Discours à la nation/Ali Bongo Ondimba : « Il nous faut réduire le train de vie de l’Etat »

jeudi 17 août 2017 Politique


A l’occasion de la célébration du 57e anniversaire de l’accession du Gabon à la souveraineté internationale, le président Ali Bongo Ondimba a tenu hier mercredi 16 août, son traditionnel message à la nation. Message au cours duquel Ali Bongo a annoncé qu’il fallait désormais « réduire le train de vie de l’Etat ». La mesure qui intervient dans un contexte marqué par une crise économique aiguë, entre dans le cadre du plan d’ajustement budgétaire négocié avec le Fond Monétaire International (FMI) dernièrement. Seulement, si l’annonce est pertinente, elle manque cependant de détails.

«  Il nous faut réduire le train de vie de l’Etat. Aucune administration ne devrait désormais être exonérée de l’effort collectif  ». Ainsi s’est exprimé hier Ali Bongo Ondimba, au sujet des mesures à prendre urgemment pour faire face à une conjoncture économique nationale douloureuse, marquée par la dépréciation des cours des matières premières sur le marché international.

Une mesure qui entre dans la logique du plan d’ajustement budgétaire imposé par le FMI aux Etats de la sous-région dont les économies, pour la plupart fondées sur la rente pétrolière, s’effondrent les unes après les autres, à mesure que la crise perdure. Un effondrement qui est loin d’être le seul fait de la crise pétrolière, puisque d’autres facteurs comme la mauvaise gouvernance, la corruption, les malversations financières impunies, le train de vie pharaonique et parfois extravagant de l’Etat, le manque de rigueur budgétaire n’ont fait ou ne font qu’aggraver une situation économique déjà délicate.

Dans ce cas, le discours d’Ali Bongo, s’il vise à contrôler désormais la dépense publique, à limiter les missions parfois inutiles des ministres, directeurs généraux, présidents des institutions, et même du président de la République lui-même ou de ses collaborateurs ne peut qu’être salvateur. Surtout qu’aucune administration, a indiqué le président de la République, ne sera désormais exemptée de cet effort collectif à relancer notre économie.

Mais cet ‘’effort collectif’’ exigé , sera-t-il appliqué de même à la présidence de la République ? Cette dernière sera-t-elle aussi soumise aux coupes budgétaires, elle dont on dit que le budget échappe à tout contrôle ? Pourquoi le Chef de l’Etat n’a-t-il pas annoncé la réduction des salaires des membres du gouvernement et tous les présidents des institutions, afin de mieux faires des économies ? N’aurait-on pas des milliards à économiser dans ce pays, rien qu’en diminuant tous ces salaires exagérés, couronnés par une omerta totale ? Réduire le train de vie de l’Etat, qu’est-ce à dire concrètement ? Limiter simplement le nombre de dotations en véhicules des ministères, réduire leur budget de fonctionnement, les salaires des agents de l’Etat ?

« Il nous faut réduire le train de vie de l’Etat, aucune administration ne devrait désormais être exonérée de l’effort collectif  » ? L’annonce est sensée, mais pleine d’imprécisions.


Charles Nestor NKANY

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