administration territoriale. « Il a pour objectif d’arrimer les missions de cette administration aux objectifs du Plan Stratégique Gabon Émergent (PSGE), et plus particulièrement, ceux relatifs au développement des données de base permettant la construction d’un système d’information national cohérent et moderne par la mise en place, entre autres, des Grands Registres de l’État » souligne l’institution dans le rapport d’activité du Conseil des ministres.
Une fois mise en place, cette nouvelle norme d’identification devrait être généralisée à l’ensemble des administrations habilitées à la gestion des personnes et des données à caractère personnel. Elle sera obligatoire dans tous les secteurs de la vie publique au regard de ces enjeux politiques et administratifs.

Enjeux

L’identification des personnes est étroitement liée à la modernisation du fichier d’état civil. Les enjeux qui s’y rattachent sont donc nombreux, d’autant plus que depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, le Gabon n’a jamais su ou presque modernisé son registre d’Etat civil, élément à même de garantir dans une moindre mesure, l’élaboration d’une liste électorale fiable, reflétant la composition réelle de la population en âge de voter.

En 2012, avec la modernisation du fichier électoral par l’opération de biométrisation baptisée ‘’Iboga’’, le pays s’est essayé dans ce processus mais cela n’a pas grand changé grand-chose. Conséquences ; l’identification, l’enregistrement et la constitution des listes électorales et la protection des données personnelles constituent encore et toujours, des préoccupations au centre du débat politique notamment lors des élections.

Aujourd’hui, si l’identification se présente comme un élément central des Grands Registres de l’Etat tel que présenté par le Gouvernement, et « lie de manière sure et définitive, les données civiles de chaque personne à ses données biométriques », elle offre cependant une garantie de traçabilité des données de la population et ce, quel qu’en soit la circonstance. Le grand enjeu de ce projet est non seulement de moderniser le fichier d’état civil national, mais également de lutter contre la fraude et ce, quel qu’en soit le niveau.


Michaël Moukouangui Moukala

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