Dialogue politique : Ndemezo’o entre capitulation et bravoure !

jeudi 27 octobre 2016 Politique


Depuis son « oui » au dialogue politique voulu par Ali Bongo Ondimba, au terme de l’élection présidentielle du 27 août dernier, René Ndemezo’ Obiang, le président de Démocratie Nouvelle est devenu la cible privilégiée d’une partie de l’opposition regroupée autour de Jean Ping. L’ancien directeur de campagne du natif d’Omboué est soupçonné de capitulation, pire de traîtrise et de faire-valoir à la victoire "douteuse" d’Ali Bongo, selon ses anciens compagnons de lutte.

Alors qu’il était, il y a à peine deux mois seulement, le directeur de campagne de Jean Ping, dont il a défendu avec acharnement la candidature, René Ndemezo’o Obiang est devenu, avec l’ancien président de la commission de l’union africaine, les deux vedettes de l’opposition gabonaise en cette période post-électorale tendue. Si la première s’illustre par sa volonté de discuter avec l’actuel Chef de l’Etat, afin de parvenir à une gouvernance électorale qui soit la plus démocratique possible dans notre pays, pour la deuxième, accepter un tel compromis avec Ali Bongo serait un acte de capitulation et de lâcheté.

Du coup, le président de Démocratie Nouvelle (DN) est devenu l’ennemi à abattre pour son positionnement quant à cette question du dialogue politique national. Mais Ndemezo’o qui semble imperturbable, en dépit de quolibets, suspicions et injures n’entend pas faire machine arrière. Car après le dévoilement de son intention de dialoguer avec le bord de mer, le 5 octobre dernier, l’ex-député de Bitam a obtenu le soutien de la majorité des différentes instances de son parti. Et lors de sa récente conférence de presse à la Chambre de commerce de Libreville, l’ancien compagnon électoral de Jean Ping a expliqué les raisons de son engagement pour ce dialogue
national.

Les raisons du dialogue

Si Ndemezo’o reconnaît qu’Ali Bongo a perdu l’élection face à Jean Ping, il ne s’empêche cependant pas de se rendre aussi à l’évidence que les décisions de la Cour constitutionnelle, aussi iniques soient-elles sont sans appel. Par voie de conséquence, la cour ayant déjà proclamé Ali Bongo Ondimba vainqueur du scrutin, du point de vue de René Ndemezo, « l’élection présidentielle 2016 est terminée ». Il ne faut plus attendre un deuxième ou troisième round, en continuant à surfer vainement sur la communauté internationale, qui viendrait déloger Ali Bongo du pouvoir.

Lui, le président de DN ne veut pas continuer à rêver de la sorte. Ou encore continuer à attendre le rapport final de l’Union européenne annoncé pour le 30 du mois en cours. Un rapport dont on sait déjà qu’il n’aura aucun effet contraignant sur le pouvoir d’Ali Bongo qui s’est déjà installé. Et c’est justement après avoir pris conscience de ce déséquilibre de force majeur entre, d’un côté Ali Bongo, disposant de tous les leviers du pouvoir et de l’autre, une opposition réduite à elle même et retranchée derrière de simples déclarations sans effets considérables, que René Ndemezo’Obiang a fait le choix du dialogue.

Dialogue pour réconcilier un pays profondément divisé au terme d’une élection qu’on peut qualifier de chaotique. L’objectif est de contraindre Ali Bongo, à l’issue de ces assises, d’adopter des réformes politiques et institutionnelles pour enfin asseoir une gouvernance électorale qui soit le plus démocratique possible dans notre pays. Une sorte de conférence nationale bis. C’est le choix de la raison ! Il est vrai qu’en adoptant une telle posture, Ndemezo’o accepte même le sacrifice de sa réputation, puisqu’il est désormais attaqué de toutes parts par certains de ses pairs de l’opposition et autres fondamentalistes regroupés autour de Jean Ping, qui eux ne privilégient que le statu quo et la résistance pour sortir le pays de l’impasse. C’est l’émotion ! Mais peut-être que Ndemezo’o a dit là tout haut ce que certains chevaux de l’écurie pensent ou disent tout bas, et il faut penser qu’il ne sera pas le dernier, à mesure que les lignes bougeront en coulisse.


Charles Nestor NKANY

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