Doit-on se passer de la police au Gabon ?

vendredi 27 novembre 2015 Speciales


La question mérite d’être posée pour qui n’a pas encore compris que les flics, loin de représenter des soupapes de sécurité pour les populations, constituent de plus en plus des éléments nuisibles. Au point que leur activité soit très critiquée par les temps qui courent. Qu’est- ce qui expliquerait alors la dernière sortie de leur commandant en chef si ce n’est rappeler à l’ordre des gens sans foi ni loi ?

Le Gabon contrairement à d’autres pays même ayant le même niveau de développement que lui, s’illustre par une présence trop massive et répétée dans les rues et ruelles de policiers mobilisés, dit-on, pour assurer la sécurité des biens et des personnes. Ce serait là leur mission, mais l’on constate trop de travers dans la conduite de ces agents qui se signalent quotidiennement et dès la première heure de la matinée par des rackets intempestifs qui poussent certains commerçants ou usagers de la route, les plus soumis à ces méthodes, à adopter des attitudes hors du commun : immolation par le feu ou dénudation entre autres.

Il fut un temps où le flic était un homme courtois qui n’intervenait qu’en cas de besoin. Mais aujourd’hui, il est devenu coutumier pour nous de voir des policiers malpolis et non- exemplaires chez qui l’appât du gain est la seule chose qui vaille. Bénéficiant parfois de la protection de la hiérarchie, nous apprend-on, ils se lancent dans des opérations avilissantes qui n’ont rien à avoir avec les recommandations de la profession.

Ailleurs, au Sénégal, en Afrique du Sud ou encore à Dubaï, ces hommes sont aux postes de contrôle aux aéroports et ports par exemple, ils se rassurent que le visiteur est bien en règle et vous laisse circuler librement le temps que vous avez à passer chez eux. Ici, on ne comprend pas souvent qu’ils soient lâchés comme des chiens de chasse derrière ce qui parait être leur proie aux trousses des citoyens et de tous les autres habitants de la cité, pour soit les détrousser quand ils sont propriétaires de quelques marchandises, soit leur faire payer des amendes, inventant des infractions qui n’existent ni dans le code de la route, ni dans la nomenclature policière.

 Poussant les victimes à avancer qu’ils sont de trop, alors qu’ils devraient rassurer. Pis encore, ils ne daignent pas intervenir quand des cas de vols, arnaques, brigandage, violence et autres se produisent sous leur nez et leur barbe aux endroits où ils sont postés, se contentant de regarder et d’assister au spectacle qu’offrent les « cool mondjers ».

 Des griefs comme les grains d’un chapelet !

D’autre part, lorsque leur intervention est sollicitée dans des quartiers où les populations sont victimes d’actes de banditisme, ils arguent qu’il leur manque de moyens roulants quand ils n’avancent pas purement et simplement qu’ils n’ont pas de quoi s’acheter un litre d’essence ou de gasoil, ce pourquoi ils sont dans l’incapacité de répondre favorablement aux attentes de ceux qui sollicitent leur secours.

Comment expliquer ces contrôles qui se font tous les mètres, façon de parler, pour dire qu’il nous arrive de les voir alignés à la queue leu-leu, les uns après les autres sur une longue distance, arrêtant à tour de rôle les usagers de la route à qui ils font subir le calvaire. Au vu de tout ce qui précède, n’est-on pas en droit de se demander à quoi ils servent véritablement ? Et pourquoi ne pas supprimer un tel corps pour faire comme au Japon dans la période d’entre les deux guerres où il n’y avait pas d’armée si l’on est comme la plupart des compatriotes convaincu que la police n’apporte pas grand-chose au pays.

Peut- être déverserait- on ces hommes dans le projet « Graine » qui après avoir commencé à accueillir les tracteurs, devrait, et c’est là certainement le plus dur, s’atteler à recueillir de la main d’œuvre en abondance. Quel est le rôle du policier en temps de paix ? Voici la question qui pourrait faire l’objet d’une réflexion approfondie pour un pays qui rêve d’arriver, le plus tôt serait le mieux, à l’autosuffisance alimentaire.

Un redéploiement serait sans doute nécessaire à cet effet et il serait assurément utile et intéressant que ce beau monde dont la plupart passe les journées à flâner dans les rues ou à investir les bars et autres dépôts de « mussungu », boisson locale à base de canne à sucre, se voit intimer l’ordre d’aller cette fois servir honorablement la République. C’est seulement peut- être à ce prix qu’ils redoreront leur blason et créeront un peu plus de sympathie, cette sympathie tant entamée aujourd’hui à cause des actes blâmables qu’ils posent souvent en toute impunité. Tout prête à croire qu’ils seront les fers de lance d’une nouvelle politique au vu de leur jeune âge, de leur vitalité et de bien d’autres atouts qu’ils ne peuvent exprimer qu’en dehors du cadre urbain.      


JGN

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