Disparition de Kevazingo : A qui imputer le tort ?

mardi 21 mai 2019 Economie


A la recherche des commanditaires, responsables du détournement de 353 containers au Port d’Owendo, la justice gabonaise peine à faire évoluer le dossier. Cité lors de la dernière sortie du Procureur de la République, Olivier Nzaou, comme le cerveau de ce trafic, François Wu, vient de se défendre en réfutant toute responsabilité de sa part dans cette affaire qui a coûté les postes de plusieurs responsables de l’administration publique suspendus récemment par le gouvernement.

Plus de deux semaines après son déclenchement, l’affaire relative à la disparition au port d’Owendo d’un stock de 353 conteneurs de Kevazingo, une essence naturelle nationale, classée comme précieuse et interdite d’exploitation, l’opinion s’interroge toujours sur les responsables de ce trafic. Après la sortie médiatique du Procureur de la République qui mettait en exergue, l’implication d’une bande de trafiquants d’origine chinoise, chapeautée par le nommé François Wu, cerveau de ce trafic et aidé par des responsables des Eaux et forêts, le tour est revenu, il y a quelques jours au gouvernement de prendre la parole et de supplanter la justice dans son travail en dépit du devoir de réserve inculquée par la séparation des pouvoirs.

Conséquence de la sortie du gouvernement, plusieurs têtes, hauts cadres au sein de l’administration publique ont été suspendus. Touché par ce scandale du fait de l’implication de ses collaborateurs dans ce trafic, le ministre des forêts et de l’environnement, en charge du plan climat, Guy Bertrand Mapangou, nie toute responsabilité de sa part dans ce dossier. Alors que l’enquête suit son cours, François Wu, présenté par la justice gabonaise comme le principal cerveau vient lui aussi, par l’intermédiaire de son avocat, de réfuter sa responsabilité dans cette affaire. Selon Maitre Tony Serge Minko Mi Ndong, avocat du présumé coupable, le dossier contenant les preuves de la participation du ressortissant chinois dans cette affaire contient des irrégularités qui ne permettent pas d’incriminer juridiquement son client.

Au nombre de celles-ci, le manque de l’ordonnance d’inventaire de mise sous-main de justice y compris les documents irréfutables prouvant l’implication du présumé cerveau dans cette affaire. Pour l’avocat de l’accusé, il n’y a pas lieu, au vu du manque de preuve, de poursuivre François Wu. Si les personnes potentiellement impliquées dans cette affaire ne se reconnaissent pas dans les accusations portées à leur égard, à qui donc imputer la responsabilité de ce forfait ? Attentive au déroulement de cette affaire, l’opinion demande des comptes.


Michaël Moukouangui Moukala

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