Disparition de Dominique Diata Ndouma : Le Gabon perd une de ses références !

samedi 23 septembre 2017 Culture & people


L’un des derniers à l’avoir approché vivant, son homonyme Dominique Douma, non moins talentueux, le disait affaibli par la maladie. Et revenant de l’extérieur du pays où il était allé suivre des soins pour un mal aux reins. Ce qui est vrai, c’est que l’homme avait curieusement disparu de la circulation, se soustrayant aux mondanités qui n’étaient pas son fort, mais constituaient cependant une bonne source d’inspiration pour le poète qu’il était. Ce fils du sud du Gabon, avait de quoi inspirer les jeunes générations comme il l’avait à suffisance démontré au Centre d’instruction de l’armée à Mouila où il servait de retour de l’Ecole militaire française de Saint Cyr, Mouila où il a fait des émules, juste avant que n’interviennent ses démêlées avec le pouvoir qui l’avaient conduit avec deux de ses jeunes compagnons d’armes, Mick Irigo et Lestate Mapangou en prison.

Difficile de situer le Bahaï qui vient de nous quitter sans passer en revue toutes les ficèles qui ornaient son arc d’homme debout à jamais, fier d’appartenir à un pays auquel il s’était juré de tout donner avant que de rejoindre ses illustres devanciers dont Charles Ntchorere dans l’au- delà. Militaire et pas n’importe lequel puisque formé à la grande académie de Saint-Cyr en France, cet adepte de la bonne humeur parce que, disait- il à qui voulait l’entendre, celle- ci participait à son équilibre et à celui de son environnement, ancien Directeur général- adjoint de l’Office des Ports et Rades du Gabon, Oprag, avant de se lancer dans ses propres affaires, s’est de tout temps illustré dans la poésie et les lettres, ainsi que dans le cinéma.

Les amoureux des arts du spectacle se souviendront de ses passages sur les planches aux côtés de Dominique Douma et de ses apparitions remarquées dans films tels « les années école », « raphia », « le singe fou », autant d’apparitions qui, avec bien d’autres, « les couilles de l’éléphant » par exemple, ont suffi à le dévoiler à la face du monde en tant que participant à la quête de solutions aux problèmes qui minent notre équilibre social, à la manière des Molière et autres Voltaire qui peignaient la société dans laquelle ils vivaient pour donner aux contemporains la leçon selon laquelle, les actes qu’ils posaient devaient avoir nécessairement un reflet et la société devenir un miroir sur lequel tout ce que l’on fait devait être perçu, afin de guider le jugement et développer le bon sens. On retiendra chez Diata Ndouma cette boutade devenue célèbre : « les choses les plus simples sont parfois les plus compliquées ». Qu’est- ce à dire ? Eh bien, peut- être qu’il faut tout simplement apprendre, l’homme étant par nature imparfait, à se méfier de tout, y compris de ce qui parait à ses yeux mesquin au sens de petit.

Diata Ndouma comme un éclaireur !

N’était- ce pas là une manière de servir d’aiguillon dans un monde où la majeure partie des composantes manque de repères. Peut- être que, comme bien d’autres avant lui, le poète et homme de cinéma n’a pas été compris à temps, gageons qu’il le sera par les générations montantes, même si ces dernières manquent cruellement de supports référentiels. Qui a dit que demain sera comparable à aujourd’hui ? Dommage que toutes les étoiles qui brillent ou ont brillé sur notre ciel n’aient pas été vues de tout le monde pour permettre à chacun de profiter de leur nécessaire lueur !

Nous recommandons à tous ceux pour qui l’amour du pays et de l’effort, ainsi que la probité morale ont encore un sens de fouiner dans les registres historiques pour découvrir la vie de cet illustre disparu qui n’a eu peut- être qu’un seul défaut, celui de ne pas se prêter au jeu politique qu’il connaissait et pourtant, sachant qu’il n’était souvent que jeu de dupes. Et pourtant, c’est sans aucun doute sur ce terrain qu’il aurait pu être plus visible puisque c’est celui- là vers lequel converge la plus grande partie des âmes consciemment ou inconsciemment. Sûr qu’il n’a jamais regretté sa posture puisqu’il n’assumait que trop bien son indifférence devant des choses dont l’issue, à ses yeux, ne grandissait pas la communauté, mais plutôt quelques individus. D’où son éternel mépris pour ceux qui n’avaient pas lu ou avaient fait une mauvaise lecture d’Aristote au point de ne pas arriver à se convaincre qu’ils étaient aux affaires par la volonté du peuple et que seul le bonheur de celui- ci leur conférait grandeur et respectabilité. Diata Ndouma part avec le sentiment du devoir bien accompli, à nous autres de pouvoir nous servir de son legs pour le fructifier et développer le monde, n’est- ce pas un sacerdoce ?


Dounguenzolou

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