Disparition des containers : L’incident qui révèle les défaillances du système de contrôle des marchandises

lundi 13 mai 2019 Economie


Au Port d’Owendo, les autorités viennent de constater, il y a quelques jours, la disparition de 353 conteneurs chargés de bois de Kevazingo, une essence protégée et interdite d’exploitation au Gabon. Si la disparation d’un tel stock de marchandise sur les quais du plus grand port du Gabon soulève des interrogations, elle dévoile cependant, les défaillances de contrôle au sein de cette infrastructure.

L’annonce de la disparition de cette cargaison de conteneur a donné du tournis à plus d’un et soulevé de nombreuses interrogations au Gabon. En effet, ils sont nombreux à se demander comment une aussi importante cargaison de marchandise a-t-elle pu disparaitre dans un port sans que personne ne s’en aperçoivent ? Bien que ces interrogations persistent alors que l’affaire suit son cours, c’est surtout les défaillances du système de gestion et de contrôle du port d’Owendo, l’un des plus grands ports du Gabon, géré par l’Office des ports et rades du Gabon (Oprag), qui sont mis à nu d’autant plus qu’un tel incident n’est pas nouveau.

Certes, le volume de la cargaison illicitement sortie de ce port inquiète, mais des années auparavant un incident similaire, lié à la disparition d’un conteneur chargé d’ordinateurs destinés à l’équipement des écoles du Gabon, tel que voulu par le Président de la République, Ali Bongo Ondimba, s’était déjà produit. La question que l’on peut légitimement se poser est peut-être celle de savoir : à qui imputer la responsabilité de ce énième incident d’une ampleur inquiétante ?

S’il ressort des premiers éléments issus de l’enquête menée par le Procureur de la République, Olivier N’Zahou que « les conteneurs ont été déplacés sur ordres de certains agents du ministères des eaux et forêts », la responsabilité des autorités portuaires et des douanes n’est pas à proscrire. Ce sont en effet, eux les premiers garants du fonctionnement de l’infrastructure portuaire donc, ils sont par-dessus les décisions d’un quelconque cadre du ministère des Eaux et Forêts, les seuls responsables ayant quitus sur l’entrée et la sortie des marchandises au sein de ce port.

Partant de cela, il parait naturellement illogique de penser la disparition de ces 353 conteneurs sans mêler les responsables de cette administration qui, pour certains, baignent dans la corruption et se livrent à des trafics de tout genre sous le regard indifférent des autorités qui peinent à les sanctionner. Mais jusqu’à quand le Gabon va-t-il inconsciemment laisser des tiers piller la nation et s’enrichir frauduleusement ? Si la question attend une réponse de la part des autorités gabonaises au regard de cette affaire, elle interpelle surtout ces derniers sur la nécessité de prendre conscience de l’essoufflement de l’économie gabonaise et du rôle des leviers économiques comme le port, par l’intermédiaire de son activité. Car, par cette importante disparition, ce sont plusieurs milliards de francs CFA qui auraient pu être bénéfiques pour la nation dans une période aussi critique, mais qui se sont volatilisés dans la nature.


Michaël Moukouangui Moukala

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