Discours à la nation : Ali Bongo Ondimba s’insurge contre la mauvaise gouvernance

lundi 10 juin 2019 Politique


S’adressant le 8 juin dernier à la nation, à l’occasion de la commémoration des 10 ans de la disparition de feu Omar Bongo Ondimba, Ali Bongo Ondimba dans son discours à la nation s’est insurgé contre la « gabegie » pratiquée au sein de l’administration publique.

C’est dans un discours moins kilométrique que d’habitude, teinté de mélancolie à cause des « faiblesses » qui accablent le bon fonctionnement de la gouvernance gabonaise, et de fermeté que le Président de la République, Ali Bongo Ondimba s’est adressé à la nation gabonaise, à l’occasion de la commémoration des 10 ans de la disparition d’ Omar Bongo Ondimba. L’événement, qui a donné lieu à d’une des rares communications d’Ali Bongo Ondimba au Gabon depuis son AVC en octobre dernier en Arabie Saoudite, a surtout permis de regarder dans le rétroviseur et de faire le bilan de la gestion publique. S’il parait évident pour ce dernier que des efforts ont été faits au Gabon pour répondre à certaines urgences économiques et sociales. Cependant, selon lui l’individualisme qui caractérise de nombreux agents de l’Etat et le manque de conscience professionnelle dont ils font montre entravent la pérennité de certains de ces acquis.

Pour Ali Bongo Ondimba, il est plus que jamais temps d’en finir avec la corruption, la mauvaise gestion et la mauvaise gouvernance « qui nous empêchent d’avancer et nous interdisent de récolter les fruits des efforts colossaux et multiformes que l’Etat a consentis ». Car, ces faiblesses qu’on peut ici percevoir comme des fléaux, parce que d’existence ancienne au Gabon, sont des traits distinctifs qui caractérisent l’émancipation au sein de l’administration publique gabonaise. L’affaire de la disparition de 353 containers de Kevazingo au Port d’Owendo, un fait si proche de la réalité décrite par le discours d’Ali Bongo Ondimba en dit long sur les combines enregistrées au sein de la haute administration. Mais ne dit-on pas qu’une nation est à l’image des personnes qui la dirigent ? Certains fléaux ont prospéré au Gabon du fait de l’impunité.

C’est le cas de la corruption et de la mauvaise gestion qu’énumère le Président de la République. Les exemples abondent d’ailleurs. Début 2017, alors que la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI) mettait à nu dans un rapport, le scandale de détournement entre 2006 et 2012 par une minorité de plus de la moitié du budget de l’Etat, soit la somme de 2760 milliards de francs CFA, de nombreux observateurs ont été surpris du silence de la justice gabonaise et partant du gouvernement autour ce dossier. En 2015, ce même sentiment avait également animé les mêmes observateurs lors de l’ébranlement du scandale international Swissleaks mis à nu par le Consortium international des journalistes d’investigations (CIJI), dans lequel, 14 personnalités gabonaises dont les noms demeurent jusqu’alors inconnus ont été citées pour avoir créées des comptes pour un montant de 6.100.000 de dollars soit, environ 3.538 milliards de francs CFA.

Alors que certains pays notamment africains avaient réagi en demandant des comptes aux personnes impliquées dans ce scandale, grande a été la surprise de voir les autorités gabonaises muettes sur cette affaire . Les exemples sont légions et le manque d’implication réelle de la justice gabonaise pour venir à bout de ce fléau est un problème au Gabon qui mérite d’être réglé. Le changement de paradigme, la volonté de converger vers une économie diversifiée et prospère voulue par le Président de la République, implique de la transparence dans la gestion et la gouvernance publique. Mais seule la justice, dénuée de ces maux peut rétablir cette transparence.


Michaël Moukouangui Moukala

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